Le régime chinois oblige les banques chinoises et leurs investisseurs à sacrifier 195 milliards€

Par Fan Yu
30 juin 2020
Mis à jour: 30 juin 2020

Le régime chinois veut que son secteur bancaire partage la douleur et contribue à relancer une économie en déclin, à hauteur de 1,5 billion¥ (195 milliards €).

Pour lutter contre le pire ralentissement économique des 40 dernières années, alors que le pays tente de se remettre de la crise du virus du PCC*, le Conseil d’État du Parti communiste chinois (PCC) a demandé à ses banques de renoncer à des bénéfices pouvant atteindre 1 500 milliards ¥.

C’est une demande sans précédent et étonnante qui rappelle que la Chine, sous le PCC, est toujours fondamentalement une économie socialiste et dirigée.

Il y a beaucoup de choses à examiner sur plusieurs fronts. Tout d’abord, Pékin va au-delà de ses instruments traditionnels de politique monétaire pour stimuler l’économie. Deuxièmement, les banques vont souffrir financièrement, car le gouvernement central réduit ses profits pendant une période où les bénéfices pourraient déjà être maigres, voire nuls, étant donné le nombre prévu de défauts de remboursement de prêts.

Troisièmement et surtout, cela envoie un message terrible aux actionnaires – dont beaucoup sont des investisseurs étrangers. Les actionnaires ont peu de droits sur les activités des entreprises qu’ils croient posséder, et ces entreprises à but lucratif peuvent, sans préavis, devenir des organisations à but non lucratif au service du PCC. Ce n’est probablement pas ce à quoi les actionnaires ont adhéré lorsqu’ils ont acheté leurs actions bancaires.

CHINE : CE QUE VOUS DEVEZ SAVOIR

Les marges des banques se resserrent

Le Conseil d’État, ou cabinet chinois, a annoncé ce coup de force à la mi-juin. Bien que la forme que cela prendra varie, les banques devraient abaisser leurs taux de prêt, réduire les frais et les commissions de service, reporter les remboursements des prêts existants et accorder davantage de prêts non garantis aux petites entreprises. Les prêts non garantis sont des prêts accordés sans privilège sur les actifs d’une entreprise, qui offrent un certain niveau de garantie en cas de défaillance de l’emprunteur.

Sur le plan économique, l’annonce s’apparente à une relance politique, même si Pékin ne sacrifie pas son budget d’État. Il en fait supporter le coût aux institutions financières du pays et, en fin de compte, à leurs investisseurs sans défense.

À un niveau très élevé, le modèle commercial d’une banque consiste à gagner de l’argent sur les écarts d’intérêt. Elle tente de prêter ou d’investir à un taux d’intérêt plus élevé que celui qu’elle doit payer aux déposants ou aux créanciers. Le fait d’obliger les banques à prêter à des taux plus bas comprime les revenus sans diminution correspondante du coût du financement.

Et les banques chinoises étaient déjà confrontées à un stress sans précédent avant même le mandat de sacrifier les profits.

De nombreux emprunteurs sont confrontés à des problèmes de solvabilité, et le niveau des prêts non productifs (NPL) est appelé à augmenter. S&P Global s’attend à ce que le ratio de prêts non productifs officiellement déclaré par les banques chinoises soit d’environ 2,2 % en 2020, soit une légère augmentation par rapport au ratio de 1,74 % de 2019. Officieusement, S&P estime que les actifs non performants du secteur augmenteront pour atteindre 7,25 % en 2020, soit une hausse de 2 % par rapport à l’année dernière.

L’UBS (une société de services financiers dont les sièges sont à Zurich et à Bâle, en Suisse) estime que dans un cas où la croissance économique de la Chine est de 4,8 % par an jusqu’en 2021, le secteur bancaire chinois pourrait voir ses bénéfices diminuer de 39 %, selon un rapport de Bloomberg.

Le mépris des actionnaires

Les actions des banques chinoises ont diminué dans les bourses de Hong Kong et de Chine continentale depuis le 16 juin, date à laquelle les mesures ont été proposées.

Un mandat de Pékin obligeant les banques à sacrifier les profits, c’est-à-dire à contraindre les propriétaires des banques à assumer des pertes sur ordre du PCC, est une violation des protocoles de gouvernance d’entreprise. Il rappelle une fois de plus aux investisseurs étrangers que les entreprises chinoises sont inaptes à l’investissement.

Le 27 mai, la Commission d’examen de l’économie et de la sécurité (USCC) a publié un rapport avertissant les régulateurs américains que les banques chinoises représentent une menace systémique de plus en plus inquiétante, car un nombre croissant d’épargnants, de retraités et de comptes de retraite américains possèdent des actions chinoises, y compris dans des institutions financières chinoises.

« Ils restent redevables à l’État et sont soutenus par lui », indique le rapport. « Le parti-État communiste conserve la capacité d’intervenir de manière décisive dans le système bancaire pour obtenir les résultats souhaités. »

Les entreprises chinoises – dont un grand nombre de ses banques – font partie des indices MSCI et FTSE Russell des marchés émergents et des marchés mondiaux. Les obligations nationales chinoises onshore constituent également une partie de l’indice Bloomberg Barclays Global Aggregate Index, largement suivi. Et de nombreux fonds d’investissement populaires aux États-Unis sont mandatés pour suivre les indices en achetant des titres émis par des sociétés chinoises.

En quelques semaines seulement, le rapport de l’USCC s’est révélé dangereusement prémonitoire.

* Epoch Times qualifie le nouveau coronavirus, à l’origine de la maladie Covid-19, de « virus du PCC » parce que la dissimulation et la mauvaise gestion du Parti communiste chinois ont permis au virus de se propager dans toute la Chine et de créer une pandémie mondiale.

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