Pologne: vers un second tour entre le président sortant Duda et le candidat libéral (sortie des urnes)

28 juin 2020
Mis à jour: 28 juin 2020

Le chef de l’Etat polonais, le conservateur Andrzej Duda, candidat à sa réélection, affrontera son rival libéral Rafal Trzaskowski lors du second tour de la présidentielle, le 12 juillet, selon les résultats d’un sondage réalisé à la sortie des urnes lors du 1er tour dimanche.

Andrzej Duda a obtenu le soutien de 41,8% de Polonais alors que le maire de Varsovie a été appuyé par 30,4% des électeurs, selon ce sondage réalisé par l’institut IPSOS et publié par les grandes chaînes polonaises de télévision, après la fermeture des bureaux de vote.

Le président polonais et membre du parti de droite Droit et justice (PiS), Andrzej Duda, le 28 juin 2020 à Lowicz. (Photo : Sean Gallup/Getty Images)

Le président sortant s’est félicité de son résultat.

« Je remporte ce 1er tour grâce à vos voix de façon absolument incontestable. L’avance est énorme et je vous en suis reconnaissant », a-t-il déclaré lors de sa soirée électorale à Lowicz dans le centre de la Pologne« La campagne se poursuivra, nous menons une discussion très importante sur la Pologne, nous posons la question de la Pologne de l’avenir », a dit le président sortant avant de féliciter Rafal Trzaskowski.

Pour le candidat libéral, le deuxième tour sera « un choix entre la Pologne ouverte (…) et ceux qui cherchent tout le temps des conflits »« Je serai le candidat du changement », a promis M. Trzaskowski, dont le mot d’ordre est « On en a assez »« Le monopole du pouvoir ne finit jamais bien », a insisté le candidat du principal parti d’opposition, la Plate-forme civique.

Rafal Traskowski, maire de Varsovie et candidat à la présidence du principal parti d’opposition de centre droit, Civic Platform (PO), le 28 juin 2020 à Varsovie. (Photo : Omar Marques/Getty Images)

La campagne électorale a été dominée par des préoccupations concernant l’état de la démocratie et les questions sociales, alors que la Pologne fait face à sa première récession depuis la fin du communisme.

Le taux de participation à 62,9%

Les Polonais se sont déplacés en masse aux bureaux de vote et le taux de participation était de 62,90%, selon le sondage à la sortie des urnes.

Selon la Constitution, le président polonais a des pouvoirs limités, mais dispose entre autre d’un droit de véto sur les propositions de loi.

Une victoire de M. Trzaskowski, 48 ans, porterait ainsi un dur coup au gouvernement du parti Droit et Justice (PiS), à l’origine d’une série de réformes controversées, notamment dans le domaine de la justice.

Selon le PiS, ces changements étaient nécessaires pour éliminer la corruption parmi les juges, mais l’opposition et les partenaires européens de Varsovie critiquent ces réformes, affirmant qu’elles érodent la démocratie, trois décennies à peine après la chute du communisme.

Un nouveau système hybride de vote

Le scrutin est fortement marqué par la crise du coronavirus, qui a obligé les autorités à le reporter de mai à juin. Un nouveau système hybride de vote, postal et conventionnel, a aussi été mis en place afin de prévenir de nouvelles infections.

Les données officielles évoquent plus de 33.000 cas de contamination et plus de 1.400 décès, mais le ministre de la Santé a admis qu’il pouvait y avoir jusqu’à 1,6 million de cas non détectés en Pologne, un pays de 38 millions d’habitants.

M. Duda a promis aux Polonais de défendre les avantages sociaux accordés par le parti au pouvoir, dont des allocations familiales et des retraites revalorisées.

En faisant campagne sous le mot d’ordre « On en a assez », son principal rival, Rafal Trzaskowski, a promis, lui, de réparer les liens avec Bruxelles.

Depuis leur prise de pouvoir en 2015, Duda et le PiS ont bouleversé la politique polonaise en attisant des tensions avec l’UE.

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