Un rapport met en garde contre les risques d’investissements chinois en Europe occidentale

Par Nick Gutteridge
28 juin 2019 Mis à jour: 21 juillet 2019

BRUXELLES – Un récent rapport suggère que l’Union européenne (UE) et l’OTAN devraient prendre des mesures « vigoureuses », y compris envisager des sanctions, pour contrer la menace croissante que représentent les investissements chinois pour les démocraties occidentales.

Alliance for Securing Democracy, un groupe de soutien de la coopération transatlantique affilié à German Marshall Fund (GMF), met en garde que Pékin utilise son influence économique pour « rendre le monde plus favorable à l’autoritarisme ».

Il souligne que l’Europe devient paralysée à cause de sa « division » sur les principaux problèmes de sécurité posés par la Chine, y compris la question de savoir si le géant des télécommunications d’État chinois Huawei devrait être autorisé à fournir ses services 5G sur le continent.

Le rapport critique les gouvernements de l’UE et de l’OTAN pour ne pas prendre la menace posée par les actions de la Chine aussi au sérieux que celles de la Russie, déclarant que les deux pays tentent de saper fatalement l’Occident. Il indique que Pékin utilise les investissements à grande échelle, en particulier dans des pays comme la Grèce et la République tchèque, comme « un moyen de limiter la capacité de l’UE à contrer la Chine sur le plan diplomatique ».

Les auteurs soulignent que la Grèce, en particulier, s’est toujours opposée à une approche européenne plus ferme à l’égard des transgressions chinoises, en particulier sur des questions telles que les violations des droits de l’homme.

En 2016, une société d’État chinoise a acquis une participation majoritaire dans le port du Pirée – qui sert de port à Athènes, la capitale grecque – ce qui a permis de redresser la situation financière de ce port, mais a alarmé certains alliés européens de la Grèce.

« La Russie et la Chine exploitent leurs ressources nationales et leurs activités commerciales pour augmenter leur influence sur les gouvernements européens, pour les affaiblir, pour les forcer de changer leur politique et pour former des lobbys influents », indique le rapport.

Il met également en garde contre les tentatives de la Chine de diviser l’UE en développant des relations avec des « États européens plus amicaux » au détriment de l’unité de l’Europe.

« Lorsque la Chine promet des milliards d’euros, de nombreux pays européens font face à un choix entre des gains économiques pragmatiques à court terme et leur approche stratégique à long terme envers des défis qui sont en train d’émerger. »

Les experts du rapport soulignent que la Chine et la Russie se sentent capables d’agir en toute impunité. Elles ne craignent pas les répercussions de la part de l’UE qui est souvent ouvertement divisée sur les décisions de politique étrangère demandant l’unanimité de ses membres.

« La Russie, la Chine et d’autres régimes autoritaires continueront d’exploiter la vulnérabilité de l’Europe tant qu’elles n’auront pas à faire face à des répercussions coûteuses sur leurs actions », martèlent-ils.

« Exposer et attribuer les attaques aux régimes qui les commettent, ainsi que prendre des mesures proportionnées et durables en réponse, incluant des sanctions – ces mesures vont envoyer un message clair que les violations flagrantes du droit international et l’ingérence subversive dans les démocraties ne seront pas tolérées par l’Europe. »

Les auteurs du rapport conseillent aux dirigeants européens de renforcer leur critique publique du régime chinois, en précisant : « Se prononcer contre un comportement inacceptable est particulièrement important, et cela n’est pas assez courant par rapport à la Chine. »

Ils ajoutent que l’OTAN et l’UE n’accordent pas beaucoup d’attention aux investissements économiques, à l’espionnage et au progrès technologique de la Chine « qui sont utilisés par le gouvernement chinois pour s’ingérer dans les démocraties transatlantiques et menacer la sécurité transatlantique ».

Le rapport indique également que les gouvernements européens devraient empêcher le géant de la téléphonie mobile Huawei de fournir à leurs pays des éléments sensibles de l’infrastructure de télécommunications de cinquième génération (5G). Il met en garde que cette société est redevable à l’État chinois.

« Malgré les avertissements de plusieurs agences nationales de renseignement sur les risques sécuritaires posés par Huawei, plusieurs démocraties européennes hésitent à exclure ses produits des futurs réseaux 5G », peut-on lire dans le rapport.

« Permettre aux sociétés affiliées au gouvernement chinois – un État connu pour mener fréquemment des cyberattaques – d’installer l’infrastructure 5G sur le continent, crée des risques supplémentaires inutiles et sacrifie la sécurité à long terme des pays européens en échange des intérêts économiques à court terme. »

Parmi les autres recommandations que le rapport soumet à l’intention des gouvernements européens figurent la nomination d’un coordinateur principal de l’UE chargé des questions de l’ingérence étrangère et la création d’une agence centrale de lutte contre le blanchiment d’argent.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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