Qui mise encore sur la Grèce?

22 avril 2015
Mis à jour: 27 octobre 2015

 

Mercredi dernier, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, était à New York pour rassurer les marchés, sur le problème de la dette grecque. Le lendemain, les risques de voir le pays quitter la zone euro en raison de sa dette, sont plus élevés que jamais.

«Puisque personne ne veut endosser le maintien de la Grèce dans la zone euro d’ici à la fin de l’année, nous avons décidé de retirer la fiche du marché jusqu’à ce qu’a la prise d’une décision ferme c’est à dire celle de son maintien ou de sa sortie de la zone», expliquait Graham Sharpe du bookmaker britannique William Hill.

Si personne ne veut miser sur le maintien de la Grèce dans l’euro, estime William Hill, c’est qu’il n’y a pas de marché.

Un autre marché cependant prend des paris sur la Grèce et les cotes ne sont pas bonnes. Les rendements obligataires grecs sur trois ans ont atteint les 25% le 16 avril, alors qu’ils n’étaient que de 5% une grande partie de l’année 2014.

Le problème est précisément la dette qui engage la Grèce envers des institutions internationales comme le Fonds monétaire international (FMI). Selon le Financial Times, la Grèce a officieusement demandé au FMI, un report de ses versements de fonds, dont les 1,05 milliards de dollars, échus en mai.

En tant que plus ancien prêteur, le FMI est presque toujours remboursé à temps. Seuls des pays extrêmement pauvres ou des États voyous comme le Soudan ou la Corée du Nord ont déjà manqué à leurs engagements auprès du FMI. Les responsables du Fonds international préviennent qu’ils ne discuteront que d’un retard de versements dans le cadre d’un vaste programme de restructuration – le second en seulement trois ans.

Certains experts estiment que la sortie de la Grèce de la zone euro, pourrait avoir des conséquences catastrophiques, pour le pays lui-même, si ce n’est pour l’économie mondiale.

Et là encore, Schäuble relativise les effets négatifs pour les marchés mondiaux ou pour l’économie qui seraient d’après lui, limités. «Il n’y aura aucune contagion des marchés. La Grèce n’est pas un poids lourd de l’économie de l’eurozone dans son ensemble», analyse-t-il. «Les marchés ont déjà anticipé les risques éventuels. Rien ne se passera.»

Son homologue du Trésor américain, Jack Lew, préfère jouer la sécurité: «Ce ne serait pas une bonne chose pour une économie mondiale qui se remet à peine d’une récession profonde, d’avoir ce genre d’incertitude à absorber», nuançait-il ce mercredi à Washington.

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