Le président iranien déclare que l’Amérique devrait «s’incliner» devant l’Iran et lever les sanctions

Par Zachary Stieber
2 septembre 2019 Mis à jour: 2 septembre 2019

Le président iranien Hassan Rouhani a déclaré que les États-Unis devaient « s’incliner devant le peuple iranien » dans un discours prononcé cette semaine.

M. Rouhani a également indiqué qu’il ne rencontrerait pas le président Donald Trump s’il n’y avait pas de « repentance » de la part des États-Unis.

« Ceux qui ont imposé des sanctions à notre peuple et qui ont commis des actes de terrorisme économique – tout changement dans notre conduite à leur égard doit commencer par leur repentance », a déclaré M. Rouhani le 27 août, selon une traduction en arabe de l’Institut de recherche des médias du Moyen-Orient.

« Ils doivent retourner à leurs obligations et changer la voie erronée qu’ils ont choisie. Ils doivent agir au service des intérêts et de la sécurité du monde, tout en respectant l’autre. Ils doivent reconnaître notre révolution, notre régime et les droits de notre peuple, et ils doivent rejeter leurs erreurs. En ce qui concerne les relations entre l’Iran et les États-Unis – à moins que les États-Unis n’abandonnent les sanctions et rejette la voie erronée qu’ils ont choisie, nous ne verrons aucun changement positif. »

M. Rouhani semble alors faire allusion à une possible rencontre avec le président Donald Trump.

« Si vous levez toutes les sanctions et que vous vous inclinez devant le peuple iranien, les circonstances seront différentes. Nous voulons résoudre les problèmes d’une manière raisonnable, mais nous ne sommes pas intéressés par les séances de photos. Si quelqu’un veut se faire prendre en photo avec Hassan Rouhani, c’est impossible. Faites-le avec Photoshop, mais une vraie photo est impossible, à moins qu’un jour ils lèvent toutes leurs sanctions injustes, et respectent les droits du peuple iranien. Nous parlerions alors de nouvelles circonstances, et nous pourrions reconsidérer la situation. »

L’Iran est devenu de plus en plus isolé sous les sanctions de l’administration du président Trump, qui a rompu un accord nucléaire conclu par l’ancien président Barack Obama, que l’administration Trump a jugé insuffisant. La tension s’est exacerbée en juin lorsque l’Iran a abattu un drone américain, mais M. Trump a dit qu’il avait retiré sa réaction militaire parce qu’il craignait que cela ne blesse des innocents.

Les observateurs ont été stupéfaits lorsque le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Zarif, est apparu au sommet du G-7 en France ce week-end. M. Zarif a rencontré le président français Emmanuel Macron avant de se rendre en Chine pour y rencontrer des responsables.

Le président Trump a déclaré que le président Macron lui avait demandé à l’avance si M. Zarif pouvait venir et M. Trump a accepté.

Le président iranien Hassan Rouhani et le président français Emmanuel Macron (Photo de LUDOVIC MARIN/AFP/Getty Images)

« Ce que nous voulons c’est un Iran vraiment bon, vraiment fort », a déclaré M. Trump aux journalistes. « Nous ne cherchons pas un changement de régime. Vous avez vu comment ça s’est passé ces 20 dernières années, ça ne s’est pas bien passé. Nous cherchons à rendre l’Iran et le peuple iranien à nouveau riche. Laissons-les bien agir, si c’est ce qu’ils souhaitent, et sinon ils pourront rester aussi pauvres qu’ils le sont en ce moment. 

« Et je vais vous dire quelque chose : je ne pense pas que la façon dont les gens sont forcés de vivre en Iran soit acceptable. […] Cependant, ce doit être fait sans armes nucléaires. « 

Il a ensuite indiqué qu’il pourrait bientôt rencontrer de hauts responsables iraniens.

« Il sera bientôt temps de rencontrer l’Iran, et ce sera une bonne chose pour l’Iran. Ils ont un grand potentiel », a déclaré M. Trump peu après.

« L’Iran a une chance de pouvoir se construire et d’être une très grande nation, plus grande qu’auparavant. Mais ils doivent arrêter le terrorisme. Maintenant, ce n’est plus le cas depuis un an et demi ou deux ans, parce qu’ils ne peuvent plus dépenser comme avant. Ils ont pris 150 milliards de dollars du président Obama et les ont distribués à des terroristes partout dans le monde. Ça ne va pas, mais je pense qu’ils vont changer. Je le veux vraiment. Je crois qu’ils ont la chance d’être une nation très spéciale. J’espère que ce sera vrai. »

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