La propagande du régime chinois, à l’intérieur et à l’étranger (partie 1 sur 3) : la propagande du PCC à l’étranger

Le PCC mène une bataille de propagande à l'étranger en cooptant les grands médias américains
Par Antonio Graceffo
4 septembre 2021
Mis à jour: 4 septembre 2021

Pour conquérir les cœurs et les esprits à l’étranger et au pays, le Parti communiste chinois (PCC) utilise une variété d’outils tels que les médias d’État, les médias étrangers complices, l’autocritique aux États-Unis et l’autocensure dans les pays étrangers.

Grâce à ces outils puissants, alimentés par les médias sociaux, le PCC est en mesure de tirer parti des lacunes réelles ou imaginaires des puissances occidentales, en particulier des États-Unis, pour convaincre les Américains et les citoyens chinois que la démocratie occidentale est défaillante et que le système chinois est supérieur.

L’objectif de la propagande du PCC est de vanter les avantages du système chinois, ainsi que l’idée qu’il est préférable de vivre sous la protection du PCC. Les citoyens chinois n’ont pas à aspirer aux libertés ou à la démocratie occidentales, car ils jouissent déjà d’une vie meilleure que celle du reste du monde. Les Occidentaux de gauche sont amenés à croire que l’Occident devrait s’inspirer de la Chine et adopter son système de socialisme aux caractéristiques chinoises, lequel offrirait une vie meilleure et plus égalitaire à tous ses citoyens.

Le PCC entretient plusieurs médias d’information à l’étranger, qui font office de porte-parole du gouvernement, diffusent la propagande du Parti et influencent les Occidentaux, ainsi que les Chinois d’outre-mer. Parmi ces médias, citons China Global Television Network (CGTN), l’agence de presse Xinhua, Global Times et Sing Tao Daily. Le secrétaire d’État américain de l’époque, Mike Pompeo, avait prévenu que ces médias appartenaient au PCC, qu’ils étaient effectivement contrôlés par lui et qu’ils faisaient partie d’un effort de propagande (du PCC).

Les médias d’État chinois à l’étranger exploitent généralement les échecs des pays démocratiques, tout en promouvant une image positive du PCC. Cet article de Xinhua, « La démocratie chinoise fait mordre la poussière à l’illusion occidentale », explique comment la « démocratie chinoise » est supérieure à la démocratie occidentale. C’est ironique pour un État à parti unique efficace, avec peu ou pas de liberté des médias, où les citoyens ne votent pas pour le dirigeant de leur pays.

Un autre article de Xinhua, intitulé « Heavy-handed crackdown on protests lays bare U.S. double standard on human rights » (« la répression musclée des manifestations met à nu le double standard américain en matière de droits de l’homme« ), traite de la réaction de la police aux émeutes de George Floyd. Pendant ce temps, à Hong Kong, des manifestants pro-démocratie étaient arrêtés au milieu de la nuit et des législateurs pro-démocratie étaient expulsés du parlement. Dans le même temps, au Xinjiang, les Ouïghours étaient soumis aux traitements les plus inhumains, notamment au travail forcé, à la torture, à la conversion forcée et au prélèvement d’organes.

Le Global Times titrait : « La Chine exhorte les talibans à réprimer le terrorisme, alors que les explosions meurtrières de Kaboul illustrent l’échec des États-Unis ». Le Global Times s’empresse de dire que les États-Unis ont échoué en Afghanistan, tout en évitant de mentionner le fait que le PCC a déjà tenu des pourparlers de haut niveau avec les  meurtriers talibans et qu’il soutient financièrement de nombreuses organisations terroristes, dont l’Armée unie de l’État Wa (UWSA) en Birmanie (également connue sous le nom de Myanmar) et les séparatistes Naga en Inde.

Les premières pages du China Daily (G), du Beijing News (C) et du Global Times (D) présentant la catastrophe de la cathédrale Notre-Dame, à Pékin, le 17 avril 2019. (Nicolas Asfouri/AFP via Getty Images)

Les titres de Xinhua indiquaient : « Les investissements chinois apportent à l’Afrique de l’espoir, pas un piège » et « La Chine est félicitée pour avoir été le champion des efforts mondiaux d’aide à l’Afrique ». Ces titres laissaient entendre que non seulement l’engagement économique de la Chine en Afrique était bénéfique pour cette dernière, sans aucun inconvénient, mais que le reste du monde reconnaissait et saluait la « générosité » de la Chine. Des observateurs internationaux ont toutefois qualifié l’initiative « la Ceinture et la Route » de piège à dettes, qui fait perdre aux pays une partie de leur autonomie et le contrôle de leurs infrastructures, tout en augmentant leur endettement. Le Sri Lanka, par exemple, a perdu le contrôle de son aéroport et de son plus grand port maritime. Grâce aux prêts de la BRI, le Congo, à partir de 2019, devra à la Chine 38,92 % de son PIB, Djibouti 34,64 % et l’Angola 18,95 %.

De même, cet article du Global Times, « Les Italiens en quarantaine louent la lutte du gouvernement chinois contre le Covid-19″, illustre la gratitude du peuple italien envers le PCC pour avoir sauvé leur pays au milieu d’une pandémie, qui a commencé en Chine. Le PCC a enfermé son propre peuple, a suspendu les droits civils et les droits de l’homme, a fait s’effondrer son économie et a fait grimper le chômage. En outre, de nombreux observateurs estiment que l’origine la plus probable de la pandémie est le laboratoire de Wuhan. Par conséquent, il s’agit d’un exemple de plus où le PCC crée un problème en maltraitant ses propres citoyens, puis s’attribue, sur la scène mondiale, le mérite d’être un « sauveur ». Cependant, les Italiens étaient furieux que Pékin ait publié des vidéos et des messages sur les médias sociaux intitulés « Grazie China », qui remerciaient prétendument la Chine de son aide pendant la pandémie. Des chercheurs italiens ont déterminé qu’un certain nombre de comptes, se présentant comme des citoyens italiens exprimant leur gratitude, étaient en fait des robots de Pékin, exploités par l’Armée des 50 centimes ou des « wumao » (citoyens chinois payés pour publier des contenus dictés par le PCC).

Le Sing Tao Daily, basé à Hong Kong, est un média pro-Pékin qui cible les Chinois d’outre-mer. Ce titre est typique : »Lors de la cérémonie de retour du soldat tué, Joe Biden a baissé les yeux sur sa montre et a été critiqué sans vergogne par les conservateurs. » – Sing Tao recherche le moindre faux pas du gouvernement américain et l’exploite. Critiquer le dirigeant chinois Xi Jinping serait impensable en Chine, c’est pourquoi les médias du PCC interprètent la critique du président américain, par des Américains, comme une preuve que le pays est au bord de l’effondrement.

D’autres articles du Sing Tao en profitent pour faire l’apologie des points de vue du PCC, comme cet article sur une rencontre entre le conseiller d’État Yang Jiechi et le secrétaire d’État américain Antony Blinken : « La lettre de guerre de Biden à Xi Jinping ». Selon l’histoire, Yang Jiechi a dit à Antony Blinken : « Je ne pense pas que la plupart des pays du monde reconnaissent les valeurs universelles défendues par les États-Unis, ou conviennent que les opinions américaines peuvent représenter l’opinion publique internationale. » L’objectif du PCC est de supplanter les États-Unis en tant que leader mondial. Une partie de la réalisation de cet objectif consiste à promouvoir la notion que le monde préférerait être dirigé par la Chine plutôt que par les États-Unis.

En 2019, China Global Television Network (CGTN), qui diffuse des histoires telles que « L’Amérique a échoué dans sa démocratie », a été considéré comme un agent étranger par le ministère de la Justice des États-Unis.

En octobre 2020, le secrétaire d’État de l’époque, Mike Pompeo, a désigné 6 autres médias chinois comme des missions étrangères, dont Yicai Global, Jiefang Daily, le Xinmin Evening News, la maison d’édition Social Sciences in China Press, la Beijing Review et l’Economic Daily, portant le total à 15 médias chinois contraints de s’enregistrer. En tant que missions étrangères, ces entités sont tenues de divulguer au ministère des Affaires étrangères des États-Unis la liste de leur personnel ainsi que leurs avoirs immobiliers. Contrairement à la censure des médias étrangers en Chine, les États-Unis n’ont pas restreint et ne restreignent pas ce que ces médias et d’autres médias étrangers peuvent publier. La position des États-Unis est que les lecteurs sont libres de lire ce qu’ils veulent, mais qu’ils ont le droit de savoir que ces médias font partie d’un effort de propagande du PCC, plutôt qu’un organe d’information indépendant ou impartial.

En 2021, le ministère de la Justice a ajouté le Sing Tao Daily à la liste des médias chinois qui devaient s’enregistrer en tant que missions étrangères. Sing Tao prétend être une société privée, mais l’actuel et l’ancien propriétaires du Sing Tao Daily étaient tous deux membres de la Conférence consultative politique du peuple chinois, un organe consultatif de haut niveau composé de personnes loyales au PCC et ayant des liens étroits avec lui.

Antonio Graceffo, docteur en philosophie, a passé plus de 20 ans en Asie. Il est diplômé de l’Université des sports de Shanghai et titulaire d’un MBA chinois de l’Université Jiaotong de Shanghai. Antonio travaille comme professeur d’économie et analyste économique de la Chine, écrivant pour divers médias internationaux. Parmi ses ouvrages sur la Chine, citons Beyond the Belt and Road : China’s Global Economic Expansion (au-delà de la ceinture et de la route : l’expansion économique mondiale de la Chine) et A Short Course on the Chinese Economy (un cours succinct sur l’économie chinoise).

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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