Des médecins révèlent des détails sur les prélèvements d’organes forcés dans des camps militaires chinois

Un ancien médecin militaire affirme avoir vu plus de 60 000 documents portant de faux noms de donneurs d'organes volontaires
10 mars 2019 Mis à jour: 16 septembre 2019

À peu près au même moment où la première enquête sur les prélèvements forcés d’organes en Chine était publiée en mars 2006, un médecin militaire chinois contactait The Epoch Times et faisait des révélations choquantes sur les rouages de cette pratique.

Le médecin vétéran, qui a souhaité rester anonyme pour des raisons de sécurité, déclarait appartenir au département de la logistique générale du commandement militaire de la ville de Shenyang. Il expliquait alors que les prélèvements d’organes étaient orchestrés par l’armée et prenaient pour cible à la fois des condamnés à mort et des pratiquants de Falun Gong détenus en raison de leurs convictions.

« L’armée agit comme gestionnaire des transplantations d’organes », déclarait-il. « Il existe une énorme source d’organes vivants et de nombreux hôpitaux en lien avec l’armée déclarent leurs greffes à leurs autorités de contrôle. Dans le même temps, ils effectuent également des transplantations d’organes à grande échelle en privé. Le nombre de greffes d’organes souterraines et non officielles en Chine est plusieurs fois supérieur aux chiffres officiels. »

— Hôpital général militaire de Shenyang, dans la province du Liaoning, en Chine. (Minghui.org)

Le médecin disait connaitre au moins 36 « centres de détention secrets » – qu’il appelait des camps de concentration – dont certains hébergeaient un  très grand nombre de pratiquants de Falun Gong.

« Le camp de concentration situé dans la région de Jiutai, province du Jilin, est le cinquième plus grand camp emprisonnant des pratiquants de Falun Gong en Chine. Ce camp à lui seul détient plus de 14 000 pratiquants de Falun Gong », déclarait-il. « Selon les informations auxquelles j’ai accès, le plus grand camp de concentration se trouve également dans la province de Jilin. Ce camp, nommé 672-S, emprisonne près de 120 000 personnes. Un grand nombre de pratiquants de Falun Dafa, de criminels et de prisonniers politiques de toute la Chine sont présents, mais je ne connais pas son adresse. »

« Il faut concentrer son attention sur les installations militaires. Ce sont les vrais camps de concentration », ajoutait-il.

Le Falun Gong, également appelé Falun Dafa, est une pratique traditionnelle chinoise basée sur les principes de vérité, de compassion et de tolérance. Des centaines de milliers de ses adhérents ont été victimes du vaste système pénitentiaire chinois après le lancement par le régime communiste d’une campagne de persécution à leur encontre en 1999. À cette époque, entre 70 et 100 millions de chinois pratiquaient le Falun Gong.

De faux noms de donneurs

Le médecin déclarait  aussi qu’au moment où les pratiquants de Falun Gong sont emmenés dans des prisons,  camps de travaux forcés, centres de détention ou camps secrets où leurs organes sont prélevés, leur vrai nom est remplacé par un code correspondant au nom d’un donneur d’organe volontaire contrefait.

"Organ Crimes"
— «Crimes d’organes», une peinture à l’huile de Xiqiang Dong décrivant le vol d’organes en Chine sur pratiquant de Falun Dafa vivant. (Xiqiang Dong)

« Il y a aussi une signature sur le formulaire de don d’organe volontaire, mais bien sûr, c’est signé par quelqu’un d’autre. J’ai vu plus de 60 000 formulaires contrefaits de ce type. En gros, il est dit que la personne donne volontairement son organe et en accepte toutes les conséquences. De nombreuses signatures viennent en fait de la même personne », déclarait-il. « Ces documents sont conservés pendant 18 mois et détruits par la suite. Ils sont conservés au niveau des commandements militaires provinciaux et ne sont accessibles qu’avec l’approbation du commissaire de la Commission militaire centrale. » On dit à la victime qu’elle subira un examen physique. L’examen est suivi d’une anesthésie locale, puis l’organe ou les organes sont prélevés du corps vivant.

Les pratiquants de Falun Gong détenus dans les installations militaires peuvent aussi être transférés en masse d’un endroit à l’autre, notait-il.

« J’ai vu un train de fret spécialement affrété qui transférait plus de 7 000 personnes de Tianjin à la région de Jilin. Il a roulé de nuit, gardé par l’armée chinoise. Tous les passagers du train étaient menottés à des mains courantes spécialement conçues au plafond, comme s’ils étaient des poulets à rôtir. »

‘Ils sont devenus une matière première’

Le médecin déclarait que lorsqu’il s’agissait d’extraire des organes, la victime « n’est plus perçue comme un être humain, mais comme un animal. Les médecins qui n’ont pratiqué qu’un ou deux opérations peuvent encore avoir une peur persistante, mais après des dizaines de milliers de transplantations vivantes et de destruction des corps, leur conscience s’engourdit. »

Non seulement les organes sont vendus à des prix élevés, mais les corps aussi. Il ajoutait qu’après 1992, lorsque le coût des matières premières avait augmenté en raison du développement industriel rapide, le corps humain avait officiellement été considéré comme une matière première précieuse.

A young Falun Dafa adherent holds a sign
— Une jeune adhérente du Falun Dafa tient une pancarte demandant à la Chine de cesser de tuer des prisonniers d’opinion pour leurs organes, lors d’un défilé à Washington le 20 juillet 2017. (Benjamin Chasteen / The Epoch Times)

« Les êtres humains, ainsi que les cadavres, sont devenus des matières premières industrielles », déclarait-il. « Les corps sont vendus à des prix élevés à de nombreux types d’usines appartenant à l’État en tant que matières premières pour différents produits, via de nombreux canaux différents. Presque tous les grands crématoriums en Chine sont engagés dans de telles activités clandestines. » Il expliquait que le Comité central du Parti communiste chinois définit les pratiquants de Falun Gong comme des « ennemis de classe », ce qui signifie qu’ils peuvent être utilisés de n’importe quelle manière économiquement avantageuse.« En d’autres termes, comme les auteurs d’infractions graves en Chine, les pratiquants de Falun Gong ne sont plus considérés comme des êtres humains mais comme des matières premières commerciales. Ils sont devenus des marchandises. »

Il ajoutait que le secteur florissant de la transplantation en Chine en faisait « le centre du commerce international d’organes vivants ». Cette augmentation fulgurante du nombre des transplantations en Chine fait suite au lancement de la persécution du Falun Gong en 1999 ordonnée par le Parti communiste chinois.

« La Chine représente plus de 85% du nombre total de transplantations d’organes vivants dans le monde depuis 2000. Selon les données communiquées à la Commission militaire centrale, quelques personnes ont été promues et sont devenues des généraux en raison de leurs ‘réalisations’ dans ce domaine.”

Le médecin s’excusait de ne pas être en mesure de donner plus de détails. L’ensemble de l’opération étant une information classifiée de l’armée, il lui était impossible d’obtenir plus d’informations. De plus, la divulgation de celles-ci le mettrait en grand danger : « Le personnel responsable du contrôle militaire a le pouvoir d’arrêter, de détenir et d’exécuter tout médecin, policier, ou chercheur qui divulguerait des informations ».

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