Port du masque : le cauchemar des sourds et malentendants : « On est à bout de forces »

Par Nathalie Dieul
23 janvier 2021
Mis à jour: 23 janvier 2021

Lorsqu’on est une personne sourde ou malentendante qui lit sur les lèvres, le port du masque rend la communication extrêmement difficile. Comment communiquer avec le monde extérieur lorsqu’on a un handicap auditif ?

« Du jour au lendemain, je me retrouve isolée de mon entourage, de mes collègues, je ne comprends rien ! » explique à 20 Minutes Stéphanie, jeune malentendante de 37 ans qui fait de la lecture labiale depuis son enfance. « Quelle frustration, quelle colère de se sentir ainsi diminuée. Je n’en peux plus de me répéter tout le temps, de me justifier, de demander de l’aide ! »

De son côté, Maeva éprouve beaucoup de difficultés à faire ses courses, indique-t-elle au Parisien. La jeune femme malentendante s’est sentie « très mal comprise et attaquée. Comme si c’était de ma faute si ma pharmacienne devait enlever son masque ! »

Pour les malentendants, bien des mesures barrières rendent encore plus difficile toute forme de communication. On pense au masque bien entendu, mais ce n’est pas la seule des interférences qui rendent le quotidien des personnes sourdes ou malentendantes plus compliqué.

« Les vitres installées un peu partout devant les gens sont un obstacle supplémentaire aux sonorités », indique par exemple Claire, âgée de 28 ans.

Quant aux masques inclusifs, ces masques comportant une fenêtre transparente qui permet de voir les lèvres, ils ne sont pas toujours la panacée. « Les masques transparents ont été choisis sans avis préalable des personnes concernées et ont mis quatre mois à arriver pour un usage peu efficace à cause de la buée », témoigne Romain, 42 ans, cadre dans une grande entreprise. Ce n’est qu’en janvier 2021 qu’il a finalement reçu des masques transparents « efficaces et approuvés ».

« Mes proches ne l’ont pas adopté à cause du surcoût », se désole Christophe, 53 ans. « Ils sont peu répandus et mal supportés par les personnes entendantes », ajoute Stéphanie.

Malgré ces défauts, les conversations avec des personnes portant des masques inclusifs peuvent être « une vraie délivrance » pour certaines personnes souffrant de surdité.

Pour d’autres, le port du masque, avec leurs élastiques, « sont une catastrophe pour les prothèses auditives » qui peuvent tomber et se casser.

Du côté des réunions ou des cours en visioconférence, sans port de masque, comprendre son interlocuteur n’est pas forcément plus facile à cause des sons désagréables et autres interférences. Inès, étudiante de 22 ans, explique : « C’est certainement le plus pénible : devoir écouter et lire sur les lèvres d’un prof pendant trois heures. Mentalement, on est à bout de forces ! »

Afin de communiquer malgré le port du masque obligatoire, il faut souvent faire preuve de créativité. « Avant d’aller à la pharmacie, j’ai préparé une petite note indiquant ma surdité sévère et précisant qu’il fallait m’écrire si besoin, et tout s’est bien passé », raconte Marie-France.

Parmi les solutions de communication, un lecteur du média indépendant Handicap suggère une application « comme Ava sur un smartphone qui permet de transcrire automatiquement ce que l’interlocuteur dit, ce n’est pas la panacée mais c’est une solution parmi d’autres pour compenser le manque de lecture labiale et c’est très facile d’accès, y compris pour les soignants qui ont tous un smartphone ».

Par chance, plusieurs personnes souffrant de surdité soulignent que la plupart des gens sont bienveillants. « Dans la très grande majorité des cas, l’autre accepte d’enlever le masque pour me parler. Sinon [il] mime, écrit ou me montre des choses », témoigne Laure, 39 ans.

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