Une tribune signée par près de 300 chercheurs et scientifiques dénonce des « mesures gouvernementales disproportionnées » en France

Par Léonard Plantain
2 octobre 2020
Mis à jour: 2 octobre 2020

Dimanche 27 septembre, le site Médiapart a publié une tribune de près de 300 scientifiques, médecins et universitaires, qui dénoncent les dernières restrictions du gouvernement contre le Covid, ainsi que leurs effets secondaires alarmants.

D’abord 35 à signer une première tribune, le 10 septembre, clamant : « Nous ne voulons pas être gouvernés par la peur », ils sont finalement près de 300 à signer 17 jours plus tard, déclarant qu’il est « urgent de changer de stratégie sanitaire face au Covid-19 », rapporte le site Médiapart.

Parmi eux, Louis Fouché, médecin anesthésiste-réanimateur à l’Hôpital de la Conception à Marseille (AP-HM), dénonce des « mesures disproportionnées », avant d’ajouter : « On maintient la peur, et c’est surtout ça qui nous gêne. » Il rappelle que le 23 septembre, le ministre de la Santé a annoncé la fermeture des bars, restaurants et salles de sport dans la métropole d’Aix-Marseille, en se basant sur les données de circulation du virus, une mesure anti-Covid qui selon lui « masque les défaillances du système hospitalier », rapporte France 3 Régions.

« Nous ne voulons pas être gouvernés par la peur »

« Oui, il y a une tension hospitalière sur le nombre de soignants, de lits, etc, mais cette situation n’est pas nouvelle, c’est lié à un sous-investissement dans l’hôpital public depuis une quinzaine d’années pour favoriser le secteur privé. Est-ce que l’hôpital est en tension à cause du Covid ? Je dis non. La réalité, c’est qu’il y a eu un mort du Covid à Marseille ce week-end, alors qu’il y a en moyenne 1 700 morts par jour en France, 450 morts de maladies cardio-vasculaires, 430 de cancers, 110 de maladies respiratoires, 27 suicides, 11 accidents de la route. C’est très disproportionné », explique-t-il.

Louis Fouché poursuit : « Sur les six derniers malades de la réanimation chez moi, trois avaient un Covid positif, et étaient comptés dans les statistiques Covid positifs. Mais en fait, ils étaient malades d’autre chose, un choc septique sur une pneumonie à bacille pyocyanique, un œdème aigü du poumon, un lymphome en cours d’induction de chimiothérapie… », explique-t-il.

« On fait dire aux chiffres des choses qui ne sont pas vraies. On fait dire à ces gens positifs qu’ils sont tous malades de la maladie Covid qu’on a vue au mois de mars, ce n’est pas vrai. Et je ne peux pas croire qu’on soit la seule réa dans ce cas-là. Ça veut dire qu’il y a environ 30 % au moins des patients qui ne sont pas malades de la Covid », dénonce-t-il.

Pour Louis Fouché, la seule raison à cela, « c’est un chantage aux ressources ». Il explique : « Quand Olivier Véran vient à Marseille, pourquoi vient-il ? En gros, il vient donner de l’argent si on continue la narration de la peur et il vient faire un espèce de chantage consistant à dire – je ne nourris l’hôpital public que si vous continuez à faire ce que je vous dis sans discuter – Et les gens s’alignent pour maintenir l’institution et continuer de soigner les gens. »

Louis Fouché ne nie pas la recrudescence du nombre de cas positifs. Cependant, « On ne peut pas cantonner une maladie virale, c’est une illusion », évoque-t-il. Selon lui, la menace d’un reconfinement brandie par le ministre de Santé est une façon « de reprendre le contrôle sur les gens par la menace. Ça jugule toute contestation, c’est tyrannique, anti-démocratique et ça n’est pas proportionné aux risques de cette épidémie de Covid », insiste-t-il.

« La volonté de la cantonner actuellement, c’est de ne pas mettre en tension le système hospitalier. Et on fait peser sur la population générale des mesures extrêmement liberticides, qui divisent et qui ont plein de dommages collatéraux alors que c’est la politique de gestion du système de santé qui est défaillante. On est en train de casser le lien social, de le disloquer », déplore-t-il.

« Il faut protéger les plus fragiles et ce n’est pas par la politique sanitaire actuelle qu’on les protège, au contraire. Il faudrait arrêter les masques dans les écoles, arrêter les masques à l’extérieur, arrêter les tests en population générale parce que tout cela procède d’une imposture, et tout le monde le sait. L’urgence, c’est de protéger les plus fragiles, ça veut dire donner aux gens qui ont peur, qui ont une immuno-dépression sévère, qui sont hypertendus, obèses, diabétiques ou avec des comorbidités sévères – c’est ceux-là qui font les formes graves, et on les connaît – il faut leur donner des FFP2 et qu’ils les portent. Et pas faussement les rassurer avec un masque chirurgical qui ne les protège pas. Et laisser le reste de l’épidémie circuler pour que l’immunité collective se fasse », explique-t-il.

De son côté, Laure Farnault, hématologue-immunologue à Marseille, partage le même avis. Elle a signé la tribune car elle a vu les conséquences des choix faits ces derniers mois : « En post-confinement dans mon service d’hématologie, j’ai vu arriver des patients avec des diagnostics qu’on a jamais vus, ils sont tous bien restés confinés chez eux pendant 3 mois et ils pensaient que dans le monde il n’y avait que le Covid. On a tous oublié qu’on peut mourir d’un AVC, d’un infarctus, d’un cancer… l’humanité a perdu un peu la raison », explique-t-elle.

Elle a également mis en garde contre les statistiques officielles, qui ne reflèteraient pas la réalité des malades Covid et des décès : « J’ai amené un jeune de 23 ans en réa en choc septique, il a eu une PCR Covid qui fait partie des 20 % de faux-positifs. Il serait mort, on aurait dit – il est mort du Covid – Mais il avait une leucémie, un choc septique, du pyocyanique. »

« Du point de vue de l’ARS, elle pouvait dire qu’il y avait un jeune en réanimation qui avait le Covid… c’est une mascarade. Je ne dis pas qu’il n’y a pas un problème sanitaire, il y a bien un problème sanitaire, mais pour moi c’est aux médecins et groupements hospitaliers de le gérer, ce n’est pas aux artistes, aux restaurateurs, aux jeunes qui sortent, aux collégiens ou aux lycéens… », conclut-elle.

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