Relever le défi de la Chine

Par Peter Huessy, Stephen Blank
13 mai 2020
Mis à jour: 13 mai 2020

Espérons que la propagation mondiale du virus Covid-19 a afin révélé au monde entier la vraie nature des politiques et pratiques illégales, agressives et dangereuses du Parti communiste chinois (PCC).

Prenons d’abord la pandémie du Covid-19. Il n’y a aucun doute que ce fléau a commencé en Chine, que le PCC a dissimulé les informations sur son ampleur et sa létalité, et il a essayé de rejeter la faute sur les États-Unis ou l’Italie lorsque cela a été révélé. Il existe également des preuves que le dirigeant chinois Xi Jinping a demandé à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de retarder la transmission à d’autres pays des informations concernant l’ampleur de la pandémie.

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Cependant, la politique agressive du régime chinois ne se limite pas à cela. La Chine, la Russie et l’Iran coordonnent une guerre d’information tripartite contre les États-Unis et d’autres pays occidentaux. En particulier, en plus de mener ses propres cyber-attaques de longue date, l’État-parti chinois imite maintenant les tactiques russes de guerre de l’information.

Le régime chinois a également menacé l’Union européenne (UE) et l’Australie de guerres commerciales et de sanctions si elles disaient la vérité sur la façon dont la Chine a contribué à la diffusion mondiale du Covid-19. Des pirates informatiques parrainés par l’État chinois, russe et nord-coréen ont saisi cette occasion pour lancer une campagne visant à infecter les réseaux du monde entier avec des logiciels malveillants. Selon un rapport de l’Université de Stanford, la campagne de cyber-attaques et de désinformation en rapport avec la pandémie a été lancée par Pékin dès janvier dernier.

Toutefois, à part les guerres commerciales et les attaques cybernétiques et de désinformation qui sont effectuées dans le cadre de ses programmes d’espionnage et de subversion contre l’Occident, l’État-parti chinois a également montré à plusieurs reprises ses muscles militaires dans les conflits maritimes en Asie. Par exemple, la Chine menace régulièrement les navires malaisiens et vietnamiens qui sont à la recherche de nouveaux gisements de source d’énergie dans la mer de Chine méridionale. Des marins chinois ont également pointé un canon laser sur un navire philippin, etc., sans parler d’installations militaires chinoises érigées sur les récifs disputés de cette région.

Ces démarches du PCC viennent s’ajouter à son comportement prédateur de longue date dans les domaines du commerce et des investissements en Chine, ainsi qu’au vol de la propriété intellectuelle et de la technologie dans les pays occidentaux.

Les Nations unies viennent également d’identifier la Chine comme étant complice, avec la Russie, dans la violation des sanctions que l’ONU avait imposées contre la Corée du Nord – notamment en ce qui concerne les livraisons de pétrole. En d’autres termes, ces sanctions de l’ONU ont été essentiellement annulées par la Russie et la Chine agissant conjointement.

Nous faisons face à une alliance entre la Chine et la Russie qui œuvrent ensemble en Asie du Nord-Est et du Sud-Est, en particulier par le biais du soutien chinois à l’intervention de la Russie en Syrie ou de la coopération tripartite avec l’Iran.

Comment devrions-nous alors répondre à ce défi de Pékin ? Robert Zoellick, l’ancien président de la Banque mondiale, recommande simplement de chercher de meilleures idées et de mettre en place des partenariats attrayants, en particulier ceux dans lesquels la Chine ne serait plus un mauvais partenaire en matière de prolifération des armes nucléaires, de commerce ou de changement climatique.

En même temps, nombreux sont ceux qui ont plaidé en faveur du découplage de nos économies de la Chine, ce qui serait un processus à long terme. Cependant, dans des domaines clés comme la haute technologie, l’industrie et la technologie de la défense et le secteur des soins de santé, nous pourrions commencer immédiatement à revigorer notre propre base de production des outils et des produits dont nous avons besoin.

Par la suite, comme le défi est mondial à son origine, la réponse de l’Amérique devrait être réaliste et, dans la mesure du possible, impliquer ses multiples alliés. Dans une certaine mesure, la politique « Amérique d’abord » menée par les États-Unis pourrait susciter du ressentiment entre les alliés occidentaux – Pékin et Moscou pourraient alors exploiter ce ressentiment et affaiblir la détermination des alliés. Aujourd’hui, pour mieux contrer les empiètements de la Chine et de la Russie, dont la stratégie consiste à cibler les alliés et les périphéries des États-Unis plutôt que directement ce pays, l’Amérique pourrait favoriser une approche hybride – défendre ses intérêts en coopération avec ses alliés.

Ainsi, les guerres commerciales provoquent la consternation des alliés européens et asiatiques des États-Unis et font craindre la dissolution de ces alliances au fil du temps – un résultat qui ne profiterait qu’à la Chine et à la Russie. Les avertissements de la possibilité d’un tel résultat se multiplient actuellement, bien qu’on doive reconnaître que la politique tarifaire américaine a persuadé le Canada, le Mexique, le Japon, la Corée du Sud et la Chine de conclure de nouveaux accords commerciaux plus équilibrés.

La grande question qui se pose maintenant est celle de savoir « quelle sera la prochaine étape ? »

Les alliés américains ont également été gravement affectés par le comportement nocif du régime chinois. Ils sont donc prêts à chercher de meilleures affaires ailleurs, notamment avec les États-Unis. En même temps, il est certain que les alliances peuvent également renforcer l’Amérique. Les alliances peuvent également renforcer la capacité de dissuasion militaire occidentale par rapport à la Chine et à concurrencer la Chine économiquement, tout en créant des communautés d’intérêts régionales suffisamment solides pour résister aux menaces et/ou aux ruses et appâts économiques de la Chine. Ceci tout en protégeant la souveraineté et les intérêts de leurs membres.

En outre, les États-Unis pourraient se joindre avec l’UE et les États asiatiques alliés pour former des pactes commerciaux régionaux dotés de mécanismes crédibles de règlement des différends – en s’appuyant, par exemple, sur les nouveaux accords commerciaux qu’ils ont conclus avec la Corée du Sud et le Japon.

Dans le domaine militaire, des alliances comme l’OTAN en Europe ou les alliances entre les États-Unis et le Japon ou la Corée du Sud ont réussi à maintenir la paix pendant 75 ans. En effet, il faudra peut-être créer une alliance d’États asiatiques et d’États européens intéressés afin de patrouiller en permanence dans la mer de Chine méridionale dans le but de dissuader la Chine d’y mener des actions agressives. L’augmentation considérable du soutien militaire des alliés américains – que ce soit dans le Pacifique occidental et ou dans le cadre de l’OTAN – est, en fait, une mesure de l’administration Trump qui a fait avancer les choses dans la bonne direction.

En effet, la dissimulation par la Chine des informations sur la propagation et la gravité de la pandémie, la répression massive et inadmissible de sa population ouïghoure et d’autres minorités ethniques et religieuses, ses démarches militaires agressives dans la mer de Chine méridionale et son offensive par le biais des fausses informations (fake news), pour n’en citer que quelques-unes, sont autant de signes de faiblesse. Les États léninistes et autoritaires comme la Russie et la Chine ne peuvent pas se permettre d’admettre leur faiblesse. Ils sont toujours hantés par la conscience sous-jacente de leur propre illégitimité et de leur corruption. Par conséquent, ils sont poussés à se comporter de manière agressive, y compris dans la politique internationale.

Nous devons également reconnaître que le leadership néo-maoïste de Xi Jinping pourrait affaiblir considérablement l’économie chinoise qui souffre clairement plus de la pandémie qu’elle ne l’admet. En outre, les répressions et les attaques de l’État-parti chinois démontrent sa crainte constante d’être attaquée, ainsi que le fait que l’opposition intérieure en Chine pourrait exploiter toute sa faiblesse. Cette paranoïa bien ancrée rend ces États autoritaires difficiles à aborder, mais elle constitue également un avantage inestimable pour les États-Unis et leurs alliés qui n’ont pas de telles craintes.

C’est pourquoi, tout en reconnaissant le défi que représente la Chine, nous devons à tout prix garder notre sang-froid. Nous faire perdre notre confiance en nous-mêmes – c’est précisément l’objectif principal du régime chinois. Cependant, une Amérique et ses alliés forts et confiants d’eux-mêmes peuvent, tout en défendant les intérêts de leurs peuples, tirer parti des faiblesses et de l’instabilité interne de l’État-parti chinois, et cette confiance restaurée pourra rétablir le juste équilibre dans les relations entre l’Occident et la Chine.

Peter Huessy est le président de Geo-Strategic Analysis of Potomac, une société de conseil en matière de défense et de sécurité nationale.

Stephen Blank est chercheur principal à Foreign Policy Research Institute.

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Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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