Le régime iranien veut se venger de Soleimani tandis qu’il fait face aux défis à son règne

Par Michael Ledeen
9 janvier 2020 Mis à jour: 9 janvier 2020

Après que Qassem Soleimani a été tué par des drones américains, le régime iranien a ordonné à tout le pays de le pleurer.

Beaucoup d’Iraniens ne l’ont pas fait, même si Ali Khamenei, le chef suprême de l’Iran, a été montré avec des larmes aux yeux. Les dirigeants du régime iranien ont promis de se venger.

Les Iraniens qui ont fait leur deuil l’ont généralement fait parce qu’on leur a dit de le faire publiquement et que leur travail dépendait de leur obéissance. Peu importe que leurs salaires n’aient pas été payés depuis des semaines ou des mois, ils étaient déplacés de ville en ville en bus ou en train et leur nourriture a été payée des caisses publiques. Si on regarde attentivement les photos des « pleureurs », on peut voir les mêmes visages dans les foules à travers le pays.

Il ne fait aucun doute que les larmes de Khamenei étaient sincères – Soleimani a été un pilier très important du régime tout au long des 30 ans que le chef suprême Khamenei, âgé de 80 ans, est resté au pouvoir. En particulier, lui et ses troupes de la Force Al-Qods, l’unité d’élite du Corps des Gardiens de la révolution islamique, ont assuré la survie de Bachar Assad en Syrie ; il a épaulé les troupes d’Hezbollah pendant leur bataille contre Israël ; et c’était lui qui a orchestré les attaques iraniennes contre le Yémen et l’Arabie saoudite.

Soleimani est devenu le deuxième homme le plus puissant de la République islamique et le principal prétendant à la succession de Khamenei. Il a défié l’ordre des Nations Unies de rester en Iran, et personne n’a essayé de l’arrêter jusqu’à ce que les drones américains ne mettent fin à ses activités.

La mort de Soleimani a porté un coup très sévère au régime iranien qui doit maintenant faire face à une contestation généralisée de son pouvoir, tant en Iran que dans toute la région. Khamenei est bien conscient de sa faiblesse – à part un petit groupe de fidèles qui l’entourent, il fait face à des dizaines de millions d’Iraniens qui ont vu de leurs propres yeux le fiasco du régime de la République islamique.

Les banques n’ont pas d’argent, les marchés sont privés de nourriture à prix abordable, les forces de sécurité sont constamment déployées pour contenir les mouvements anti-régime – ce qui se traduit par des centaines de nouvelles arrestations par jour – et les exécutions publiques sont monnaie courante. C’est pourquoi le régime a entrepris une attaque non efficace sur deux bases irakiennes où sont stationnées des troupes américaines. Khamenei a dû faire semblant d’avoir riposté contre les forces américaines pendant la nuit du 7 au 8 janvier.

Mohammed Javad Zarif, le ministre iranien des Affaires étrangères, a posté sur Twitter :

« L’Iran a entrepris des mesures proportionnées d’autodéfense en vertu de l’article 51 de la Charte des Nations Unies, visant la base d’où ont été lancées les attaques armées lâches contre nos citoyens et nos hauts fonctionnaires. Nous ne cherchons pas l’escalade ou la guerre, mais nous nous défendrons contre toute agression. »

Les Iraniens savent que tout conflit direct avec les États-Unis serait fatal au régime, tandis que Khamenei ne souhaite pas devenir un chef suprême tombé du sommet de son pouvoir. Il a combattu l’Amérique et a tué des Américains depuis 30 ans. Il a assez de problèmes sans une bataille directe avec les États-Unis.

Les « réponses » iraniennes au cas de Soleimani se limiteront à des actions secrètes à l’étranger et à la poursuite d’une sévère répression dans le pays. Khamenei est tout à fait prêt à se battre jusqu’au dernier Arabe – comme on l’a vu avec les missiles iraniens lancés sur les bases en Irak.

Une chose est sûre : l’Iran n’a pas pris sa revanche sur Donald Trump. Le régime iranien a, sans aucun doute, soif de vengeance et aimerait voir Trump mort. Ou, au moins, démis de ses fonctions.

Pour cela, il faudrait qu’il influence les votes lors des élections présidentielles américaines en novembre 2020. Bien sûr, personne ne s’attend à ce que les mollahs iraniens puissent influencer le choix des électeurs américains. Je doute également que les 70 millions d’Iraniens, qui détestent leur régime, attendent jusqu’en novembre pour voir si cela est possible.

Michael Ledeen est un expert de la Fondation pour la défense des démocraties. Il a été consultant auprès du Conseil national de sécurité des États-Unis et des départements d’État et de Défense ainsi que conseiller spécial du secrétaire d’État. Il est l’auteur de 35 livres, dont le plus récent est Field of Fight: How to Win the War Against Radical Islam and Its Allies, coécrit avec Michael Flynn.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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