Remontée des prix du pétrole

Par Emel Akan
28 octobre 2016
Mis à jour: 19 mars 2021

Une raffinerie à Grangemouth, Scotland, produisant du gaz et du pétrole 24h/24. D’après une enquête, près de 60% des professionnels de l’industrie pétrolière et gazière pensent que l’activité de la filière a déjà, ou s’apprête d’ici 2017, à retrouver un équilibre économique. (Christopher Furlong/Getty Images)

La confiance revient dans l’industrie pétrolière, et la baisse quasi-continue du prix du baril de ces deux dernières années pourrait bien prendre fin. Cependant, d’après des experts, certains facteurs d’instabilité à court terme subsistent.

Cours du baril sur les dix dernières années. (Macrotrends)
Cours du baril sur les dix dernières années. (Macrotrends)

« Nous n’y somme pas encore tout à fait. Nous arriverons vraisemblablement à un équilibre entre offre et demande d’ici à la fin de cette année, voire début 2017 », explique John England, vice président de Deloitte LLP, leader américain de l’industrie pétrolière.

D’après England, la baisse des stocks de brut au États-Unis, la décision de l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) de réduire la production en novembre, et l’état de l’économie globale sont autant de facteurs influant sur le prix du baril.

Le 28 septembre dernier, les membres de l’OPEP sont parvenus à un consensus visant à limiter la production de pétrole. D’après l’Agence d’information sur l’énergie (EIA) américaine, c’est le premier accord de ce genre depuis 2008.

Cette réduction temporaire de l’activité permettrait d’écouler les stocks, encourageant ainsi un retour à un équilibre entre offre et demande, tout en augmentant le prix du baril.

Depuis l’annonce de l’OPEP, le prix du brut selon l’indice Brent, l’un des deux indices de référence sur lesquels sont indexés les prix d’une grande partie de la production mondiale, a augmenté de près de 10%, et est passé au dessus de la barre symbolique des 50$ (46€).

Demande mondiale de pétrole. (OECD, IEA)
Demande mondiale de pétrole. (OECD, IEA)

La banque mondiale a revu ses prévision pour l’année à venir quant au prix du baril, de 49€ à 51€ (53$ à 55$), suite à l’annonce de l’OPEP.

« Nous nous attendons à une augmentation solide des prix de l’énergie pour l’année à venir, le pétrole en tête », explique dans un communiqué de presse John Baffes, économiste à la banque mondiale. « Cependant, il reste encore des zones d’ombre, pour lesquelles nous attendons davantage de détails quant à la mise-en-œuvre pratique de ces accords, qui, s’ils sont effectivement menés à terme, impacteraient sans aucun doute le prix du pétrole. »

Les membres de l’OPEP se sont fixés un objectif de production situé entre 32,5 et 33 millions de barils par jour, mais aucun quota n’a été formellement établi. Les détails seront finalisés le 30 novembre, à l’occasion de la prochaine réunion de l’OPEP.

D’après England, « la baisse du prix du baril a représenté une perte économique importante pour les membres de l’OPEP. Donc, je pense qu’ils ont atteint un point où il fallait vraiment faire quelque chose ».

England nuance tout du moins, la question demeurant de savoir comment ces quotas vont effectivement être maintenus et si les pays membres vont vraiment s’y tenir.

« Les récentes annonces de l’Arabie Saoudite et de la Russie, favorables à la baisse de production, sont contrebalancées par celles de la Libye, du Nigeria et de l’Irak, ce qui réduit les chances d’un retour à un équilibre entre offre et demande d’ici 2017 », écrit dans un rapport Damien Courvalin, directeur du département de recherche énergétique de Goldman Sachs.

« Comme nous prévoyons une surproduction pour le quatrième trimestre 2016, l’incapacité à parvenir à un tel accord ferait passer le prix du baril en dessous des 40€ (43$) », expose le même rapport.

Le ministre du pétrole irakien Jabar Ali al-Luaibi a annoncé le 23 octobre que son pays souhaitait ne pas être concerné par les accords de l’OPEP. L’Irak est le second plus gros producteur de l’OPEP, derrière l’Arabie Saoudite.

La baisse des stocks de bruts aux États-Unis lors de ces dernières semaines est un autre facteur favorisant l’augmentation du prix du pétrole. Par exemple, au cours de la deuxième semaine d’octobre, les réserves de bruts se sont étiolées de 5,2 millions de barils, une surprise pour de nombreux analystes qui s’attendaient à une augmentation.

« Les producteurs américains ont accompli un travail remarquable en réduisant leurs coûts pour rester compétitifs. Nombre d’entre eux ont été en mesure de réduire leurs coûts, et de s’enrichir, en vendant le baril aux alentours de 46€ (50$) », explique England.

« Mais ce n’est pas le cas pour tous. C’est pourquoi une grande partie de la production a quand même été stockée. »

D’après une enquête menée par Deloitte, près de 60% des professionnels de l’industrie pétrolière pensent qu’un retour à la normale de l’activité est déjà amorcé, ou qu’il le sera d’ici début 2017.

Les cadres s’attendent à une augmentation des prix du pétrole, des dépenses de capitaux et du personnel pour l’année à venir. Ils considèrent aussi qu’un baril à 60$ (55€) est un jalon important vers le redressement de l’activité aux États-Unis, toujours d’après cette enquête.

Près de la moitié des personnes interrogées s’attendent à ce que le prix du baril se situe entre 55€ et 73€ (60$ et 80$) en 2017. Près d’un tiers d’entre eux s’attendent à des prix atteignant entre 73€ et 92€ (80$ et 100$) d’ici à 2020.

« Un retour à l’équilibre entre l’offre et la demande est de plus en plus apparent, mais il est très probable que la demande globale surpasse déjà la production journalière », écrit Phil Flynn, analyste confirmé chez Price Futures Group, sur le blog de l’entreprise.

« Les discussions sur la baisse de l’offre remplaceront bientôt celles sur l’excès de stock. »

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