Histoire et religion : Marie-Madeleine ou l’histoire d’une pécheresse devenue Sainte

La France, terre d'accueil de Sainte Marie-Madeleine, l'Apôtre des Apôtres
Par Epoch Times
24 juillet 2020
Mis à jour: 24 juillet 2020

Elle fut pécheresse, elle devint Sainte. Marie-Madeleine est l’un des personnages les plus mystérieux ayant partagé la vie de Jésus-Christ pendant ses prêches et surtout, selon les évangiles, après sa résurrection. Mais Marie-Madeleine est moins connue du monde comme le disciple de Jésus-Christ qui christianisa la Gaule. À travers son histoire, largement décrite dans la tradition provençale et dans nombre de textes historiques, nous revenons sur un monument du Christianisme en France.

Les rencontres de Marie-Madeleine avec Jésus-Christ

Selon la Bible, Marie-Madeleine est une « pécheresse » qui vient à la rencontre de Jésus lors d’un dîner de celui-ci chez Simon le Pharisien (Luc 7, 36-50). Elle s’assoit à ses pieds, en pleurs. Elle les embrasse, les inonde de ses larmes, les essuie avec ses cheveux, puis les oint de parfum. Face à une assistance scandalisée de voir Jésus se laisser toucher et embrasser par une « pécheresse », femme facile sans pour autant être une prostituée, le Christ répondra à Simon : « Un créancier avait deux débiteurs; l’un devait 500 deniers, l’autre 50. Comme ils n’avaient pas de quoi rembourser, il fit grâce à tous deux. Lequel des deux l’en aimera le plus ?» Simon répondit : « Celui-là, je pense, auquel il a fait grâce de plus.» Il lui dit : «Tu as bien jugé.»

Et, se tournant vers la femme : «Tu vois cette femme?» dit-il à Simon. Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds; elle, au contraire, m’a arrosé les pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas donné de baiser; elle, au contraire, depuis que je suis entré, n’a cessé de me couvrir les pieds de baisers. Tu n’as pas répandu d’huile sur ma tête; elle, au contraire, a répandu du parfum sur mes pieds. A cause de cela, je te le dis, ses péchés, ses nombreux péchés, lui sont remis parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on remet peu montre peu d’amour.»

Puis il dit à la femme : «Tes péchés sont remis.» Et ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes : «Qui est-il celui-là qui va jusqu’à remettre les péchés ?» Mais il dit à la femme : «Ta foi t’a sauvée; va en paix.»

Saint-Luc, dans les lignes suivantes, présente les femmes qui suivaient Jésus, la première nommée est Marie de Magdala, « appelée la Magdaléenne, de laquelle étaient sortis sept démons».

Saint-Jean (11,21) présente ensuite Marie-Madeleine comme la sœur de Lazare et Marthe de Béthanie. « Il y avait un homme malade ; c’était Lazare de Béthanie, le village de Marie et de sa sœur Marthe. Marie était celle qui versa du parfum sur les pieds du Seigneur et qui les essuya avec ses cheveux ; c’était son frère Lazare qui était malade. » Sera ensuite racontée la résurrection de Lazare par Jésus.

« Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du mort, lui dit : « Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu’il est là. » Jésus lui dit : « Ne t’ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? » Ils enlevèrent donc la pierre [de l’endroit où le mort avait été déposé]. Jésus leva alors les yeux et dit : « Père, je te remercie de ce que tu m’as écouté. Pour ma part, je savais que tu m’écoutes toujours, mais j’ai parlé à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Après avoir dit cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, sors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains attachés par des bandelettes et le visage enveloppé d’un linge. Jésus leur dit : « Détachez-le et laissez-le s’en aller. »

Bloch, « Résurrection de Lazare ».

C’est encore à Béthanie que Marie-Madeleine, lors d’un dîner chez eux, Marthe servant et Lazare assis comme étant l’un des convives, va à nouveau oindre la tête de Jésus de parfum. « Elle apporta dans un vase d’albâtre, une livre d’huile de parfum de vrai nard d’épi d’un grand prix, elle le répandit sur les pieds de Jésus et les essuya de ses cheveux. Ayant rompu le vase, elle répandit le parfum sur sa tête, et la maison fut remplie de l’odeur de parfum. » (Jean 12, 3) Une fois de plus, les convives sont outrés de voir Marie gaspiller un parfum aussi cher (le nard serait le parfum d’un roseau aromatique venant d’Inde), mais Jésus leur répondra : « Laisse-la garder ce parfum pour le jour de ma sépulture. Vous avez toujours les pauvres avec vous, mais vous ne m’avez pas toujours. » (Jean 12,7)

On retrouvera enfin Marie-Madeleine lors de la Passion du Christ, l’accompagnant lors de son chemin de croix, puis se précipitant au tombeau de Jésus après le sabbat. Le trouvant vide, elle courra prévenir les disciples : « Ils ont enlevé le Seigneur du sépulcre, et nous ne savons pas où ils l’ont mis. » Retournant au tombeau, un homme l’interpelle : « Femme, pourquoi pleurez-vous ? Que cherchez-vous ? » Et elle, pensant que c’était le jardinier, lui dit : « Seigneur, si c’est vous qui l’avez enlevé, dites-moi où vous l’avez mis, et je le prendrai. » Jésus lui dit : « Marie ». Marie, s’étant retournée, lui dit : « Rabboni (Maître). » Jésus lui dit: « Ne me touche pas ; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Choisie par Jésus pour être le premier témoin de sa résurrection, Marie-Madeleine sera alors instituée comme « l’apôtre de ses apôtres ».

Enfin, précisons que Marie-Madeleine, présentée par l’Église occidentale comme étant une seule femme, est dépeinte autrement par l’Église orthodoxe, grecque précisément, séparant distinctement Marie de Magdala (femme libérée de sept démons, présente au pied de la croix et premier témoin de la résurrection), la pécheresse repentante (selon Saint Luc), et Marie de Béthanie, sœur de Lazare et Marthe. C’est aussi le cas, depuis Vatican II, de nombre d’exégètes catholiques. Le P. Renaud Silly, dominicain et professeur d’exégèse à Toulouse, s’est penché sur les nombreux documents et a recoupé les écrits des différents évangiles, poursuivant les travaux menés par André Feuillet en 1975, afin de démontrer l’existence d’une seule et même Marie-Madeleine (1).

La France, terre d’accueil de Sainte Marie-Madeleine, l’Apôtre des Apôtres

Selon les historiens, c’est entre l’an 44 et 47 que débutent les persécutions contre les premiers Chrétiens en Judée. Persécutions et/ou besoin d’évangélisation, quoi qu’il en soit, les apôtres de Jésus-Christ quitteront la région et partiront s’implanter dans de nombreuses régions du monde. Commence ici la Tradition provençale, mise à l’honneur entre autres, avec la Légende Dorée, l’un des textes religieux les plus lus après la Bible au Moyen-Âge, datant de 1280 et écrite par le Dominicain Jacques de Voragine, archevêque de Gênes.

Sculpture de Marie-Madeleine devant la grotte de la Sainte-Baume

Saintes-Maries-de-la Mer

« Après l’ascension du Seigneur, la quatorzième année après la Passion… les disciples se répandirent dans les diverses contrées pour y semer la parole divine; et saint Pierre confia Marie-Madeleine à saint Maximin, l’un des soixante-douze disciples du Seigneur. Alors saint Maximin, Marie-Madeleine, Lazare, Marthe, Martille, et avec eux saint Cédonius, l’aveugle-né guéri par Jésus, ainsi que d’autres chrétiens encore, furent jetés par les infidèles sur un bateau et lancés à la mer, sans personne pour diriger le bateau. Les infidèles espéraient que, de cette façon, ils seraient tous noyés à la fois. Mais le bateau, conduit par la grâce divine, arriva heureusement dans le port de Marseille. »

Plage des Saintes-Maries-de-la-Mer, lieu présumé du débarquement des Maries.

Ici, les avis et les écrits divergent, il faut sans aucun doute, citer celui de Raban Maur, Dominicain et évêque de Mayence du IXème siècle, dont le manuscrit, « Vie de Marie-Madeleine » constitue le texte le plus ancien sur le sujet. « Enfin, ils abordèrent heureusement sur la droite, dans la Viennoise, province des Gaules, auprès de la ville de Marseille, dans l’endroit où le Rhône se jette dans la mer des Gaules. » C’est donc la Camargue, dont le nom viendrait justement du latin castra marii, qui se traduit par camp de Marie, qui serait le lieu d’arrivée du bateau des Saints. Une plage de sable fin, quelques cabanes de pêcheurs, ils seraient ainsi arrivés à l’emplacement de l’actuelle Saintes-Maries-de-la-Mer, dont le patronyme provient justement de l’arrivée des Maries: Marie-Salomé, Marie-Jacobé et Marie-Madeleine. Ils y dresseront un autel en argile sous lequel sourdra bientôt une source d’eau vive. Aujourd’hui s’élève l’église de Notre-Dame-de-la-Mer des Saintes-Maries de la Mer, au milieu de laquelle coule encore cette source.

De là, les Saints se sépareront, Marie-Salomé et Marie-Jacobé demeureront sur ces terres, accompagnées de Sara, future sainte-patronne des Gitans. Trophime partira à Arles, Eutrope à Orange, Martial à Limoges, Marthe s’arrêtera à Tarascon. Marie-Madeleine se dirigera vers Marseille avec Maximin et Lazare. Lazare s’y arrêtera, Maximin poussera jusqu’à Aix-en-Provence.

Chapelle Saint-Lazare, abbaye Saint-Victor de Marseilles.

Le Miracle Marseillais

Marie-Madeleine s’arrêtera d’abord à Marseille avec ses compagnons. Témoins d’une population qui voue un culte aux dieux « païens », Marie-Madeleine commence à prêcher devant un temple. La Légende Dorée rapporte le Miracle Marseillais.

« Un jour que Marie-Magdeleine prêchait, le prince (de Provence) lui dit: « Penses-tu pouvoir justifier la foi que tu prêches ? » « Oui, reprit-elle, je suis prête à la défendre; elle est confirmée par les (248) miracles quotidiens et la prédication de mon maître saint Pierre, qui préside à Rome. Le prince et son épouse lui dirent : « Nous voilà disposés à obtempérer à tous tes dires, si tu nous obtiens un fils du Dieu que tu prêches. » « Alors, dit Magdeleine, ce ne sera pas moi qui serai un obstacle. » Et la bienheureuse pria pour eux le Seigneur qu’il leur daignât accorder un fils. Le Seigneur exauça ses prières et la dame conçut.. Alors son mari voulut partir pour aller trouver saint Pierre, afin de s’assurer si ce qu’avait annoncé Magdeleine touchant J.-C. était réellement la vérité. »

Le prince embarque alors pour Rome, accompagné de sa femme enceinte qui l’a supplié de venir. Elle meurt en couches en cours de route et le Prince, pour éviter une rébellion des matelots, est obligé d’abandonner sa femme morte et le nouveau-né bien vivant sur une île déserte. Arrivé à Rome, il sera reçu par Saint-Pierre qui lui contera la vie de Jésus-Christ. Au bout de deux ans, le Prince converti décide de rentrer à Marseille.

Passant près de l’île déserte, il aperçoit « un petit enfant qui s’amusait, comme on le fait à son âge, avec des pierres ». Il retrouve en fait son épouse bien vivante et leur enfant, et rentre à Marseille. « Le pèlerin joyeux prit la mère et l’enfant, s’embarqua et peu après ils abordèrent à Marseille, où, étant entrés, ils trouvèrent sainte Marie-Magdeleine annonçant la parole de Dieu avec ses disciples. Ils se jetèrent à ses pieds en pleurant, lui racontèrent tout ce qui leur était arrivé, et reçurent le saint baptême des mains du bienheureux Maximin. Alors ils détruisirent dans Marseille tous les temples des idoles, et élevèrent des églises en l’honneur de J.-C., ensuite ils choisirent à l’unanimité le bienheureux Lazare pour évêque de la cité. Enfin conduits par l’inspiration de Dieu, ils vinrent à Aix dont ils convertirent la population à la foi de Jésus-Christ en faisant beaucoup de miracles et où le bienheureux Maximin fut de son côté, ordonné évêque. »

Forêt de la Sainte-Baume.

Saint-Maximin et la Sainte-Baume

Marie-Madeleine, souhaitant une vie contemplative, se retire alors en Provence, dans une grotte située au sommet de la montagne Sainte-Baume et d’une forêt à la végétation aussi luxuriante que mystérieuse. Le frère dominicain Henri Lacordaire, dans son ouvrage Sainte Marie- Magdeleine paru en 1860, décrit la forêt de la Sainte-Baume ainsi : « Ce n’est plus le pin maigre et odorant des Provence, ni le chêne vert, ni rien des ombrages que le voyageur a rencontrés sur sa route ; on dirait que, par un prodige inexplicable, le Nord a jeté là toute la magnificence de sa végétation. C’est le sol et le ciel du Midi, avec les futaies de l’Angleterre. »

Vue du monastère et de la grotte de la Sainte-Baume

Il est dit que Marie-Madeleine y passera les trente-trois dernières années de sa vie, habillée peu à peu de sa seule chevelure, si longue qu’elle la protègera de la nudité. Comme Marthe qui vaincra la Tarasque, ce dragon de Tarascon, Marie-Madeleine terrassera aussi, aidée de Saint-Michel Archange, le dragon qui infestait la sainte-Baume, et à partir de sa venue, tous les animaux venimeux disparaîtront aussi des lieux.

Le Père Sicard des frères Prêcheurs rappelle dans son livre «Sainte Marie-Madeleine et la France» paru en 1878 : « C’est au Saint-Pilon, qu’aux sept heures canoniques les anges l’élevaient à travers les airs. Marie-Magdeleine s’y rassasiait de la vue de Dieu et des douces harmonies des Esprits célestes. Puis ceux-ci la reportaient dans la sainte caverne pour qu’elle y continuât ses pleurs et sa pénitence. » Après ces décennies de contemplation et de pénitence, elle meurt dans les bras de Saint-Maximin.

Actualité de Marie-Madeleine en France

Que reste-t-il aujourd’hui de cette part de l’histoire religieuse en France ?

Aux Saintes-Maries-de la Mer, l’église est édifiée autour de la source dont on peut encore percevoir l’existence sous sa protection de verre. Elle célèbre largement les Saintes Marie-Salomé et Marie-Jacobé, et surtout Sarah, simple servante des Maries ou prêtresse égyptienne venue accueillir les Saints à leur arrivée en Camargue ?

Du lieu de prêche de Marie-Madeleine à Marseille, il ne reste plus traces, mais la Cathédrale de la Major, majestueuse, s’élève probablement près de ce lieu où se tenait encore, juste avant la Révolution, la chapelle de la Pierre à l’Image.

L’ouvrage « Naissance de la Provence Chrétienne » la présente ainsi : « Depuis au moins le XIIIe siècle, et le soir de Pâques, les consuls de la ville et tous les Marseillais partaient de la Cathédrale de la Major en procession solennelle vers la petite chapelle de la Pierre à l’Image, située à 150 m de là vers le Panier, et l’actuelle place des 13 Cantons… Pourquoi la Pierre à l’Image ? L’autel de cette chapelle était surmonté d’un bas-relief en marbre représentant la Madeleine prêchant aux Marseillais. »

Noli me tangere, Paolo Giovanni Lomazzo, 1568

À Saint-Maximin La Sainte Baume, la basilique Sainte-Marie-Madeleine accueille les reliques de la sainte, dont la dépouille fut découverte en 1279 par Charles d’Anjou, neveu du roi saint Louis, en ces lieux même (2).

Aujourd’hui, ne sont visibles que son crâne, sa mâchoire ainsi que le fameux « Noli me tangere », ce morceau de peau retrouvé intact au dessus de l’arcade sourcilière droit de la sainte. Signifiant « Ne me touche pas » ou encore « Ne me retiens pas », ce morceau de peau correspondrait, selon les évangiles, à l’endroit où Jésus-Christ ressuscité, retient Marie-Madeleine qui vient de le reconnaître et se jette à ses pieds afin de les étreindre.

Jésus va alors la retenir du doigt à cet endroit du front, demeuré intact malgré les siècles, mais tombé du crâne pendant la Révolution française et maintenant conservé dans un flacon de cristal, à côté du crâne dans la crypte.

On retrouve aussi La Sainte Ampoule, de la terre retrouvée dans le sarcophage de Marie-Madeleine et que l’histoire définit comme celle récupérée par Marie-Madeleine au pied du Golgotha après la mort de Jésus-Christ, et conservée par elle à son arrivée en France. Pendant des siècles, le Vendredi Saint fut le théâtre d’un miracle spectaculaire pour les nombreux pèlerins venus à Saint-Maximin : la terre présente dans l’ampoule se liquéfiait et, semblable à du sang, se mettait à bouillonner… En 1905, l’ampoule fut volée puis retrouvée sans son contenant…

Catherine Humbert est guide conférencière à Saint-Maximin. Elle suit l’actualité des reliques, aimant à dire que « Marie-Madeleine n’a pas fini de faire parler d’elle ». Selon elle, les découvertes faites au cours des siècles ne peuvent qu’attester de la présence de la Sainte à Saint-Maximin.

« Ce qui est essentiel, c’est d’abord ce sarcophage du IVème siècle, présent dans la basilique, avec une représentation explicite de Marie-Madeleine à un endroit où il n’y aurait pas eu de traces de la mort de Marie-Madeleine. De plus, en refaisant la voirie, on a retrouvé, lors de fouilles en 1993, les fondation d’un baptistère datant du IVème siècle, de taille aussi importante que ceux de Fréjus ou Aix-en-Provence, ce qui révèle un lieu de culte très important, car on ne mettait pas de baptistère dans un lieu insignifiant, il fallait que ce soit un saint illustre, d’autant plus que c’était uniquement les évêques qui avaient le droit de baptiser, pas les prêtres. Ce qui signifie qu’à cette époque, il se passait ici des choses fondamentales au niveau religieux. La tradition provençale s’appuie donc aussi sur le sarcophage et les découvertes de 1993. Concernant les reliques, une reconstitution faciale de Marie-Madeleine a été entreprise par 2 spécialistes et présentée lors d’un colloque à Martigues en septembre 2017: le Dr Charlier, médecin légiste et Philippe Froesch, ont reconstitué le visage de Marie-Madeleine. Ils n’ont pas pu sortir le crâne du reliquaire, car il faut des autorisations très particulières. Ils ont pris juste des photos, 400 clichés de très haute définition. Des prélèvements ADN n’étant pas autorisés du fait de la nécessité de trop grandes quantités d’os, des analyses de cheveux ont été faites au microscope électronique, qui confirment les études précédentes de 1974 faites par des chercheurs du CNRS sur les os de Marie-Madeleine, et vont dans le même sens. Ils identifient à chaque fois une femme d’une cinquantaine d’années, de type méditerranéen, gracile, pas très grande, entre 1m48 et 1m50. Les études sur les cheveux, encore en cours, ont permis déjà de retrouver des traces de pollen de la Mer morte, d’or et d’argent issus des premiers reliquaires… »

Catherine Humbert nous rappelle aussi que Saint-Maximin et la Sainte-Baume constituèrent, tout au long des siècles, des lieux de pèlerinage et de recueillement pour des grands rois de France: Saint-Louis, François 1er, Henri IV, Louis XIII, Louis XIV…

Tous firent le déplacement, à l’instar de Louis XIV qui monta à la Sainte-Baume à cheval en plein hiver, traversant le Rhône gelé. La Basilique fut aussi le théâtre de nombreux miracles, décrits dès le XIVème siècle par Jean Gobi, second prieur du couvent de Saint-Maximin.

Dans son manuscrit (3), il raconte la guérison des nombreux pèlerins, aveugles, sourds, malades mentaux, qui affluent dans cette ville. Venus se recueillir et prier, ils seront guéris.

Aujourd’hui, qu’en est-il ?

En juin 2016, le pape François a élevé la fête du 22 juillet dédiée à Sainte Marie-Madeleine en Provence, au rang de « fête liturgique » universelle, souhaitant pousser l’Église à « réfléchir de façon plus profonde sur la dignité de la femme, la nouvelle évangélisation et la grandeur du mystère de la miséricorde divine ».

Depuis 2016, la ville de Saint-Maximin a rejoint les 22 villes-sanctuaires de France, désignée par l’association Atout France, comme ayant un attrait particulier, non seulement pour les touristes mais aussi sur le plan religieux. Un an plus tard, à l’été 2017, on parle de trois « guérisons inexpliquées » dans la basilique Sainte-Marie-Madeleine…

(1) http://mariemadeleine.fr/files/Marie-Madeleine/Revue%20Thomiste.pdf

(2) http://www.mariemadeleine.fr/index.php/MM_SB.html

(3) Miracles de Sainte Marie-Madeleine, Jean Gobi l’Ancien, CNRS éditions.

 

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