Poutine: la procédure de destitution de Trump est basée sur des accusations «inventées»

Par Zachary Stieber
21 décembre 2019 Mis à jour: 21 décembre 2019

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré que le président américain Donald Trump avait été mis en accusation pour des allégations concernant l’Ukraine qui étaient « inventées ».

Alors que Trump a été destitué par la Chambre des représentants le 18 décembre, il devrait être acquitté par le Sénat tenu par le Parti républicain, a déclaré Poutine aux journalistes à Moscou jeudi.

« Vous posez la question comme si la [présidence de Trump] touchait à son terme, et je n’en suis pas sûr. Elle doit passer par le Sénat où les républicains ont une majorité, pour autant que je sache, et il est peu probable qu’ils veuillent destituer un représentant de leur parti pour des raisons, à mon avis, fabriquées de toutes pièces », a déclaré M. Poutine à la presse, selon une traduction de Reuters.

« Ce n’est que la poursuite du conflit politique interne et le parti qui a perdu les élections, le Parti démocrate, qui essaie d’obtenir les résultats par d’autres moyens et accuse M. Trump de collusion avec la Russie, puis il s’avère qu’il n’y a pas eu de collusion et que cela ne peut pas être la base de la destitution. Maintenant, ils essaient de faire pression sur lui par l’intermédiaire de l’Ukraine, pour des raisons qui sont aussi inventées », a-t-il ajouté.

(Drew Angerer/Getty Images)

Pendant des années, les législateurs démocrates et de nombreux analystes et journalistes ont affirmé que M. Trump ou sa campagne était de connivence avec la Russie pour remporter les élections de 2016. Cependant, l’équipe de l’avocat spécial Robert Mueller, qui a enquêté sur ces allégations, a conclu au printemps qu’il n’y avait aucune preuve de conspiration ou de coopération entre Trump ou sa campagne et des acteurs russes, bien que l’équipe de M. Mueller ait trouvé des preuves que la Russie était intervenue dans l’élection de 2016.

Plusieurs mois plus tard, le parti d’opposition a entamé une procédure de destitution sur la base d’un appel téléphonique que M. Trump avait eu en juillet avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, se concentrant sur la façon dont M. Trump avait demandé à son homologue de « se pencher sur » l’ancien vice-président Joe Biden et le fils de Biden, Hunter Biden, qui était payé des dizaines de milliers de dollars par mois en tant que membre du conseil d’administration du géant ukrainien du gaz Burisma.

La présidente de la Chambre basse du Congrès des États-Unis, Nancy Pelosi, démocrate, annonce le passage du premier article de mise en accusation contre le président Donald Trump par la Chambre des représentants au Capitol à Washington le 18 décembre 2019. (SAUL LOEB/AFP via Getty Images)

Donald Trump a noté dans l’appel que Joe Biden, alors qu’il était encore vice-président en 2016, a fait pression sur l’Ukraine pour qu’il congédie un procureur qui sondait Burisma en menaçant de retenir 1 milliard de dollars d’aide, et qu’il s’en était vanté en 2018.

Les deux Biden ont nié toute faute. Hunter Biden a démissionné du conseil d’administration de Burisma en avril.

M. Trump a été destitué par les démocrates de la Chambre pour avoir abusé du pouvoir que lui octroie son poste et avoir fait obstruction au Congrès. Aucun républicain n’a voté en faveur de la destitution, et deux démocrates ont rompu les rangs pour rejoindre les républicains dans l’opposition, tandis qu’un a voté « présent ». M. Trump a déclaré à plusieurs reprises qu’il n’avait rien fait de mal, fustigeant l’effort comme un « simulacre » et une « chasse aux sorcières ».

Comme la destitution de M. Trump nécessiterait un vote des deux tiers des sénateurs présents, on s’attend à ce que l’organisme détenu par le GOP acquitte le président le mois prochain. Aucun président dans l’histoire n’a été mis en accusation et condamné, ou démis de ses fonctions. Le dernier président à avoir été destitué, Bill Clinton, a été acquitté en 1999.

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