Policiers brûlés à Viry-Châtillon : cinq accusés écopent 6 à 18 ans de prison, huit acquittés

Par Epoch Times avec AFP
18 avril 2021
Mis à jour: 20 avril 2021

« Incompréhensible », « choquant » et « inquiétant »: le verdict, plus clément qu’en première instance et rendu sous haute tension, dans le procès en appel de la violente agression de policiers àViry-Châtillon (Essonne) en 2016 a suscité dimanche l’indignation de plusieurs syndicats de policiers.

Dans la nuit de samedi à dimanche 18 avril, la cour d’assises des mineurs de Paris a condamné en appel cinq jeunes à des peines allant de 6 à 18 ans de réclusion criminelle et en a acquitté huit autres. La lecture du verdict a été interrompue par une bagarre générale dans le box des accusés, nécessitant l’intervention d’une trentaine de policiers et gendarmes. Les heurts se sont ensuite étendus dans la salle d’audience, où étaient présentes les familles des accusés. Le calme est revenu au bout d’une quinzaine de minutes.

À l’issue de 14 heures de délibération et six semaines d’audience à huis clos, les cinq condamnés ont été reconnus coupables de tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l’autorité publique. Trois d’entre eux ont été condamnés à 18 ans de prison, un autre à 8 ans de prison, et le dernier à 6 ans. Ils encouraient la réclusion criminelle à perpétuité. Les huit autres accusés ont été acquittés.

De « graves irrégularités »

En première instance, huit des accusés avaient été condamnés à des peines allant de 10 à 20 ans de réclusion criminelle et cinq autres avaient été acquittés. Dimanche, la cour n’a pas suivi les réquisitions de l’avocat général qui avait demandé mardi un seul acquittement et de 12 à 25 ans de réclusion pour les 12 autres accusés, âgés aujourd’hui de 21 à 26 ans.

L’une des avocates de la défense, Sarah Mauger-Poliak a salué « un soulagement pour la défense », et un « démenti total de l’enquête ». « C’est la fin du cauchemar judiciaire pour mon client », déjà acquitté en première instance, a pour sa part déclaré Me Arnaud Simonard. Avec d’autres avocats de la défense, ils dénoncent une enquête marquée par de « graves irrégularités ».

Deux voitures de police attaquées aux cocktails Molotov

Les 13 jeunes, âgés de 16 à 21 ans au moment des faits, étaient accusés d’avoir fait partie de la vingtaine d’individus encagoulées qui, le 8 octobre 2016, avaient attaqué en pleine journée deux voitures de police stationnées à proximité du quartier de la Grande Borne, vaste cité d’habitat social considérée comme l’une des plus sensibles d’Île-de-France.

En quelques secondes, ils avaient brisé les vitres et jeté des cocktails Molotov dans les habitacles. Dans une première voiture, un adjoint de sécurité de 28 ans et une gardienne de la paix de 39 ans avaient pris feu. Le pronostic vital de l’adjoint avait été un temps engagé et il avait été plongé dans le coma pendant plusieurs semaines. Plus de quatre ans après les faits, il porte encore les marques de l’agression sur son visage. Deux autres agents avaient été blessés plus légèrement.

Syndicats des policiers « très amers et en colère »

« Ce verdict est un naufrage judiciaire , alors que l’on sait qu’il y avait 16 assaillants qui s’en sont pris aux deux voitures de police incendiées. On le sait car une vidéo a filmé toutes les silhouettes et on se retrouve avec cinq condamnations », a dénoncé Me Thibault de Montbrial, avocat d’une des victimes « effondrée », selon lui par ce verdict.

Ce verdict « est incompréhensible et laisse les victimes et de nombreux policiers très amers et en colère », a réagi Grégory Joron, secrétaire général du syndicat Unité SGP Police, dans un communiqué. « Il y a de la colère, beaucoup de déception. Avec les mêmes preuves, on se retrouve avec moins de coupables et des peines moins lourdes qu’en première instance. Aujourd’hui, je pense à mes collègues victimes, laissés à leur sort, qui ne doivent pas se sentir réparés à la hauteur du préjudice qu’ils ont subi », a-t-il rajouté.

Une décision « écœurante et inquiétante »

Après cette décision « écœurante et inquiétante, qui va laisser des traces, les violences, les jets de cocktails Molotov, les tirs de mortiers vont continuer, rien ne va changer », a pour sa part regretté Guillaume Roux, secrétaire départemental de l’Essonne du syndicat Unité SGP Police-FO.

« Ces policiers qui étaient dans les voitures, on leur crache à la figure après les avoir brûlés une première fois », a dénoncé à la sortie de l’audience Me Laurent-Franck Lienard, avocat de deux policiers.

Appel à des rassemblements mardi devant tous les tribunaux de France

Pour Claude Carillo, du syndicat Alliance, qui appelle à des rassemblements mardi devant tous les tribunaux de France, il s’agit également d’un « verdict choquant ».  » Pour mettre fin à toutes formes de délinquances, il faut des sanctions fermes et exemplaires ».

 

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