Quimper : un policier affronte un caïd de cité dans un incroyable combat de boxe

Par Séraphin Parmentier
21 septembre 2019 Mis à jour: 21 septembre 2019

Mis au défi par un jeune d’origine tchétchène « qui serait aujourd’hui considéré comme l’un des caïds les plus en vue de Kermoysan », un gardien de la paix a décidé de ne pas se dégonfler et d’affronter son adversaire sous les yeux des jeunes du quartier.  

Une semaine après les graves violences qui ont eu lieu dans le quartier de Kermoysan, une vidéo montrant un policier affronter « un petit caïd présumé » dans le cadre d’un combat de boxe « à la loyale » circule sur les réseaux sociaux.

Selon Le Télégramme, le combat s’est déroulé mercredi dernier, rue du Poitou, une artère rongée par le trafic de drogues où plusieurs voitures ont été brûlées pendant la soirée de violences du 10 septembre.

Invité à se battre par un jeune homme d’origine tchétchène « dont l’aura a grandi dans le quartier et qui serait aujourd’hui considéré comme l’un des caïds les plus en vue de Kermoysan », Kevin Richard, un policier d’une trentaine d’années qui continue à essayer de mettre des bâtons dans les roues des trafiquants, a décidé de relever le défi.

Une décision mûrement réfléchie par le gardien de la paix, soucieux de ne pas donner l’impression qu’il se « dégonflait » aux jeunes du quartier et de leur prouver qu’il continuerait à tenir tête aux délinquants et aux voyous qui sévissent dans la cité de Kermoysan.

D’après le quotidien régional, Kevin Richard connaissait bien son adversaire du jour puisqu’ils avaient fréquenté le même club de boxe quimpérois pendant plusieurs années.

« Regagner le respect des jeunes de Kermoysan »

C’est à bord d’une voiture de patrouille et accompagné d’un collègue que le policier s’est présenté sur le lieu de rendez-vous le 18 septembre en fin d’après-midi.

Équipés de protège-dents et de gants de boxe, les deux protagonistes se sont ensuite livrés un duel qui n’aura pas duré plus de trois minutes. À bout de souffle, le caïd a en effet fini par jeter l’éponge.

Les journalistes bretons affirment que les jeunes de Kermoysan seraient venus serrer la main du gardien de la paix une fois le combat terminé.

« En cela, le policier a atteint le but qu’il recherchait : regagner le respect des jeunes de Kermoysan, renouer le dialogue, au risque de prendre un mauvais coup. Il leur aurait rappelé qu’il était un policier de terrain qui continuerait toujours à faire son travail », rapporte Le Télégramme.

Ce samedi, le quotidien a cherché à joindre la direction départementale de la sécurité publique afin de connaître les suites que la hiérarchie policière envisageait de donner à cette affaire, sans succès.

« Je ferai tout pour qu’il ne soit pas trop sanctionné »

Conseiller municipal et adjoint aux Finances de la mairie quimpéroise, Georges-Philippe Fontaine a tenu à témoigner son soutien au policier : « Le sport est passé en premier. Ils ont trouvé un langage commun, la boxe, alors que les messages entre policiers et jeunes des quartiers ne passent plus. Je soutiens ce policier à fond et j’espère qu’il trouvera de la mansuétude sur son chemin. »

Mis au courant des évènements dans la soirée du 20 septembre, le maire (LR) de Quimper Ludovic Jolivet a également apporté son soutien à Kevin Richard : « C’est un très bon policier, aux états de service irréprochables. Je ferai tout pour qu’il ne soit pas trop sanctionné. »

Selon Le Télégramme, le gardien de la paix, « athlète reconnu et marathonien à ses heures », présente en effet des états de service « qui forcent le respect ».

« Il a, notamment, à trois reprises, sauvé de la noyade des personnes tombées dans l’Odet, dans le centre-ville de Quimper. Il a, pour cela, été décoré de la médaille de la bravoure », souligne le quotidien régional.

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