Présidence « jumelée » franco-allemande inédite à l’ONU en mars-avril

11 février 2019 Mis à jour: 11 février 2019

Bénéficiant d’un ordre alphabétique favorable, la France et l’Allemagne (Germany) conduiront en mars et avril une présidence « jumelée » du Conseil de sécurité de l’ONU, une initiative inédite et surtout symbolique pour leurs partenaires.

Les présidences du Conseil changent tous les mois. Le président a un rôle clé pour dénouer en coulisses des oppositions entre ses 15 membres, trouver des consensus sur l’ordre du jour, les participants aux réunions ou la publication de déclarations.

Au-delà de l’affichage d’un axe franco-allemand renforcé à l’ONU, il est toutefois difficile pour Paris et Berlin de contourner leur différence de statut, le premier étant membre permanent doté d’un droit de veto, le deuxième assurant une position de membre non permanent pour seulement deux ans.

Ce n’est pas toujours facile de travailler ensemble, la France « est à un autre niveau » et l’Allemagne est parfois qualifiée de « touriste« , relève-t-on à Berlin. « Les présidences coordonnées, ça ne change pas grand-chose » à part présenter « d’un coup deux mois de programme, montés ensemble« , concède-t-on à Paris.

Au Conseil, certains attendent cependant beaucoup du « symbole » ou relèvent qu’il représente une « opportunité » d’enrichir l’axe franco-allemand. Les deux pays peuvent jouer « aux jumeaux« , mais sans déroger aux procédures onusiennes, met en garde sous couvert de l’anonymat un diplomate d’un pays membre permanent du Conseil.

La France prévoit de faire adopter en mars une résolution sur le financement du terrorisme et Berlin entend insister en avril sur la lutte contre les violences sexuelles dans les conflits. Les droits humains seront aussi un thème commun aux deux présidences, marquées par un voyage du Conseil en mars au Mali et à Bruxelles.

« Le jumelage des deux présidences vise à donner un nouvel élan au partenariat franco-allemand à New York« , explique à l’AFP l’ambassadeur français François Delattre, alors que l’attribution à l’Allemagne d’un siège permanent au Conseil reste une question récurrente.

HS avec AFP

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