La pression policière sur les pratiquants de Falun Gong chinois augmente à l’approche du Congrès du PCC

13 octobre 2017
Mis à jour: 14 octobre 2017

Chaque fois qu’un événement politique majeur se prépare en Chine, le régime veut projeter une image de stabilité et de paix. Toute possibilité de protestation ou de désaccord avec les autorités chinoises est étouffée, souvent par des mesures visant à faire taire et intimider les groupes dissidents.

La pression peut être ressentie même par les Chinois vivant à l’étranger.

Le Falun Gong, également connu sous le nom de Falun Dafa, est une discipline spirituelle traditionnelle de type qigong visant l’amélioration personnelle et comprenant des exercices, dont une méditation et des enseignements fondés sur les principes d’authenticité, bienveillance et tolérance. Les bienfaits pour la santé physique et mentale ont rendu cette discipline très populaire – les sources officielles chinoises estimaient à environ 70 millions le nombre de Chinois de tous âges et professions qui pratiquaient cette discipline en 1999, alors que les sources du Falun Gong avancent souvent ce chiffre à 100 millions.

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Craignant la popularité grandissante de cette pratique ainsi que son indépendance de l’État-Parti, en juillet 1999 le chef du Parti communiste Jiang Zemin et son entourage ont lancé une campagne de sa répression au niveau national. Depuis lors, des millions de personnes ont été emprisonnées, soumis au lavage de cerveau et torturés, selon Falun Dafa Information Centre.

La persécution se poursuit encore aujourd’hui. À la veille du 19e Congrès du Parti communiste chinois (PCC) qui doit nommer la nouvelle génération d’élites du Parti à la direction du pays, les pratiquants de Falun Gong chinois à l’intérieur et à l’extérieur de la Chine font face à l’augmentation du harcèlement policier. Ces faits sont rapportés par Minghui.org, un site web recueillant et publiant des informations sur la persécution du Falun Gong en Chine.

Les pratiquants qui ont fui la Chine afin d’éviter la persécution continuent d’être mis sous pression par le biais de leurs proches qui restent dans le pays. Ces dernières semaines, la police a rendu visite aux membres de leurs familles pour obtenir les informations concernant l’endroit où habitent actuellement les pratiquants, ce qu’ils font à l’étranger et s’ils envisagent retourner en Chine.

La police peut insister sur la nécessité de « boire un thé» avec les membres de la famille afin de parler des pratiquants. Cette tactique est utilisée pour imposer un stress émotionnel sur les pratiquants dans le but de les forcer à abandonner le Falun Gong.

Une instruction émise par les forces de sécurité chinoises expliquant comment « enquêter » sur un pratiquant de Falun Gong. (Photo d’un pratiquant de Falun Gong qui a souhaité garder l’anonymat)

Mme Lin, une pratiquante de la ville de Guangzhou qui habite actuellement à New York, a confié que les policiers étaient allés pour harceler sa mère de plus de 80 ans, prétendant qu’ils se présentaient au sujet du permis de séjour de Mme Lin.

Mme Lin a ajouté que pendant d’autres événements politiques majeurs, les policiers se rendaient à sa maison familiale et intimidaient les membres de sa famille.

Une autre pratiquante, originaire de la ville de Changchun dans le nord-est de la Chine, qui vit aussi à New York, a déclaré que les policiers s’étaient présentés à son domicile dans le district de Chaoyang, disant qu’ils devaient discuter des choses à la veille du 19e Congrès. Son mari a refusé de les recevoir mais, par la suite, ils lui ont téléphoné à plusieurs reprises en essayant de lui soutirer des informations.

Concernant les pratiquants qui résident en Chine, la police frappe à leur porte dans tout le pays, les oblige à remplir des formulaires officiels ou à signer des papiers renonçant à Falun Gong, fouille ou prend des photos de leur domicile et ainsi de suite.

Les policiers devant le Grand palais du Peuple à Pékin, le 12 novembre 2013.
(Photo par Feng Li / Getty Images)

Selon Minghui.org, environ 150 pratiquants ont été harcelés dans la province du Heilongjiang dans le nord-est de la Chine. Certains ont été arrêtés et détenus après que la police a fouillé leurs domiciles et trouvé des livres et des documents liés au Falun Gong.

Plusieurs pratiquants du canton de Chanji, dans le Xinjiang à l’ouest de la Chine, ont également été interpelés par la police après que leurs maisons ont été mises à sac.

Mme Yang, une pratiquante du canton de Zengcheng de la ville de Guangzhou au sud de la Chine, a déclaré à Epoch Times que les agents des forces de sécurité se sont présentés à plusieurs reprises chez elle et avaient même envoyé des avis de recherche aux habitants de son immeuble afin de les pousser à la dénoncer.

Les autorités chinoises n’ont pas renoncé à persécuter les pratiquants de Falun Gong et les membres de leurs familles, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de la Chine, à l’intérieur ou à l’extérieur des prisons et des camps chinois.

Li Zhendi et Li Xi ont contribué à cet article.

Version anglaise : Falun Gong Practitioners in China and Abroad Face Police Pressure Ahead of Major Party Congress

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