La Préfecture de police de Paris demande l’exclusion de trois policiers pour radicalisation islamiste

Par Alexandre Roche-Nuit
8 février 2020 Mis à jour: 8 février 2020

À la suite de l’attaque meurtrière du 3 octobre 2019, où un agent a tué 4 de ses collègues à la préfecture de police de Paris, une enquête a été mise en place pour détecter des cas de radicalisation islamiste chez les policiers. Aujourd’hui, à l’issue de cette enquête, 3 fonctionnaires parisiens sont visés en vue d’être révoqués ou exclus.

La préfecture de police de Paris, à la suite d’un conseil de discipline, envisage la radiation de trois fonctionnaires qu’elle juge radicalisés : une policière âgée de 39 ans et deux policiers stagiaires, de 26 ans et 33 ans, indique Ouest-France.

Pour la policière, suspendue depuis le 12 novembre 2019, l’administration lui reproche la publication de messages très hostiles via son compte Facebook, en 2014 et 2015, visant Israël, les États-Unis et la France. Elle aurait également affiché son soutien au Hamas et à une manifestation pro-palestinienne interdite par la préfecture de Paris.

En ce qui concerne le policier stagiaire âgé de 26 ans, suspendu depuis le 6 janvier 2020, l’administration lui reproche des canulars morbides auprès de ses collègues, notamment des simulations d’égorgement. Selon ses collègues, il aurait tenu des propos hostiles envers les militaires français et américains, qu’il conteste, et aurait également montré une vidéo de propagande djihadiste à l’un d’eux.

À propos du policier stagiaire âgé de 33 ans, celui-ci aurait pendant sa formation tenu des propos ambigus sur Mohamed Merah et le commando du Bataclan. Il aurait également fait part de son respect pour les assaillants du Bataclan, sans pour autant cautionner leurs actes.

Tous ont en commun une pratique rigoriste de l’islam ; le conseil de discipline demande ainsi la révocation de la policière et l’exclusion des deux policiers stagiaires. Il revient désormais à la direction générale de la police nationale (DGPN) de se prononcer.

À l’échelle nationale, Christophe Castaner a déclaré que 106 cas de policiers suspectés de radicalisation islamique étaient à l’étude depuis le quadruple meurtre d’octobre 2019. Le ministre de l’Intérieur a cependant précisé :

« Cela ne veut pas dire qu’ils sont radicalisés. Et je voudrais que les choses soient claires: 106 cas sur 150 000 policiers […] On a des signalements, on les étudie avec une grille d’évaluation précise, et ce sont des femmes et des hommes spécialisés dans la lutte contre la radicalisation qui se prononcent et qui nous disent les recommandations qu’il faut faire. »

En tout, 16 personnes depuis 2014 ont été écartées des services de renseignement français pour leur potentielle radicalisation islamique ou celle de leur entourage.

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