La population mondiale de porcs pourrait diminuer de 25% en raison de la peste porcine africaine

Par Victor Westerkamp
2 novembre 2019 Mis à jour: 2 novembre 2019

Environ un quart des porcs du monde devraient mourir de la peste porcine africaine à mesure que la maladie se propagera dans le monde, a déclaré jeudi le président de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

La maladie s’est rapidement propagée à travers la Chine l’année dernière, qui compte la moitié de la population mondiale de porcs, a déclaré le Dr Mark Schipp, président de l’organisation, lors d’une conférence de presse à Sydney, en Australie. La maladie s’est également propagée en Mongolie, dans la péninsule coréenne, en Asie du Sud-Est, au Timor oriental (ou Timor-Leste), au Vietnam, au Cambodge, au Laos et aux Philippines.

La réduction de la population mondiale de porcs pourrait entraîner des prix élevés du porc, des pénuries alimentaires et des pénuries de produits fabriqués à partir de porcs, y compris l’héparine qui fluidifie le sang, médicament utilisé pour traiter les crises cardiaques, les angines de poitrine instables et pour soulager les douleurs thoraciques.

« La plus grande partie provient de la Chine, qui a été durement touchée. On craint que cela ne menace l’approvisionnement mondial en héparine », a déclaré le Dr Schipp.

Des porcs à l’abattoir de Zuqiao le 25 juillet 2005 à Chengdu dans la province du Sichuan, au sud-ouest de la Chine. (Chine Photos/Getty Images)

Jusqu’à présent, les autorités chinoises ont tué environ 1,2 million de porcs pour tenter de freiner l’épidémie dans le pays, qui produit et consomme les deux tiers de la viande de porc mondiale, depuis août dernier.

« Je ne pense pas que l’espèce disparaîtra, mais c’est la plus grande menace pour l’élevage commercial de porcs que nous ayons jamais vue », a-t-il ajouté. « Et c’est la plus grande menace pour le bétail commercial de notre génération. »

La peste porcine africaine est apparue en Afrique du Sud avant de se propager en Europe et en Asie. Elle se transmet par contact entre porcs, par les fourrages contaminés et par les tiques. Bien qu’elle puisse aussi être propagée par un touriste qui rapporte un sandwich au jambon ou à la saucisse d’un pays contaminé et le jette. Les déchets sont réutilisés par les agriculteurs pour nourrir leurs porcs, a déclaré mercredi Monique Eloit, directrice générale de l’OIE.

La maladie est mortelle pour les porcs mais ne menace pas l’homme. Elle est apparue dans 50 pays à ce jour.

« Nous sommes vraiment confrontés à une menace mondiale », a dit Monique Eloit.

« À court terme, nous n’allons pas vers une amélioration. Nous continuerons d’avoir d’autres flambées dans les pays infectés. Les pays voisins sont à haut risque et, pour certains, la question est de savoir quand ils seront infectés », a-t-elle dit, soulignant que les contrôles sont difficiles à mettre en œuvre.

Une femme achète du porc dans un supermarché de Yichang, province du Hubei, le 3 juillet (AFP/Getty Images).

La Chine réglemente les prix en vue de résoudre la crise de la pénurie de porc

Les autorités chinoises ont commencé à réglementer le prix du porc afin de faire face à une épidémie mortelle qui a dévasté le cheptel porcin du pays et fait grimper les prix en Chine et dans le monde.

« Il y a des pénuries dans certains pays et il y a eu des substitutions par d’autres sources de protéines, ce qui fait grimper les prix des autres protéines », a déclaré M. Schipp.

La peste porcine africaine a anéanti un tiers du cheptel porcin en Chine, provoquant une flambée des prix du porc au cours des premiers mois, qui ont presque doublé depuis un an.

En réponse à la flambée des prix, une dizaine de provinces ou de villes chinoises, dont le Sichuan, le Jiangsu et le Guangdong, ont adopté des mesures et ont libéré leurs réserves congelées, selon le journal étatique Beijing News.

Le régime chinois a décrit la régulation des prix du porc comme une « tâche politique importante » pour maintenir la stabilité sociale. Selon une transcription obtenue par le Financial Times, le vice-premier ministre chinois Hu Chunhua a exprimé craindre que l’augmentation des prix du porc ne « nuise à l’image du Parti et du gouvernement ».

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