Le Québec recule sa date de vaccination obligatoire, d’autres provinces pourraient suivre

Par Jeff Sandes
20 octobre 2021
Mis à jour: 20 octobre 2021

Le ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé, a annoncé que la date limite du 15 octobre imposée aux travailleurs de la santé pour être entièrement vaccinés était reportée d’un mois. Il a invoqué le risque probable d’un manque d’effectif indispensable en cas de maintien du mandat initial. De nombreux Canadiens attendent de voir si des prolongations similaires seront accordées dans d’autres provinces.

La Colombie-Britannique a ordonné à ses travailleurs de la santé d’être entièrement vaccinés avant le 26 octobre. L’Alberta, a fixé la date au 31 octobre. Le Nouveau-Brunswick a accordé un délai jusqu’au 19 novembre, le Yukon et la Nouvelle-Écosse jusqu’au 30 novembre, et Terre-Neuve-et-Labrador jusqu’au 17 décembre. Quant à la Saskatchewan et le Manitoba, les provinces ont fait le choix de mesures plus souples, permettant au personnel de la santé ne souhaitant pas être vacciné d’en rester aux tests.

L’Ontario également autorise les travailleurs non vaccinés à se soumettre régulièrement à un test, bien que certains hôpitaux aient pris la liberté d’élaborer des politiques de vaccination sans l’aval de la province, et ont licencié plusieurs employés. Les Territoires du Nord-Ouest ont laissé entendre qu’ils élaborent actuellement leur propre version d’un mandat de vaccination.

Ces politiques se sont heurtées à l’opposition des professionnels de la santé les plus divers. Au Québec, un millier de travailleurs de première ligne  et premiers répondants ont tenu un rassemblement silencieux dans la ville de Québec, le 15 octobre, pour protester.

En Alberta, plus de 3 500 travailleurs de la santé, dont quelque 70 médecins, ont demandé la fin du mandat de vaccination dans une lettre ouverte adressée aux Services de santé de l’Alberta (AHS), le 20 septembre. Ils mettent en doute l’efficacité des vaccins contre le COVID-19 dans la durée et soulignent les risques d’effets secondaires.

Cependant, plusieurs associations professionnelles de la santé ont soutenu la vaccination obligatoire.

L’Association médicale canadienne (AMC) et l’Association des infirmières et infirmiers du Canada (AIIC) ont publié en août une déclaration commune soutenant les politiques provinciales visant à garantir la vaccination complète de tous les travailleurs de la santé.

La présidente de l’AMC, le Dr Ann Collins, a souligné qu’à son avis, les mandats de vaccination font partie d’une stratégie essentielle de lutte contre le virus. « Il existe des preuves concrètes que les vaccins sont sûrs et efficaces », a-t-elle déclaré. « Et pour les professionnels de la santé qui mènent les campagnes de vaccination, [la vaccination obligatoire des travailleurs de la santé] est  la bonne décision et l’étape appropriée. »

Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario (AIIAO) a déclaré, à l’instar de Mme Collins, qu’elle ne soutenait pas ceux qui s’opposent au mandat. « Monsieur le Premier ministre, à l’AIIAO, nous savons que la vaccination obligatoire incitera la grande majorité des travailleurs de la santé à se faire vacciner », peut-on lire dans la lettre. « Mais elle suscitera également la résistance d’un petit nombre d’opposants. Sachez que nous vous soutiendrons pour faire face aux opposants. »

Les conventions collectives et la Charte des droits et libertés

Cependant, les lettres déposées auprès de plusieurs syndicats des professions de la santé en Colombie-Britannique, au nom de l’Association canadienne des électeurs ne s’accordent en aucun cas avec ces positions. Les lettres soutiennent que les syndicats ont l’obligation de représenter tous les membres qui contestent les mandats. Les membres des syndicats citent également des exemples de violations de leurs conventions collectives de la part du gouvernement.

Marty Moore, un avocat du Justice Centre for Constitutional Freedoms, a cité des violations de la Charte canadienne des droits et libertés.

« Le Centre de justice considère que les exigences gouvernementales selon lesquelles les employés doivent recevoir des vaccins COVID constituent des violations des droits constitutionnels des employés, en particulier leurs droits à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne », a-t-il déclaré. « C’est clairement une violation de l’autonomie individuelle et corporelle que d’obliger une personne à se faire injecter une substance ARNm réplicative sous peine de perdre son gagne-pain. »

Le syndicat des infirmières de la Colombie-Britannique a publié une déclaration le 15 septembre soutenant les vaccinations, tout en exprimant son inquiétude quant aux difficultés probables liées au caractère obligatoire de la mesure.

« En réponse à l’annonce faite par le gouvernement, le 13 septembre, de son intention d’étendre l’ordre de vaccination obligatoire à tous les travailleurs de la santé » peut-on lire, « le BCNU a exprimé son soutien à la vaccination tout en s’inquiétant des conséquences de cet ordre qui pourraient contribuer à une grave pénurie d’infirmières dans cette province. »

En effet, le Québec a déjà abordé cette pénurie potentielle en repoussant la date limite de vaccination. L’Alberta, cependant, ne se sent pas menacée.

Avec plus de 93 000 vaccinations confirmées parmi les travailleurs de la santé, l’autorité sanitaire de l’Alberta, l’AHS (Alberta Health Services, les services de santé de l’Alberta) ne redoute aucune de pénurie de personnel pour la province au 1er novembre. Selon l’AHS, ses employés soutiennent la politique de vaccination et s’y conformeront largement.

Aussi a-t-elle déclaré : « L’AHS s’attend à ce que la plupart de ses travailleurs soient pleinement immunisés (…) La grande majorité de nos travailleurs de la santé comprennent l’importance de l’immunisation, pour se protéger eux-mêmes et pour protéger leurs patients. »

Le ministère a fait valoir qu’il s’adaptera aux employés qui ne seront pas vaccinés pour une raison médicale ou la question des droits de l’homme, notant qu’il continuera à essayer de convaincre ceux qui restent hésitants.

« Des outils pédagogiques vont être mis à la disposition du travailleur concernant les vaccins COVID-19 ; si le travailleur demeure incomplètement immunisé, il sera placé en congé sans solde ; les travailleurs qui seront complètement immunisés après le 31 octobre 2021 pourront retourner au travail une fois qu’ils auront fourni la preuve qu’ils sont complètement immunisés conformément à la politique. »

Epoch Times a contacté à plusieurs reprises les ministères de la Santé du Québec, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de la Colombie-Britannique, sans réponse.


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