Qu’est-ce que le syndrome de la cabane, cette peur liée au confinement, et comment le surmonter

Par Nathalie Dieul
20 avril 2021
Mis à jour: 20 avril 2021

Avec les confinements à répétition, la peur de sortir à nouveau dans ce monde dans lequel on n’a plus de repères est née chez certains. Des psychologues, qui appellent ce nouveau trouble anxieux le « syndrome de la cabane », nous donnent quelques conseils pour le surmonter.

Ce n’est pas un trouble officiellement « reconnu » en psychiatrie, mais une expression née d’une nouvelle réalité vécue par certains en cette période de confinements. Alors qu’une majorité de personnes n’attendent qu’une chose, sortir de chez eux et retrouver une vie normale, d’autres ont de la difficulté à reprendre une vie sociale et ne veulent pas se déconfiner.

Qu’on l’appelle « syndrome de la cabane », « syndrome de l’escargot » ou « syndrome du prisonnier », « ce syndrome touche des personnes de tous les âges et de tous profils. Insidieusement, elles se renferment, s’isolent chez elles, et n’ont plus envie de sortir, d’affronter le monde extérieur », explique à France 3 Viola Choain, psychologue clinicienne à Reims.

Même si ce syndrome touche toutes les classes d’âge, les étudiants et les jeunes professionnels sont particulièrement touchés. « Beaucoup connaissent des déprimes et remettent tout en cause : leur choix d’études, leurs choix professionnels. Ils n’ont même plus envie de sortir », constate la spécialiste. « Toute leur vie est compromise. Ils n’ont plus la possibilité de sortir, d’échanger, de faire la fête, de faire des rencontres amoureuses. »

« Il est intéressant de noter que ce n’était pas la santé mentale des étudiants qui bénéficiaient d’un suivi en santé mentale avant la Covid-19 qui s’empirait, mais celle d’autres étudiants inconnus par les services psychiatrique jusque-là », remarque le psychologue Pierluigi Graziani, en entrevue auprès de nos confrères de Femme actuelle.

Les êtres humains ont besoin d’un bon équilibre entre moments sociaux et solitude afin d’avoir une bonne santé psychologique. L’alternance entre les deux permet à chacun de réguler son humeur.

« La pandémie modifie cette alternance ‘idéale’ et impose un isolement social. Le risque est que la personne se conforme à cette solitude et ne recherche pas de situations sociales quand elle en a la possibilité », assure Pierluigi Graziani, spécialiste de la thérapie comportementale, cognitive et émotionnelle.

Parmi les conseils qu’il donne à ceux qui souffrent du syndrome de la cabane, le psychologue recommande de garder contact avec ses amis, même à distance, et d’augmenter les interactions sociales dès que possible. Il suggère aussi de garder un rythme de vie régulier en dormant la nuit et en s’activant le jour, en prenant soin de soi et de son apparence, en faisant régulièrement de l’exercice physique ainsi que de la méditation ou du yoga. Il ne faut pas hésiter à se forcer un peu, même si vous manquez d’envie de faire ces choses, afin d’activer votre cerveau.

Finalement, si cela ne suffit pas, n’hésitez pas à demander l’aide de professionnels. Renseignez-vous si vous n’avez pas beaucoup de revenus, certains psychologues participent à des programmes destinés à des personnes en situation de précarité. Par exemple, l’université Reims Champagne-Ardenne (URCA) prend en charge trois à six séances chez un psychologue, sur ordonnance d’un médecin, ce qui permet aux étudiants de consulter sans rien avoir à débourser.

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