Privé de cantine à 5 ans en raison d’un impayé

8 mars 2019
Mis à jour: 8 mars 2019

Depuis le 4 mars, dans l’école maternelle de Exireuil, village de 1600 habitants dans les Deux-Sèvres, un petit garçon de 5 ans s’est vu refuser l’accès à la cantine car la facture d’un montant de 126,90€ n’avait pas été payée par sa maman.

La maman du petit garçon vit seule et élève ses deux enfants. Ses revenus sont faibles et ses fins de mois difficiles. Elle perçoit notamment une allocation aux adultes handicapés.

Elle explique au journal auféminin : « Je suis obligée d’aller dans des associations caritatives pour m’aider alimentairement, financièrement. »

Le maire de la commune, Jérôme Billerot, avait envoyé le 21 février à la maman du petit garçon, une lettre recommandée afin de lui rappeler le règlement du restaurant scolaire.

La maman n’ayant pas pu régler cette facture, le petit garçon de moyenne section de maternelle ne peut donc ni accéder à la cantine, ni à la garderie depuis lundi.

Emmanuel Burgaud, président de la Fédération des parents d’élèves (FCPE) trouve cette décision injuste et inacceptable. « Il est inadmissible qu’un élève soit sanctionné pour un fait de ses parents, alors que lui même n’a rien fait. Il est insupportable de se dire qu’on refuse la cantine à un enfant, quelle qu’en soit la raison. En plus, à cinq ans, on se rend bien compte de ce qui se passe. Ses camarades lui feront peut-être des réflexions dans la cour… C’est une commune de seulement 1 600 habitants. Tout le monde se connaît, on est dans une relation de proximité entre les habitants et les élus. On aurait dû trouver une autre solution, comme un accompagnement vers des aides ! ».

Pour Jean-Marie Clochard, le maire honoraire de Nanteuil, « ce problème d’impayé doit pouvoir se résoudre à travers un règlement interne adapté pour un service municipal. Le fait de renvoyer cet élève à son domicile est inacceptable et discriminatoire. Aucun enfant ne peut être tenu responsable en cours d’année scolaire de la situation financière des parents », explique-t-il à La Nouvelle République.

Il rappelle certains points du règlement de la commune dont il a été maire : « Le règlement du restaurant scolaire visé par les parents et le conseil municipal lors de l’inscription scolaire stipule que le non-paiement des prestations entraîne le refus d’inscription l’année scolaire suivante. Chacune des parties est donc informée de son application et de ses conséquences. Il est précisé par ailleurs sur ce règlement que par bienveillance et en application de l’égalité de traitement des enfants, un plan adapté de paiement ou de résorption de la dette peut être mis en place en prenant contact avec le ou la responsable des affaires scolaires ou Monsieur le maire ».

Il ajoute : « Il est utile de rappeler que la restauration scolaire est une prestation mise en place par la collectivité, mais que ce service à destination des élèves n’a pas d’obligation mais relève de l’intérêt général pour conserver les enfants dans l’école communale. La garderie municipale s’inscrit dans le même registre et cadre de vie. »

Face à cette décision de la commune, les réactions se font nombreuses et une cagnotte a été lancée en ligne afin d’aider la maman. Son montant s’élève déjà à 300 euros.

Suite à cela, une femme de Loire-Atlantique vient de contacter le journal La Nouvelle République ce mercredi 6 mars précisant qu’elle souhaite régler la facture impayée afin que l’enfant puisse retourner à la cantine.

Tous ces élans de générosité touchent profondément la famille du petit garçon.

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