Pompeo : Après la chute du mur de Berlin, le régime chinois constitue la plus grande menace communiste

Par Nicole Hao
10 novembre 2019 Mis à jour: 10 novembre 2019

Dans un discours prononcé en Allemagne à l’occasion du 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a averti que les menaces actuelles posées par le Parti communiste chinois étaient semblables à celles auxquelles les citoyens de l’Allemagne de l’Est étaient confrontés pendant l’ère soviétique.

Mike Pompeo a prononcé un discours au groupe de réflexion de la Koerber Stiftung, situé près de la porte de Brandebourg à Berlin le 8 novembre.

« Le président[Ronald] Reagan pensait que le communisme était une ‘maladie’, et il l’a qualifiée de ‘folie’. Comme il avait raison », explique le secrétaire d’État Pompeo.

Il a déclaré à l’auditoire qu’il avait été affecté comme lieutenant de l’armée en Allemagne en 1986 et qu’il avait été témoin de première main des souffrances sous le régime communiste.

Trente ans plus tard, « nous pensions que des sociétés libres s’épanouiraient partout […] Malheureusement, nous n’avions pas raison », a-t-il précisé.

Il a commencé à parler des menaces du régime chinois pour le monde libre.

« Le Parti communiste chinois[PCC] est en train de façonner une nouvelle vision de l’autoritarisme […] Il utilise des tactiques et des moyens pour supprimer son propre peuple qui seraient horriblement familiers aux anciens Allemands de l’Est », a-t-il souligné.

Il a commencé par décrire comment Pékin a accru sa présence militaire pour faire valoir ses revendications territoriales – une référence fort probable à l’agression de la Chine dans la mer de Chine méridionale, en outre aux autorités qui refusent l’entrée à ceux qui ont fait des commentaires critiques sur le régime chinois et au harcèlement des familles des musulmans ouïghours qui ont trouvé refuge à l’étranger.

« Nous devons mélanger célébration et sobriété. […] Il est de notre devoir à tous – nous tous, tous ici présents – de reconnaître les menaces de la Chine », a martelé M. Pompeo.

Il a mis en garde contre « l’acquisition par Pékin d’entreprises de technologies sensibles et contre l’intention des entreprises chinoises de mettre en place et renforcer les prochains réseaux mondiaux », qualifiant en particulier le géant chinois des télécommunications Huawei d’ « indigne de confiance, car il est soumis au pouvoir du Parti communiste chinois ».

Plus tôt en octobre, le gouvernement allemand a confirmé qu’il autoriserait Huawei à fournir les réseaux 5G du pays, tournant ainsi le dos à un appel des États-Unis pour que les pays occidentaux excluent la société pour des raisons de sécurité.

Mais la semaine dernière, la ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer, a déclaré que le pays pouvait encore interdire l’entreprise chinoise si ses normes de sécurité 5G ne pouvaient être garanties.

Mike Pompeo a terminé son discours en promettant que les États-Unis prendraient l’initiative de défendre les valeurs du monde libre. « Comme l’ancien président américain Reagan l’a dit, deux choses étaient absolument non négociables : notre liberté collective et notre avenir collectif. »

Remarques

C’est la deuxième fois que M. Pompeo critique le régime chinois durant son voyage en Allemagne.

Le 7 novembre, le secrétaire d’État Pompeo a fait ses premières observations sur le sujet lors d’une conférence de presse avec le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas à Leipzig, au cours de laquelle il a parlé de l’infrastructure 5G en Allemagne.

« La décision d’utiliser ou non le système de Huawei est compliquée, mais elle se heurte aux défis posés par le Parti communiste chinois », a déclaré M. Pompeo.

Répondant à une question d’un journaliste sur les commentaires de Mike Pompeo du 7 novembre, Geng Shuang, porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la Chine, s’en est pris au responsable américain : « Nous suggérons à Mike Pompeo de cesser d’accuser la Chine sans aucune preuve, sinon ce sera comme soulever une pierre et s’écraser les pieds avec. »

À New York, M. Pompeo avait prononcé un discours à l’Institut Hudson le 30 octobre, dans lequel il a dit qu’il avait l’intention de décrire les défis présentés par le régime chinois aux États-Unis dans une série de discours futurs.

Il a précisé que le régime du PCC n’était « pas le même que celui du peuple chinois », tout en critiquant les anciennes administrations américaines pour ne pas s’être réveillées face à l’agression de la Chine, lui permettant ainsi d’étendre son influence dans le monde.

« Nous avons accommodé et encouragé la montée en puissance de la Chine pendant des décennies, même au détriment des valeurs américaines, de la démocratie et de la sécurité occidentales et du bon sens », a réitéré Mike  Pompeo.

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