La propagande des livres blancs de Pékin publiés à la veille du 70e anniversaire du régime

Par Frank Fang
30 septembre 2019 Mis à jour: 30 septembre 2019

À la veille du 1er octobre, le 70e anniversaire de la prise de contrôle de la Chine par le Parti communiste chinois, le régime chinois a publié deux livres blancs glorifiant ses succès. Cependant, les experts accusent Pékin d’avoir émis ce qu’ils considèrent d’être de la propagande.

Le premier de ces livres, intitulé À la recherche du bonheur du peuple : 70 ans de progrès dans le domaine des droits de l’homme en Chine, est paru le 22 septembre. Cinq jours plus tard, Pékin a publié le deuxième livre sur sa politique étrangère, intitulé La Chine et le monde à l’ère nouvelle.

Dans sa première publication, le régime chinois se vante d’avoir réussi à mettre en place « un système juridique relativement complet pour protéger les droits de l’homme » et que le peuple chinois « jouit d’une vraie démocratie ».

Dans la deuxième publication, Pékin affirme que la « direction » du Parti communiste chinois (PCC) est à l’origine du « succès de la Chine » au cours des 70 dernières années. Le livre déclare que sans le PCC, « la Chine virerait vers la division et la désintégration et aurait provoqué un chaos généralisé au-delà de ses frontières ».

Depuis 1949, le régime chinois a célébré le 1er octobre en tant que « Fête nationale », date à laquelle le PCC a remporté la victoire sur le gouvernement républicain en Chine. Le Parti nationaliste qui était auparavant au pouvoir, également connu sous le nom de Kuomintang, s’est retiré à Taïwan.

Le 26 septembre, Reporters sans frontières (RSF), une ONG à but non lucratif, a publié un éditorial intitulé Pour son 70e anniversaire, le régime chinois se déguise en champion des droits humains, consacré à la critique du livre blanc de Pékin sur les droits de l’homme.

« Ce document est un écran de fumée destiné à masquer le bilan exécrable du pouvoir chinois en matière de droits humains et notamment de liberté de la presse », a commenté le livre blanc Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est de RSF.

Il a ajouté que la communauté internationale ne devrait pas se laisser berner par « un discours qui confond à dessein développement et droits humains, tels qu’ils sont définis par la Déclaration universelle des droits de l’Homme, dont la Chine est signataire mais qu’elle bafoue au quotidien ».

L’éditorial de RSF souligne que le livre blanc de Pékin ignore « la situation désastreuse de la liberté de la presse » et ajoute que la Chine est « la plus grande prison au monde pour les journalistes avec au moins 115 détenus ».

Cette année, RSF a classé la Chine au 177e rang sur 180 pays et régions dans son Classement mondial de liberté de la presse. Son éditorial ajoute que les 850 millions d’internautes chinois ne peuvent pas s’informer librement en raison de censure et de surveillance technologique du régime chinois.

En même temps, dans un article publié dans l’édition chinoise d’Epoch Times, le commentateur politique chinois Zhou Xiaohui a constaté que, afin de renforcer sa légitimité, le régime chinois affirme que la Chine s’effondrerait sans le PCC.

M. Zhou a noté que de nombreux pays ont prospéré après la chute de régimes dictatoriaux. Il a aussi rappelé que des centaines de millions de Chinois sont morts à la suite des persécutions perpétrées lors de différentes campagnes politiques lancées par le PCC, telles que la Campagne anti-droitiste qui visait les intellectuels ; le Grand Bond en avant, qui a entraîné une famine tuant des millions de personnes ; et la Révolution culturelle, dirigée contre ceux qui étaient qualifiés de « contre-révolutionnaires ».

Zhou Xiaohui s’est demandé comment le régime chinois pouvait considérer son règne comme un succès alors que des produits toxiques, y compris le lait en poudre pour bébés et les vaccins contaminés ainsi qu’une grave pollution de l’air et de l’eau, sont un vrai fléau en Chine.

Il a également souligné que Pékin évoque délibérément le risque de désintégration de la Chine en absence du règne du PCC, ciblant les Chinois qui craignent que la société ne devienne chaotique ainsi que les politiciens occidentaux qui craignent les conséquences potentielles des troubles dans ce pays.

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