Régionales 2015, les enjeux pour l’Île-de-France

6 novembre 2015
Mis à jour: 6 novembre 2015

À un mois des élections régionales les 6 et 13 décembre 2015, de nouveaux enjeux se dessinent pour l’Île-de-France. Après 3 mandats sous la présidence socialiste de Jean-Paul Huchon, la région pourrait basculer à droite dans la lignée des résultats des départementales. Projet contre projet, deux ténors de la politique sortent de la mêlée : Valerie Pécresse pour Les Républicains (LR) et Claude Bartelone pour le Parti Socialiste (PS).

L’Île-de-France est un enjeu politique et économique majeur au niveau national. Après avoir viré à droite aux dernières départementales de mars, les élections régionales de décembre seront un indicateur supplémentaire pour les élections présidentielles de 2017.

Les enjeux économiques et politiques de la région
L’Île-de-France reste le poumon économique de la France. Elle génère à elle seule 30% du PIB français (624 milliards d’euros) avec une croissance annuelle de 2%. Avec ces 12 millions d’habitants, elle est la deuxième région d’Europe en terme d’investissements étrangers, après le la métropole du Grand Londres.

L’Île-de-France est aussi le centre politique de la France. Aux dernières élections départementales, à l’image des résultats dans le pays, la région a basculé majoritairement à droite – le PS perdant l’Essonne et la Seine-et-Marne, se maintenant seulement dans les départements historiquement à gauche de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne.

Après avoir été à la tête de la région depuis 1998, le président sortant Jean-Paul Huchon a cédé la place à Claude Bartolone à la demande de François Hollande, ceci pour mettre toutes les chances de son côté pour remporter la région. Mais le candidat de gauche se présente dans un climat de division au sein de son parti et face à une alliance de la droite et du centre portée par Valérie Pécresse.

Au-delà de la surenchère médiatique, un train de propositions reste commun aux programmes des candidats : amélioration des transports, accès au logement, relance de l’emploi par l’apprentissage, création d’entreprise, pas de nouvelle hausse des impôts régionaux, transition écologique et énergétique, etc. Regardons alors les différences de trait.

À droite, l’entreprise et la sécurité
Valérie Pécresse pour l’alliance LR-UDI a présenté son plan d’action pour la région le 5 novembre. Accompagnée de sa colistière Chantal Jouanno, l’ancien ministre de l’Éducation souhaite faire retrouver à l’Île-de-France « son dynamisme, sa fierté et sa douceur de vivre ». Parmi ses mesures phares : chasser la drogue des lycées et créer « une bulle de sécurité » autour des établissements – sous réserve de la coopération des forces de police dépendantes de l’État.

La députée des Yvelines se définit comme « une présidente entrepreneur » et souhaite obtenir de la Banque publique d’investissement une aide de dix millions d’euros de «micro-crédits» au profit des autoentrepreneurs et des TPE (très petites entreprises). Pour les emplois jeunes elle souhaite également qu’ils soient  réorientés vers les entreprises plutôt que vers les associations.

À gauche, une Île-de-France « humaine »
Lors de la présentation de son programme le 22 octobre 2015, Claude Bartolone, ancien député de la Seine-Saint-Denis et ancien président de l’Assemblée nationale a insisté sur un projet s’adressant « à tous les Franciliens […] pour retrouver les territoires négligés, unir les générations ».

Il évoque également des valeurs telles que « l’égalité femme/homme, la lutte contre les discriminations, l’unité, la fierté, l’humanité » comme base de ses 12 engagements déclinés en 160 propositions. Pour les transports et la sécurité, le candidat souhaite par exemple un service continue 24h sur 24 d’ici 2024. Pour l’écologie, Claude Bartolone souhaite aussi une sortie progressive et concertée du diesel.

Aux côtés de ces deux challengers, on retrouvera pour l’Île-de-France les personnalités des autres partis : Nicolas Dupont-Aignan pour Debout la France, Emmanuelle Cosse pour Europe-Ecologie-Les Verts, Nathalie Arthaud pour Lutte Ouvrière et le peu connu Wallerand de Saint-Just pour le Front national pressenti pour être le 3e homme de ses élections franciliennes.

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