Poissy: l’homme ayant violenté sa chienne est en prison en attendant son procès

Par Alexandre Roche-Nuit
14 février 2020 Mis à jour: 14 février 2020

Lundi 10 février, la vidéo d’un homme violentant une chienne avait fait le tour des réseaux sociaux. Rapidement retrouvé et interpellé, l’homme est passé en tribunal correctionnel et doit attendre son procès en prison.

L’incident de maltraitance animale a eu lieu lundi à Poissy (dans les Yvelines). Outré, un passant a filmé un homme maltraitant son chien – une chienne American Staffordshire. Sur la vidéo, on le voit prendre la chienne par le collier, la soulever et la projeter violemment au sol.

Des images qui ont fait le tour des réseaux sociaux et indigné les internautes. Des élus et associations de protection des animaux se sont également emparés du sujet. Quelques heures plus tard, l’auteur des violences est identifié et interpellé.

Soupçonné d’acte de cruauté envers un animal, l’homme a été convoqué au tribunal correctionnel de Versailles dès jeudi. Le prévenu, âgé de 48 ans, a alors demandé un délai pour préparer sa défense. Les juges lui ont accordé et ont renvoyé le procès au 12 mars prochain. Cependant, les juges l’ont également envoyé en prison d’ici là.

En effet, d’après les réquisitions du procureur, celui-ci a estimé que sa personnalité laissait craindre qu’il ne se livre à d’autres actes de violence.

Sur Facebook, Isabelle Gharbi-Terrin, avocate des droits des animaux, n’a pas hésité à réagir à la suite de la décision prise par la justice :

Avant son interpellation, les policiers, qui l’avaient identifié grâce aux images de vidéosurveillance avaient téléphoné à l’homme pour lui demander de se présenter au commissariat afin de s’expliquer.

N’ayant pas donné suite à cet appel, les forces de l’ordre se sont déplacées à son domicile mardi. « Sa famille l’avait déjà prévenu qu’une vidéo circulait », souligne une source proche de l’affaire, d’après Le Parisien.

Cependant, lorsque les policiers sont arrivés chez lui, l’homme s’est énervé et leur a résisté. Mauvaise idée. Celui-ci est finalement interpellé et placé en garde à vue. Divorcé et père de deux grands enfants, il est également « quatre fois grand-père », précise-t-il fièrement devant le tribunal. Il vit seul à Poissy, où il s’est installé depuis un an pour se rapprocher de sa famille.

Rien d’anormal à première vue, à l’exception que son casier judiciaire est rempli par « 20 condamnations », prononcées majoritairement pour des outrages et des faits de violence. Il avoue alors lui-même devant ses juges qu’il « souffre d’un caractère difficile ».

« Je monte très vite en tension pour des petites choses. »

S’il s’est énervé lundi après Cara, la chienne de sa nièce, c’est « parce qu’elle refusait d’avancer », a-t-il expliqué aux enquêteurs.

Employé par une société d’aide à la personne, il est actuellement en arrêt maladie, « parce que j’ai fait un burn-out », précise-t-il. « J’ai perdu trois proches en quelques semaines : ma sœur et des cousins. »

Malgré les circonstances, la violence animale ne passe pas. Et craignant que son comportement entraîne davantage de violences, la chienne a été recueillie dans un foyer de la SPA.

Le maire de Poissy, Karl Olive, qui avait alerté la police après avoir été contacté pour maltraitance sur les réseaux sociaux, se félicite de la rapidité de l’enquête :

Après avoir vu la vidéo, Karl Olive avait déclaré : « Tout de suite, j’ai reconnu le quartier Racine. Et je sais qu’il y a une caméra de vidéosurveillance à cet endroit-là. On a immédiatement saisi la police municipale et la police nationale. »

La Société protectrice des animaux (SPA) et la Fondation 30 Millions d’amis, qui ont été également avisés sur les réseaux sociaux, sont actuellement en contact avec le commissariat de Poissy et ont porté plainte ce mercredi pour se constituer partie civile dans cette affaire.

La SPA ne souhaite pas trop communiquer sur l’affaire « afin qu’aucune information ne puisse entraver la procédure judiciaire en cours », mais Arnaud Lhomme, directeur de la SPA, a quand même précisé que la chienne « reçoit tous les soins nécessaires ».

Il a également ajouté : « Maintenant, c’est à la justice de décider ce qu’il advient du propriétaire, si elle lui interdit de détenir des animaux. Les cas de maltraitance animale ne sont pas rares. On en voit malheureusement plusieurs fois par jour. »

« Heureusement, des gens témoins de la scène ont fait une petite vidéo et l’ont postée sur les réseaux sociaux. »

Un point de vue partagé également par Karl Olive : « Autant on stigmatise les réseaux sociaux pour le côté lynchage sous pseudonyme mais on voit bien que ce n’est pas seulement ça. C’est aussi la possibilité pour les habitants d’interpeller directement le maire sur son compte ou en message privé pour dénoncer des agissements intolérables. »

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