Quatre militants pour la démocratie à Hong Kong condamnés à plus de 4 ans de prison

Par Frank Yue
7 mai 2021
Mis à jour: 10 mai 2021

Quatre militants de Hong Kong ont été reconnus coupables le 5 mai et condamnés à la prison pour leur participation à des manifestations non autorisées contre Pékin lors de la Fête nationale en octobre 2019.

La peine la plus lourde – 4 ans et 8 mois – a été prononcée à l’encontre de Chan Hang, un concierge de 40 ans, qui a été filmé en train de jeter des objets sur la police et de brûler une bannière dans la rue lors des troubles survenus à Tsuen Wan ce jour-là, selon le South China Morning Post. Il a été reconnu coupable d’émeute et d’incendie criminel.

Le juge Ernest Michael Lin Kam-hung a condamné les autres personnes – Chan Kam-kwok, un employé de cuisine de 21 ans, Lee Chun-man, un programmeur de 27 ans, et Kwok Siu-kam, un assistant social de 24 ans – à des peines de prison de plus de 4 ans. Ils ont été condamnés même sans preuve d’actes violents, rapporte le South China Morning Post.

Le juge, qui a estimé que même les participants non violents présents sur les lieux étaient également coupables, a déclaré les trois hommes coupables d’émeute, affirmant que leur tenue noire et leur présence « dans l’œil du cyclone » suffisaient à prouver qu’ils avaient pris part aux émeutes ou qu’ils avaient incité d’autres personnes à le faire.

Les militants ont été condamnés en vertu de la loi sur la sécurité nationale de Hong Kong, imposée par l’assemblée législative de Pékin – le Congrès du peuple – en juin de l’année dernière.

Les manifestations et les troubles ont eu lieu à l’occasion du 70e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine, qui célèbre l’arrivée au pouvoir du Parti communiste chinois en 1949. Quelques jours avant cet anniversaire, le Front civil pour les droits de l’homme de Hong Kong s’est vu refuser par la police de Hong Kong l’autorisation d’organiser une marche annuelle pour protester contre le pouvoir du PCC.

Ignorant cela, les quatre militants pour la démocratie ont appelé les Hongkongais à se joindre aux manifestations en leur propre nom.

Les rassemblements qui ont eu lieu en de multiples endroits, notamment à Tsuen Wan, Wong Tai Sin, Tuen Mun, Sha Tin et Sham Shui Po, ont d’abord été pacifiques, mais des incidents violents se sont produits plus tard dans la journée. Tsang Chi-kin, un étudiant de 18 ans, a été abattu par la police de Hong Kong.

Selon le Headline Daily, basé à Hong Kong, la police a procédé à 100 242 arrestations entre le 9 juin 2019 et ce 28 février. Environ 2 521 affaires sont entrées dans la procédure judiciaire, dont 720 suspects accusés d’émeutes. D’autres infractions présumées comprennent des accusations de rassemblement illégal, d’incendie criminel et d’insulte au drapeau national de la Chine.

En vertu de la loi sur la sécurité nationale de Hong Kong, Pékin peut punir d’une peine pouvant aller jusqu’à la prison à vie toute action qu’elle considère comme de la sécession, de la subversion, du terrorisme ou de la collusion avec des forces étrangères.

Tanya Chan, ancienne conseillère législative de Hong Kong, a déclaré le jour de son approbation que cette loi marquait le « certificat de décès » de la politique chinoise « un pays, deux systèmes ».

Le lendemain, l’Association du Barreau de Hong Kong a publié une déclaration officielle, affirmant que la loi sur la sécurité nationale de Hong Kong « érode le haut degré d’autonomie » garanti à la ville par la Loi fondamentale et la Déclaration conjointe sino-britannique et « sape les piliers fondamentaux du modèle ‘un pays, deux systèmes’, notamment le pouvoir judiciaire indépendant ».

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