Récidiviste de Nantes et insécurité… une « surenchère populiste », selon Dupond-Moretti

Par Epoch Times avec AFP
1 septembre 2020
Mis à jour: 1 septembre 2020

Pour le ministre de la Justice, la « France, ce n’est pas un coupe-gorge » et le « sentiment d’insécurité » est un « fantasme ».

Eric Dupond-Moretti a promis ce mardi des « sanctions » en cas de dysfonctionnement de la justice après le meurtre et le viol d’une adolescente par un multirécidiviste à Nantes, et dénoncé la « surenchère populiste » sur ce drame en récusant tout « ensauvagement » de la société.

« Si la justice a dysfonctionné, il y aura des sanctions », a assuré le ministre de la Justice sur Europe 1, en expliquant avoir « demandé une inspection » sur ce « crime atroce ».

Adolescente violée et tuée par un pédocriminel multiréciviste

Le 20 août, une adolescente de 15 ans a été violée et tuée par un pédocriminel multiréciviste, qui a avoué le meurtre samedi. Condamné à dix-huit ans de réclusion criminelle en 2005, sorti de prison en 2016, cet homme de 45 ans bénéficiait d’une remise de peine avec un suivi socio-judiciaire pendant dix ans. « À cet instant précis, on peut penser que la justice a fait le suivi », a estimé M. Dupond-Moretti.

« La France, ce n’est pas un coupe-gorge »

« Après un drame comme celui-là, on doit se taire. Et on n’est pas obligé de faire dans la surenchère populiste », a ajouté le ministre. « La France, ce n’est pas un coupe-gorge », s’est-il indigné, en rappelant que le taux de réponse pénale est « de plus de 90% ». Pour lui, « on ne peut pas dire que la justice ne fonctionne pas ».

Le rétablissement des peines plancher ou de la rétention de sûreté, qui permet le placement de détenus qui ont exécuté leur peine mais présentent toujours un risque élevé de récidive dans des centres de soin, « ça n’arrangera rien », a-t-il jugé. « Il n’y a aucun système qui permet la rémission des crimes ».

En revanche, « il y a un vrai sujet, c’est la réaction de la justice qui parfois est tardive », a-t-il reconnu, en promettant des mesures pour inventer « une réponse qui soit immédiate à la petite délinquance ».

« Ensauvagement de la société »

M. Dupond-Moretti a par ailleurs récusé « l’ensauvagement de la société » dénoncé par la droite et par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin et la ministre déléguée à la citoyenneté Marlène Schiappa. « L’ensauvagement, c’est un mot qui (…) développe le sentiment d’insécurité », a-t-il estimé. Or, « pire que l’insécurité, il y a le sentiment d’insécurité » qui est « de l’ordre du fantasme » et est nourri par « les difficultés économiques » et « certains médias ».

« Bien sûr, sur le terrain économique, la droite n’a rien à opposer au président de la République, donc elle vient sur les sujets régaliens et sécuritaires », a-t-il ironisé. Pour montrer que la justice agit, il a annoncé son intention de communiquer plus souvent. « Pour M. Dupond-Moretti, le sentiment d’insécurité est un ‘fantasme’ et en parler revient à s’adresser aux ‘bas instincts’ des Français », a réagi Marine Le Pen sur Twitter. La patronne du Rassemblement national a estimé que « les tweets de M. Darmanin cachent mal la réalité : une politique laxiste, déconnectée et méprisante envers les Français ».

 

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