Quimper : un Comorien jugé pour des injures racistes et des violences sur un quadragénaire qui promenait son chien

Par Séraphin Parmentier
14 décembre 2019
Mis à jour: 14 décembre 2019

Âgé de 22 ans, le suspect est sans domicile fixe depuis son expulsion du foyer des jeunes travailleurs de Quimper.

Les faits ont eu lieu le mardi 10 décembre à Quimper, dans le Finistère.

Vers 22h20, un homme de 43 ans promène son chien sur les quais de l’Odet, à proximité du théâtre Max-Jacob, lorsqu’un individu d’origine comorienne l’aborde pour lui demander une cigarette.

Le promeneur refuse et se fait copieusement insulter. Pendant que les deux hommes se disputent, un mineur originaire de Madagascar, ami de l’agresseur, intervient à son tour et assène plusieurs coups de bâton dans le dos de la victime.

Celle-ci recevra également une canette de bière au visage et son chien sera lui aussi molesté.

Les agresseurs finissent par se sauver, mais le quadragénaire parvient à les rattraper au niveau du pont de La Poste.

La rixe se poursuit et la victime reçoit un pot de fleurs dans le thorax avant d’être maintenue au sol par le jeune Comorien, tandis que son acolyte la frappe à coups de bâtons, notamment à la tête.

L’arrivée de témoins et des forces de l’ordre permettra de mettre un terme à l’agression. Si le mineur malgache réussit à prendre la fuite – il a toutefois été appréhendé depuis –, son complice est immédiatement interpellé par la police.

Prise en charge par les secours, la victime souffre d’un traumatisme crânien, d’une plaie au cuir chevelu, d’une entorse du pouce gauche et de contusions, rapportent les journalistes du quotidien local Côté Quimper.

Elle se verra prescrire 14 jours d’Interruption totale de travail (ITT).

« Cette violence gratuite est inqualifiable »

Le vendredi 13 décembre, l’agresseur d’origine comorienne comparaissait devant le tribunal correctionnel de Quimper dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate pour des violences en réunion avec arme et des injures racistes.

Âgé de 22 ans, il est sans domicile fixe depuis qu’il a été expulsé du foyer des jeunes travailleurs de Quimper il y a une quinzaine de jours.

« J’avais bu. Je lui ai peut-être donné deux ou trois coups de poing. Mais cet homme m’a insulté en me traitant de sale Noir », s’est défendu le prévenu pendant l’audience.

Une version différente des trois précédentes qu’il a livrées depuis sa garde à vue selon Côté Quimper.

Interrogée par le tribunal, la victime – dont le visage porte encore les stigmates de l’agression sauvage qu’il a subie – réfute vigoureusement les allégations de son agresseur.

« Je n’ai jamais prononcé d’insultes racistes. Dans mon centre de formation professionnelle, nous accueillons des jeunes en difficulté dont des mineurs étrangers isolés, pour les aider à s’insérer », assure le quadragénaire, avant d’ajouter : « Je n’ai jamais vu autant de haine et de violence. »

« Toute cette haine est partie d’une cigarette »

La présidente du tribunal énumère alors les injures que l’accusé est lui-même soupçonné d’avoir proféré à l’encontre de la victime : « Sale pédé, sale pute. Tu vas crever sale Blanc. »

« Pour vous, Monsieur, c’est quoi un pédé ? Qu’est-ce que cela veut dire ? » s’enquiert alors la présidente. « C’est juste une insulte comme ça », rétorque le prévenu.

« Toute cette haine est partie d’une cigarette, c’est-à-dire de rien. Cette violence gratuite est inqualifiable. Chacun a le droit de se promener dans la rue pour promener son chien. Donc pas de pitié », souligne le procureur de la République Dominique Thailardat, qui requiert huit mois de prison ferme avec maintien en détention.

L’accusé a finalement été condamné à une peine de dix mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Quimper. Il a l’interdiction de détenir une arme pendant cinq ans et l’interdiction de séjourner en Bretagne et en Loire-Atlantique pendant dix ans.

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