Plus de 1,6 million d’Australiens utilisent l’application TikTok soutenue par Pékin

Par Daniel Y. Teng
22 mai 2020
Mis à jour: 22 mai 2020

Plus de 1,6 million d’Australiens, dont des célébrités, des athlètes et des artistes, mais surtout des adolescents, alimentent quotidiennement les médias sociaux avec des vidéos TikTok. Cependant, des inquiétudes persistent quant à la sécurité des données avec cette application soutenue par Pékin.

Au cours des six derniers mois, les législateurs américains se sont mobilisés contre TikTok, craignant qu’il ne soit un substitut de la surveillance communiste chinoise.

Le rejet des logiciels et des technologies soutenus par la Chine a été fort ces derniers temps et a balayé des entreprises telles que Zoom, Huawei et WeChat.

Au début de l’année, les forces de la défense australiennes ont interdit l’utilisation de TikTok.

Qu’est-ce que TikTok ?

TikTok est une application de partage de vidéos musicales, qui compte actuellement 800 millions d’utilisateurs actifs dans le monde entier et qui est l’une des applications qui connaît la croissance la plus rapide au monde.

Selon Sensor Tower, l’application TikTok a été téléchargée 2 milliards de fois sur l’App Store et Google Play et elle se classe fréquemment parmi les applications les plus téléchargées sur les iPhone.

TikTok permet aux utilisateurs de filmer, de créer et de télécharger leurs propres courtes vidéos musicales. En général, les vidéos TikTok sont superposées à de la musique et durent moins de 15 secondes.

Le joueur de cricket australien David Warner a obtenu plus d’un million de visiteurs sur TikTok au cours des derniers mois, créant des vidéos de sa famille lors du confinement à cause du virus.

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Entrer en contact avec les jeunes Australiens

Selon une étude de Roy Morgan publiée le 24 février, plus de 1,6 million d’Australiens ont utilisé TikTok au cours du mois de décembre 2019. Plus de 1,2 million d’entre eux étaient issus des deux plus jeunes générations d’Australie.

Actuellement, 21 % des Australiens de la génération Alpha utilisent l’application. Cette génération est née après 2006 et compte plus de 537 000 individus.

L’enquête a également révélé que 14 % de la génération Z utilisent TikTok, cette génération étant née après 1991. Il y a 670 000 personnes dans cette catégorie.

Michele Levin, PDG de Roy Morgan, a dit que la génération Alpha utilise TikTok plus que n’importe quelles autres applications de médias sociaux bien connues, notamment Instagram, Facebook et Pinterest.

« Seul l’omniprésent YouTube est plus largement utilisé, les vidéos sur YouTube sont plus facilement accessibles sans qu’il soit nécessaire de créer un compte », a-t-elle dit.

« L’utilisation de TikTok attire davantage les filles et les jeunes femmes. Celles-ci représentent plus des deux tiers de l’ensemble des utilisateurs de TikTok. »

La relation de TikTok avec Pékin

TikTok est la propriété de l’entreprise technologique ByteDance, basée à Pékin. ByteDance a été fondée par Zhang Yiming en 2012 et est spécialisée dans le développement de l’intelligence artificielle (IA).

Bytedance utilise largement l’IA dans ses produits, notamment Toutiao, l’application d’information numérique la plus populaire en Chine, qui compte 260 millions d’utilisateurs actifs.

En 2016, elle a créé Douyin, une application similaire à TikTok qui n’est disponible qu’en Chine. TikTok est la version utilisée en dehors de la Chine et est née après l’acquisition de l’application de musique populaire Musical.ly par Bytedance en 2017.

En 2018, le PDG Zhang Yiming a cherché à renforcer l’allégeance de son entreprise au Parti communiste chinois en déclarant que Bytedance « approfondirait la coopération avec les médias faisant autorité » et chercherait à accroître la diffusion de « contenus médiatiques faisant autorité » et de « voix médiatiques ».

Il a été noté que l’application censure le contenu lié à la place Tiananmen, à l’indépendance du Tibet et à la pratique de méditation du Falun Gong.

L’année dernière, Bytedance ainsi que la société de télécommunications Huawei ont été accusées d’avoir aidé le régime chinois par la surveillance et d’avoir contribué aux violations des droits de l’homme contre la minorité ouïgoure dans la province du Xinjiang, en Chine.

Les législateurs américains aux aguets

TikTok est actuellement confrontée à l’action du gouvernement américain sur plusieurs fronts en raison des problèmes de sécurité aux États-Unis.

Le sénateur Josh Hawley (républicain-Missouri) s’exprime sur la politique étrangère à Washington le 12 novembre 2019. (Sherry Dong/The Epoch Times)

Les législateurs ont fait part de leurs préoccupations concernant la loi de 2017 sur le renseignement national (2017 National Intelligence Law) en Chine qui impose aux entreprises locales de « soutenir, assister et coopérer avec le travail de renseignement de l’État ».

Le pouvoir implicite de la loi oblige les entreprises basées en Chine à fournir des données aux autorités lorsque celles-ci en font la demande.

Le 12 mars, les sénateurs Josh Hawley (républicain-Missouri) et Rick Scott (républicain-Floride) ont présenté la loi « No TikTok on Government Devices » (Pas de TikTok sur les appareils du gouvernement), qui interdit aux fonctionnaires et employés fédéraux d’utiliser TikTok sur leurs téléphones gouvernementaux.

M. Hawley a dit dans un communiqué de presse que TikTok était un « risque majeur pour la sécurité ».

« La société (TikTok) a même admis qu’elle collecte des données d’utilisateurs pendant que son application tourne en arrière-plan, y compris les messages que les gens envoient, les photos qu’ils partagent, ce qu’ils écrivent et les données de localisation, etc. » a-il-dit.

« TikTok appartient à une société chinoise qui compte des membres du Parti communiste chinois dans son conseil d’administration et elle est tenue par la loi de partager les données des utilisateurs avec Pékin. »

Le 21 avril, le représentant Jim Banks (républicain-Indiana) a lancé la loi sur la protection des consommateurs en ligne de 2020 Online Consumer Protection Act of 2020, ce qui signifie qu’un avertissement ou une clause de non-responsabilité doit être affiché pour les applications développées à l’étranger et qu’il apparaîtra une fois que les utilisateurs l’auront activée. L’avertissement indiquerait clairement quelles entreprises sont propriétaires de l’application et sous quelle juridiction elle se trouve.

M. Banks a dit dans un communiqué : « Les parents et les consommateurs ont le droit d’être avertis qu’en téléchargeant certaines applications comme FaceApp en Russie ou TikTok en Chine, leurs données peuvent être utilisées contre les États-Unis par un régime adverse ou ennemi. »

Plus récemment, le 15 mai, un projet de loi complémentaire à la loi « No TikTok on Government Devices » a été présenté pour interdire TikTok sur tous les appareils gouvernementaux.

Aux États-Unis, TikTok s’est efforcé de rassurer le public et les législateurs de leurs préoccupations. Le 11 mars, TikTok a lancé un centre de transparence à Los Angeles qui permettrait à des experts extérieurs de surveiller la manière dont les équipes de TikTok s’y prennent pour modérer le contenu.

Le 29 avril, Roland Cloutier, directeur de l’information de TikTok, a dit dans un communiqué de presse que c’était bien de poser des « questions difficiles » aux entreprises technologiques et que TikTok se concentrait à former une « équipe de sécurité exceptionnelle ».

« Durant les semaines depuis que j’ai commencé, mon équipe et moi avons entrepris un vaste examen de la sécurité de TikTok, de notre infrastructure et de nos pratiques, en testant les pratiques actuelles et en cherchant activement à anticiper ce dont nous aurons besoin à l’avenir », a-t-il dit.

« Notre objectif est de minimiser l’accès aux données dans les différentes régions afin que, par exemple, les employés de la région Asie-Pacifique, y compris la Chine, aient très peu accès aux données des utilisateurs de l’UE et des États-Unis. »

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