Des peintures de grottes asiatiques datant de 40.000 ans déconcertent les archéologues

26 avril 2019 Mis à jour: 27 avril 2019

La plus ancienne peinture rupestre connue au monde n’a pas été trouvée en Europe, mais en Indonésie.

Selon une étude, la peinture d’un animal, découverte sur l’île de Bornéo, remonte à au moins 40 000 ans, ce qui est encore plus ancien que les célèbres peintures rupestres de France et d’Espagne.

« La plus ancienne image d’art rupestre que nous ayons datée est une grande peinture d’un animal non identifié, probablement une espèce de bétail sauvage que l’on trouve encore dans les jungles de Bornéo », a déclaré Maxime Aubert, archéologue et géochimiste de l’Université Griffith en Australie, auteur principal de cette étude. « C’est aujourd’hui la plus ancienne œuvre d’art figuratif connue », selon USA Today.

Les peintures ont environ 4 000 ans de plus que les plus anciennes, qui ont été trouvées à Célèbes, en Indonésie.

En ce qui concerne le contenu du tableau, « nous pensons que ce n’était pas seulement de la nourriture pour eux – cela signifiait quelque chose de spécial », dit l’archéologue.

« Qu’il s’agisse d’une coïncidence, du résultat d’une convergence culturelle dans des régions largement séparées, de migrations à grande échelle d’une population eurasienne distincte ou d’une autre cause, cela reste inconnu », indique l’étude.

En attendant, « qui étaient les artistes de l’époque glaciaire de Bornéo et ce qui leur est arrivé est un mystère », a déclaré Pindi Setiawan, co-auteur de l’étude.

Les peintures trouvées à Célèbes dans les années 1950 ont d’abord été banalisées comme ayant environ 10 000 ans, car les scientifiques croyaient qu’elles n’auraient pas pu subsister dans les climats tropicaux.

« Les peintures ont été réalisées avec du pigment minéral naturel ocre – probablement l’hématite de fer – que les chasseurs-cueilleurs ont broyé en poudre et mélangé avec de l’eau ou d’autres liquides pour créer une peinture. Il y a longtemps, les murs et les plafonds des grottes étaient peut-être recouverts d’images qui offrent une fenêtre sur l’esprit des occupants de l’ère glaciaire », selon un article paru dans The Guardian en 2014, qui comprend une empreinte à la main.

En regardant les peintures de 2014, les détails sur les dessins d’animaux sont « vraiment, vraiment bien faits », a déclaré Aubert dans une interview téléphonique depuis Jakarta, en Indonésie. « Ensuite, quand on le regarde dans son contexte, on s’aperçoit qu’il a en réalité 40 000 ans, c’est incroyable », selon l’Associated Press.

Le paléoanthropologue John Shea, de l’Université Stony Brook de New York, qui n’a pas participé à l’étude, a qualifié cette découverte d’importante, qui change ce que la science pense des premiers humains et de l’art.

Avant cette découverte, les experts croyaient que tout avait débuté en Europe, à savoir comment, quand et où les humains ont commencé l’art, dit Dr Aubert. Savoir quand l’art a commencé est important parce que « ça nous définit en quelque sorte » en tant qu’humains, a-t-il dit.

Le paléoanthropologue a dit dans un e-mail : « Dans la mesure où beaucoup d’entre nous auraient du mal à reproduire de tels tableaux, ils[les gens qui peignaient dans les grottes indonésiennes] ont peut-être même été nos supérieurs à cet égard. »

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