Régionales 2021 : le soutien de LREM à Renaud Muselier rebat les cartes en Paca

Par Epoch Times avec AFP
2 mai 2021
Mis à jour: 7 mai 2021

Annoncé par le Premier ministre, le retrait de la liste LREM au profit du président sortant Renaud Muselier rebat les cartes pour les régionales en Provence-Alpes-Côte-d’Azur, en semant la zizanie à droite, face notamment à un RN conduit par le transfuge LR Thierry Mariani.

Après l’appel « au bon sens » de Renaud Muselier aux Marcheurs le 29 avril, la réponse ne s’est pas faite attendre : « La majorité présidentielle répond très favorablement » à cette « initiative », a expliqué Jean Castex dans le Journal du Dimanche (JDD), en évoquant une fusion des deux listes.

Chef de file des Marcheurs pour les régionales en Paca, la secrétaire d’État aux personnes handicapées Sophie Cluzel « et des représentants de la majorité parlementaire vont intégrer le dispositif conduit » par M. Muselier, a affirmé le Premier ministre. Mme Cluzel a précisé au JDD qu’elle serait candidate dans le Var.

Contacté par l’agence France Presse (AFP), M. Muselier a refusé de confirmer une fusion avec LREM, renvoyant à la publication de sa liste, le 17 mai. Dans l’après-midi, sur Twitter, il a répété être candidat « sans accord d’appareils, sans alliance ni fusion ».

Mais c’est bien une alliance que lui a proposée le Premier ministre, en estimant que cette « union » irait même « bien au-delà d’accords d’appareils » : « c’est un exemple de la recomposition politique », a insisté M. Castex, en lançant un pavé dans une mare LR très divisée sur des alliances avec les Marcheurs pour les élections régionales des 20 et 27 juin.

Des « petites manœuvres électorales en Paca »

Du côté de l’état major républicain, la réaction à été rapide : M. Muselier « ne pourra pas bénéficier de l’investiture LR », a souligné le patron du parti Christian Jacob, en dénonçant dans un communiqué « des petites manœuvres électorales en Paca ».

« Ils ont osé l’inacceptable »

En Provence-Alpes-Côte-d’Azur, cette annonce a été diversement accueillie parmi les Républicains.

« Ils ont osé l’inacceptable », a dénoncé M. Ciotti, en exprimant « son immense tristesse face à ce coup de poignard dans le dos ».  « Ce matin, je pense à la France qui mérite tellement mieux, ainsi qu’à nos militants et à nos électeurs, trahis dans leurs convictions », a insisté le député des Alpes-Maritimes, par ailleurs président de la commission nationale d’investiture LR pour ces régionales.

Pour Xavier Bertrand, ex-LR et président des Hauts-de-France, candidat à la présidentielle 2022, « Renaud Muselier a fait une erreur. Avec En Marche, il ne gagnera pas ».

À l’inverse, M. Muselier a une nouvelle fois reçu le soutien de Christian Estrosi, le maire de Nice, à qui il avait succédé à la tête de la région Paca en 2017 : « Face à la haine de ceux qui ne raisonnent qu’à travers le prisme des appareils politiques et des échéances nationales, je veux réaffirmer que les valeurs gaullistes n’ont rien à voir avec le Rassemblement national ».

Thierry Mariani, ministre sous le président Sarkozy et désormais chef de file du Rassemblement national pour les régionales en Paca, a lui appuyé sur ces dissensions au sein des Républicains en saluant sur Twitter les réactions de Nadine Morano ou Guillaume Peltier, vice-président délégué LR : « Quelques rares personnes ont gardé une colonne vertébrale », « tu as raison cher @G_peltier : s’allier avec #LREM c’est approuver le bilan catastrophique de #Macron ».

Devancer le RN au premier tour

Selon plusieurs sondages récents, Thierry Mariani arriverait en tête du premier tour aux Régionales mais serait devancé au second par Renaud Muselier. Une étude de l’Ifop mi-avril pour La Tribune et Europe 1 avait cependant suggéré qu’une alliance LR-LREM au premier tour permettrait au duo de devancer le RN au premier tour puis de gagner au second, y compris dans l’hypothèse d’une triangulaire avec une union de la gauche et des écologistes.

Absente au Conseil régional depuis six ans, suite au retrait entre les deux tours des régionales de 2015 de la liste alors conduite par le socialiste Christophe Castaner face à la menace de victoire de la liste FN de Marion Maréchal-Le Pen, la gauche devrait être unie dès le premier tour. Les écologistes envisagent toujours de partir seuls en lice.

 

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