Quelle est l’origine de la hausse dramatique de suicides chez les adolescents?

Un pédopsychiatre partage ses connaissances acquises dans le cadre de son travail auprès d'enfants et d'adolescents qui ont envisagé le suicide
Par Conan Milner
10 janvier 2020 Mis à jour: 10 janvier 2020

La vie est dure, mais la période de transition entre l’enfance et l’adolescence peut être particulièrement rude. Pour un nombre croissant de jeunes, le processus est si insupportable qu’ils font l’impensable.

Selon un rapport d’octobre 2019 des Centres de contrôle et de prévention des maladies (En Anglais CDC : Centers for Disease Control), le taux de suicide chez les pré-adolescents et adolescents américains âgés de 10 à 14 ans a presque triplé entre 2007 et 2017. Le taux de suicide chez les adolescents plus âgés (15 à 19 ans) a également augmenté de 76 %.

Le rapport n’essaie pas d’expliquer ces chiffres. Mais comme le nombre de jeunes qui se suicident augmente régulièrement depuis une décennie, on ne peut s’empêcher de se poser des questions.

Le Dr Suvrat Bhargave, psychiatre certifié et spécialisé en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, souligne plusieurs facteurs contributifs. Suvrat Bhargave est attristé par les statistiques du Centre de contrôle des maladies, mais pas surpris par celles-ci. Beaucoup de jeunes qui viennent à son cabinet souffrent d’une anxiété extrême et d’une rage incontrôlée, et ils sont confrontés à des pressions et des circonstances que les générations précédentes n’ont pas connues. M. Bhargave décrit certains de ces cas dans son nouveau livre, A Moment of Insight (« Un moment de lucidité » – ndt).

Les gens ont toujours lutté contre les démons intérieurs, mais pourquoi y succombent-ils davantage aujourd’hui ? Bien qu’il puisse être difficile d’envisager une tendance aussi dévastatrice, M. Bhargave croit qu’il est de notre devoir d’y faire face et d’essayer d’y remédier.

« Si, en tant que parents, on nous donnait des chiffres aussi effrayants sur l’augmentation des décès dus à une certaine infection, nous qualifierions cette situation de crise et exigerions qu’elle fasse l’objet d’une enquête plus énergique », a déclaré M. Bhargave.

Epoch Times s’est entretenu avec M. Bhargave pour comprendre pourquoi les jeunes se tournent vers le suicide et ce qui peut être fait pour les faire changer d’avis.

Dr Suvrat Bhargave, un psychiatre certifié par le conseil d’administration et spécialisé en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent (Photo publiée avec l’aimable autorisation du Dr Bhargave)

Epoch Times : Quand j’ai lu les statistiques du CCM, ma première pensée a été : « Qu’est-ce qui a poussé tant de jeunes à prendre ce chemin ? »

Dr. Suvrat Bhargave : Je pense que ce qui rend les chiffres bouleversants, déroutants et décevants, c’est que nous n’avons pas une seule réponse à cette question. Le suicide a toujours été un acte et une condition complexes et multifactoriels. Mais maintenant, plus que jamais, nous devons examiner un large éventail de facteurs.

L’un d’eux est la hausse de la dépression et de la maladie mentale chez les adolescents et les enfants. C’est un facteur très réel qui peut contribuer au suicide.

Il y a aussi plus de stress en général dans la vie des jeunes. Au sein de leur famille et de leur foyer, il y a plus de stress. Dans les écoles, il y a plus de stress. Dans leur cercle social, ils ressentent aussi plus de pression. Cela contribue à cela.

Des liens solides avec la communauté donnent aux enfants et adolescents un sentiment de soutien qui les protège contre le suicide, mais nous vivons actuellement dans un environnement qui divise davantage. Lorsque vous vivez dans un environnement qui suscite plus de colère et de conflits, avec des expressions de frustration plus fortes, cela affecte certainement les jeunes. Il y a aussi des problèmes permanents de violence et de négligence envers les enfants. Un jeune qui est maltraité à la maison est plus susceptible de se faire du mal. Nous savons que c’est le cas.

Un autre facteur doit être leur exposition accrue à la violence en général. Cela affecte les enfants et la façon dont ils réagissent aux choses. Je pense qu’il faut aussi tenir compte de leur accès aux armes à feu. De plus en plus souvent, ce qu’ils utilisent pour se suicider, ce sont des armes à feu et ils y ont plus facilement accès.

Il y a aussi une augmentation de la consommation de drogues, qui comprend les opioïdes ainsi que d’autres drogues. Dans le passé, c’était la marijuana et l’alcool. Aujourd’hui, il y a beaucoup d’enfants qui ont plus accès aux médicaments – aux médicaments contre la douleur dans la chambre de leurs parents et ailleurs. Ils essaient. Et c’est quelque chose dont nous devons parler aux enfants, parce que cela fait partie de leur réalité.

Le suicide est également plus visible dans les médias et en ligne. Quand nous étions jeunes, le suicide était quelque chose qui n’était pas très présent et qui ne pouvait pas nous affecter dans nos propres foyers et communautés. Aujourd’hui, la communauté mondiale est plus petite. Nous sommes davantage présents dans les médias et en ligne.

Epoch Times : Vous avez mentionné un besoin de connexion communautaire. Avec les médias sociaux, il semble que nous soyons maintenant plus connectés que jamais. De quel genre de connexion les jeunes ont-ils besoin, et pourquoi cela n’est-il pas satisfait ?

Dr. Bhargave : On pourrait penser qu’avec toutes ces plates-formes dont nous disposons, nous devrions être plus connectés que jamais.

Ils sont plus exposés à la rétroaction négative et à la cyberintimidation, et de plus, leur leur sentiment de bien-être est lié au fait d’avoir suffisamment de mentions j’aime. Tout cela fait partie du problème.

Une autre chose est que nous disposons de tous les avantages des médias sociaux pour nous connecter à travers la planète, mais les relations les plus enrichissantes et les plus satisfaisantes dans nos vies sont celles qui existent dans notre environnement réel.

Pour beaucoup de jeunes, parce qu’ils ont une certaine façon d’interagir sur leurs appareils, que ce soit par texto ou par les médias sociaux, ils n’accordent pas autant d’importance aux connexions de la vie réelle. Pourtant, ce sont elles qui nous stimulent le plus émotionnellement.

Epoch Times : On dirait que les médias sociaux nuisent au besoin de connexion des jeunes plutôt que de les aider.

Dr. Bhargave : Juste le mot « ami » lui-même a été dilué. Lorsque vous parlez du nombre d’amis que vous avez, les jeunes pensent à la quantité qui se trouve sur leur page Instagram ou Facebook, et non plus à la façon dont nous avions l’habitude de penser à avoir des amis.

En pratique, je me trouve à redéfinir ce que signifie la réussite sociale. Car bien souvent, les jeunes pensent que le nombre d’amis que vous avez sur les médias sociaux est une indication du nombre d’amis que vous avez socialement. Mais quand je parle d’amis, je veux dire les relations qui sont mutuellement enrichissantes, mutuellement respectueuses. On réussit socialement quand on a de deux à quatre très bons amis de ce genre.

Beaucoup de jeunes n’ont pas ça. Ce n’est pas dans leur conception de ce que signifie être connecté.

Lorsque vous parlez d’avoir un réseau social ou une communauté qui vous soutient, cela vous donne un sentiment d’appartenance. Si, à un moment donné, vous ne vous sentez pas assez bien ou si vous vous sentez désespéré, il y a d’autres personnes autour de vous qui vous remonteront le moral. Sans ce genre de communauté autour d’eux, les enfants risquent davantage, sur le moment, de décider qu’il n’y a pas d’issue. Et le suicide, c’est vraiment sur le moment-même. La plupart des enfants qui envisagent et tentent de se suicider réagissent immédiatement au sentiment qu’il n’y a pas de porte de sortie. Il faut vraiment se soutenir les uns les autres en exprimant de la compassion, en montrant de l’intérêt et en ayant un sentiment d’appartenance à la communauté.

Epoch Times : L’amitié semble être une idée si intemporelle. Sommes-nous vraiment si éloignés de ce dont nous avons besoin pour établir une véritable connexion personnelle ?

Dr. Bhargave : Au cours des deux dernières années, des jeunes ont parlé des relations qu’ils ont avec leurs petites amies et leurs petits amis qu’ils ont rencontrés en ligne. Et plus on parle, plus je me rends compte qu’ils ne se sont jamais rencontrés. Mais ils considèrent que ces relations sont suffisamment intimes pour les appeler leur « être cher ». On a peut-être tenu pour acquis que les jeunes en viendraient à apprendre ça, mais on ne peut plus le faire. Nous devons revenir à ce qu’est une véritable connexion et une véritable amitié, et à la valeur qu’elle a. Il y a quelque chose de très différent de cette expérience que le simple fait de se connecter en ligne.

Epoch Times : Vous avez mentionné l’exposition à la violence comme un facteur contribuant au suicide. Les enfants doivent savoir que les jeux vidéo et les films sont différents de la vie réelle. En quoi cela a-t-il une influence ?

Dr. Bhargave : Il y a une désensibilisation avec l’exposition à la violence. Les jeux vidéo en font partie, je pense. Les médias et l’Internet en font partie. Au bout de vos doigts, vous voyez beaucoup de choses auxquelles nous n’avons jamais été exposés dans notre enfance. Ce qu’ils voient, ce sont des options pour eux. La façon dont ils réagissent à une impulsion dépend de l’exposition.

Prenez par exemple un enfant impulsif – comme beaucoup d’enfants le sont. Si vous savez que vous avez un enfant impulsif, alors vous devez être particulièrement prudent quant à son exposition à la violence. Si un enfant est impulsif se met en colère et que sa toute première pensée est de frapper son jeune frère, comment peut-on soutenir que ce à quoi il a été exposé n’a pas influencé sa décision à ce moment-là ?

Rétrospectivement, l’enfant impulsif peut certainement réfléchir, exprimer des remords et penser à d’autres façons de gérer la situation. Mais pour beaucoup d’enfants, leur toute première pensée est ce sur quoi ils agissent. Et dans le cas du suicide, il n’y a peut-être pas de deuxième chance. Il se peut que vous ne soyez pas capable de réfléchir et de penser à la façon de procéder autrement. Les influences dans la vie des enfants ont toujours été importantes. Mais à l’heure actuelle, les types d’influences qu’ils ont, et les sources de ces influences sont beaucoup plus variés.

Epoch Times : Vous dites que les parents ne prennent pas les statistiques de suicide du CCM aussi au sérieux qu’une épidémie d’infection. Pourquoi pensez-vous que nous sommes si hésitants à prendre conscience de cela ?

Dr. Bhargave : Il y a quelques mythes qui proviennent de la peur. Un exemple est que si vous parlez du suicide avec les enfants, ils seront plus susceptibles de le commettre. Ou si nous parlons de ce que signifie être déprimé et anxieux, ils deviendront déprimés et anxieux. Ce sont vraiment des mythes. Il n’y a aucune validité à cela. Mais cela vient d’un sentiment de peur.

Je comprends qu’en tant que parent et que personne qui travaille avec des enfants, il y a toujours un peu d’inquiétude à parler de sujets difficiles avec les enfants. Mais la réalité est que les enfants sont exposés à ces sujets difficiles et qu’ils en prennent conscience. Donc, si ce n’est pas nous qui en parlons, nous ne savons pas où ils obtiennent leur information, et nous ne savons pas quelles solutions on leur offre, ou ce qu’on les encourage à penser.

Les adultes devraient parler très ouvertement aux enfants de leur bien-être émotionnel et de leur santé mentale. Ce sont des choses dont nous devrions parler tout autant que des facteurs qui affectent notre bien-être physique. Nous parlons tout le temps aux enfants pour nous assurer qu’ils dorment suffisamment et qu’ils mangent bien, car ce sont des sujets très importants. Alors, pourquoi refusons-nous de parler de leur bien-être émotionnel ? Ce devrait être un sujet tout aussi important que le bien-être physique.

Nous devons avoir des discussions ouvertes sur le développement émotionnel et les aptitudes sociales, et nous devons intervenir plus tôt, que ce soit à l’école ou dans les familles. Nous devons avoir des discussions sur la façon de favoriser l’empathie, par exemple, et d’aider les enfants à développer leurs aptitudes émotionnelles. Nous devons les aider à identifier ce qu’ils ressentent et comment exprimer chacune de ces émotions.

Souvent, les enfants ont tendance à regrouper les émotions en deux catégories : ils se sentent bien ou mal. Les émotions sont beaucoup plus spécifiques, mais si nous ne donnons pas aux enfants le vocabulaire nécessaire, ils peuvent regrouper toutes les émotions. La colère n’est pas exprimée de la même façon que la tristesse, la peur ou la gêne. Nous devons donner aux enfants des moyens de s’exprimer de façon appropriée et précise pour que cela ne les alourdisse pas.

Quand je demande aux enfants de me décrire leurs humeurs et qu’ils ont du mal à le faire, je leur dis de sortir leur téléphone et de regarder tous les émojis faciaux. S’il n’y avait que deux émotions, bonnes ou mauvaises, il n’y aurait que deux visages.

C’est juste une façon de leur montrer visuellement qu’il y a une complexité dans les émotions, et que pourtant ça vaut la peine d’exprimer spécifiquement ce que vous ressentez pour que ça ne s’accumule pas.

Epoch Times : Puisque nous vivons à une époque si polarisée, le message d’inclusion n’est pas trop souvent entendu.

Dr. Bhargave : C’est une tendance qu’il faut aborder de front, car nous nous dirigeons vers une situation où nous exprimons nos différences beaucoup plus que nous ne nous concentrons sur les choses qui nous rendent tous semblables. Malgré toutes les choses qui nous divisent, il n’y a rien que vous ayez ressenti que je n’ai pas ressenti. Nos états émotionnels sont un point commun. Nous nous sommes tous sentis tristes, fâchés, embarrassés, déçus ou heureux à un moment ou à un autre de notre vie. C’est une base à partir de laquelle nous pouvons trouver d’autres points communs entre nous. Je ne pense pas que nous ayons suffisamment de discussions sur ce qui nous rend tous plus semblables, même dans nos propres foyers.

Epoch Times : Y a-t-il des signes évidents qu’un jeune a besoin d’aide et n’arrive pas à surmonter ses difficultés ?

Dr. Bhargave : Il y a certainement des signes d’avertissement chez les enfants qui ont des difficultés. Même si nous ne pouvons pas identifier exactement quel enfant est en train de se faire à l’idée qu’il n’a plus sa place ici et qu’il veut mourir, nous pouvons certainement intervenir tôt auprès de l’enfant qui se sent ostracisé, accablé, découragé ou même de l’enfant qui est plus irritable et qui se manifeste davantage.

Lorsque nous parlons des troubles de l’humeur chez les enfants, nous constatons qu’ils ne les vivent pas toujours de la même façon que les adultes. Quand j’utilise le mot dépression, les gens pensent à la tristesse, mais le symptôme numéro un de la dépression chez les adolescents est en fait l’irritabilité. Donc, quand vous trouvez que votre enfant est facilement irrité et frustré intérieurement et extérieurement, c’est un signe qui doit nous amener à lui demander : « Est-ce que ça va ? ».

Je ne pense pas qu’on fasse assez de choses pour faire le point avec chacun d’entre eux. Il n’est pas nécessaire de chercher beaucoup pour savoir comment il va vraiment. « J’ai remarqué dernièrement que tu es seul et que tu sembles frustré. J’ai remarqué que tu restes souvent dans ta chambre ». Commencez la conversation. Faites le point régulièrement et périodiquement avec votre enfant. En tant que guide dans la vie des enfants, c’est une chose à laquelle j’encourage les adultes à réfléchir.

Epoch Times : Quelle est la meilleure façon d’approcher les enfants qui pourraient avoir des difficultés ? Et quelles attitudes devrions-nous éviter ?

Dr. Bhargave : Se mettre dans une position où on dit à quelqu’un d’autre ce qu’on ressent exige un certain degré de vulnérabilité. Nous devrions montrer aux enfants ce que signifie être vulnérable, ce que signifie pouvoir être en contact avec ses propres sentiments, et cela vaut pour les hommes et les femmes. Nous devons faire savoir aux jeunes filles et garçons qu’ils peuvent parler de leurs sentiments à des personnes qui leur sont proches. Les idées culturelles selon lesquelles les vrais garçons ne pleurent pas, ou les jeunes filles ne devraient se comporter que d’une certaine façon – nous allons devoir remettre en question ces stéréotypes parce que cela ne sert plus nos enfants.

Montrez-leur que ce n’est pas un tabou. Ayez ces discussions régulièrement à table. Faites-leur savoir qu’ils peuvent parler s’ils ont des difficultés avec ce qu’ils pensent ou ressentent. Nous devons créer un espace où il est acceptable de le faire.

Souvent, les parents me disent : « Comment parler avec mon enfant ? » Eh bien, lorsque vous annoncez que vous allez avoir une « discussion », déjà, ça s’annonce de mauvais augure et inconfortable. Mais si vous établissez un rituel quotidien pour parler avec eux, ils y seront habitués et sauront à chaque fois à quoi s’attendre.

Il y a des points de crise où il faut avoir une discussion. Toutes les collectivités ont été touchées par le suicide à un moment donné, et ce que je constate dans ma petite collectivité où il y a eu un autre cas malheureux d’un jeune qui s’est suicidé, c’est que tout le monde se demande comment en parler. Mais il s’agit plutôt d’avoir une série de discussions à partir du moment où ils sont jeunes jusqu’à la fin pour s’assurer que le bien-être émotionnel est prioritaire. C’est ce qui est important.

Epoch Times : Qu’est-ce qui pousse les enfants au suicide ?

Dr Bhargave : Beaucoup d’enfants accumulent des émotions. Par exemple, ils peuvent être victimes d’intimidation, se disputer avec un ami, décevoir un enseignant en ne réussissant pas un examen ou avoir des ennuis avec leurs parents pour une chose qu’ils ont faite.

Ce genre de choses peut sembler être des choses quotidiennes de la vie, qui arrivent aux enfants, mais si ces choses arrivent à un enfant qui se sent déjà découragé, qui ne se sent pas assez bien, ou qui a une faible estime de soi, alors ces choses que nous considérons comme faisant partie de l’enfance normale sont en fait beaucoup plus lourdes pour cet enfant.

Mais le suicide, l’acte de s’enlever la vie, est un moment où on ne voit aucune issue. J’ai parlé à des enfants qui ont été suicidaires et qui ont essayé de décrire comment c’était à ce moment-là, et ils ne voyaient aucune raison de continuer de vivre. Heureusement, la plupart des gens qui ont eu des pensées suicidaires finissent par penser à quelque chose à quoi ils peuvent s’accrocher. Ça peut être l’idée que mettre fin à leur vie affecterait trop gravement leurs parents. Hier, une jeune m’a dit que c’était à cause d’un chat. Son chat est entré dans la pièce, et c’est la raison pour laquelle elle a cessé d’y penser.

Vous espérez qu’il y a quelque chose qui leur vient à l’esprit et qui leur donne un sentiment d’appartenance, un but et de l’espoir. Au bout du compte, l’espoir est ce qui nous permet de continuer à vivre quand nous traversons une période difficile. Mais si vous avez un moment où il vous est difficile de penser à ce qu’il faut espérer, c’est là que vous allez mettre fin à votre vie.

Pour moi, l’espoir est simplement la possibilité qu’il y ait quelque chose de bien. Quand vous êtes gravement déprimé et que les circonstances dans votre vie vous font penser qu’il n’y a aucune raison pour laquelle vous voudriez continuer à vivre, il est parfois très, très difficile de trouver de l’espoir.

Quand vous vous sentez déprimé et désespéré, contactez quelqu’un. Je sais que c’est parfois la chose la plus difficile à faire dans ces moments-là, mais c’est la chose la plus importante. Tendre la main à un ami, un adulte ou un guide. Si vous ne connaissez personne dans votre vie, il est parfois préférable de tendre la main à quelqu’un qui est anonyme et qui, selon vous, ne pourra pas vous juger. Dans ce cas, communiquez avec une ligne téléphonique de prévention du suicide, ci-dessous.

Mais tendez juste la main. Si vous ne trouvez pas de raison de vous accrocher, laissez quelqu’un d’autre vous aider.

Coordonnées d’organismes de prévention du suicide
– Partout dans le monde, vous pouvez appeler « Jeunesse, J’écoute » au 1-800-668-6868.
– En France, au :
« Fil santé jeunes » : 0800 235 236 (numéro gratuit, plutôt à destination des jeunes)
« Suicide Écoute » : 01 45 39 40 00 (appels 24 h/24).
« SOS Suicide Phénix » : 01 40 44 46 45 (horaires, aide téléphonique et hospitalité).
« Sos amitié » : Écoute par téléphone et internet, également pour les anglophones (messagerie instantanée, emails).
« Croix-Rouge Écoute » : 0 800 858 858 (appel gratuit et anonyme).
– En Belgique au 0800 32 123.
– Au Québec, au 1-866-APPELLE.
– Au Royaume-Uni, appelez les Samaritans au 08457 90 90 90 ou ou par courriel à l’adresse jo@samaritans.org.
– En Australie, la ligne d’assistance téléphonique en cas de crise est le 13 11 14.
– D’autres lignes d’assistance téléphonique de prévention du suicide dans le monde peuvent être consultées à l’adresse suivante, en anglais : www.befrienders.org.

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