Répression et restrictions alors que le PCC se prépare à fêter son centenaire

Par Rita Li
17 juin 2021
Mis à jour: 17 juin 2021

À l’approche du centenaire de la fondation du Parti communiste chinois (PCC), le 1er juillet, Pékin a imposé de vastes mesures de « maintien de la stabilité », notamment des interdictions de vol, des contrôles de la circulation et la répression des personnes qui souhaitent déposer des pétitions contre les autorités.

Le « maintien de la stabilité » est un terme chinois souvent utilisé pour désigner les efforts déployés par les autorités pour censurer l’opinion publique et réprimer la dissidence, notamment les pétitionnaires et les militants des droits de l’homme.

Depuis le 22 mai, les autorités chassent les « personnes extérieures », c’est-à-dire toute personne qui n’est pas enregistrée comme résident « de souche » à Pékin. De nombreux dissidents et citoyens concernés viennent à Pékin de tout le pays pour adresser des pétitions au gouvernement. Selon Weiquan Wang, un site web chinois consacré à l’actualité des militants des droits de l’homme, Pékin a lancé une campagne massive d’expulsion de ces personnes le 12 juin, exigeant l’élimination complète de toute dissidence politique d’ici le 20 juin.

Le 11 juin, les autorités municipales de Pékin ont annoncé qu’elles classeraient 9 districts administratifs comme zones d’accès restreint du 13 juin au 1er juillet, notamment Dongcheng, Xicheng, Chaoyang, Haidian, Fengtai, Shijingshan, Fangshan, Tongzhou et Daxing, où il est désormais interdit de faire voler des drones, des avions télécommandés, des cerfs-volants, des ballons et des lanternes en papier.

Des restrictions s’appliquent également désormais aux oiseaux domestiques, selon l’heure et la zone. Dans le district de Tongzhou, les oiseaux tels que les pigeons doivent être maintenus en captivité à tout moment. Dans les 8 autres districts, les interdictions de vol sont entrées en vigueur de 6 heures à 15 heures par jour.

La première répétition de la cérémonie d’anniversaire s’est tenue le 12 juin sur la place Tiananmen de Pékin de 21 heures jusqu’au petit matin, et la circulation a été étroitement contrôlée pendant l’événement, selon les autorités chinoises.

Les pétitionnaires

Wu Shiming, un pétitionnaire basé à Wuxi, a dit à l’édition chinoise d’Epoch Times le 13 juin qu’il n’était « absolument pas autorisé à aller » à Pékin.

« Maintenant, dès que vous achetez un billet [pour Pékin], ils vous demanderont de revenir. S’ils en ont le temps, ils viendront à la gare pour vous ramener. Sinon, ils attendront pour vous arrêter à Pékin », a-t-il expliqué.

« [Je serai] envoyé en prison si je suis pris. […] Leur brutalité n’a pas de limite. »

Wu Shiming est devenu pétitionnaire après que la maison ancestrale de sa famille a été démolie par les autorités locales en 2014. Il a alors été violemment agressé jusqu’à perdre connaissance ; son œil droit est resté handicapé.

« En théorie, il s’agit de ‘maintenir la stabilité’, mais en réalité, il s’agit de voler et de tuer », a-t-il affirmé.

Le père de Wu Shiming, anéanti physiquement et mentalement, est mort quelques jours après la démolition de la maison. La mère de Wu Shiming, qui souffrait de maladies graves, a tenté de se suicider après avoir assisté à la démolition, mais a finalement survécu.

Selon un rapport de Radio Free Asia, certains pétitionnaires résidant à Pékin seront contraints de « voyager », un euphémisme pour désigner leur expulsion de la ville, à la veille du 1er juillet.

Les intentions de Pékin

Un analyste a déclaré que la commémoration très médiatisée de Pékin visait à renforcer la légitimité du PCC, qui a été remise en question depuis sa fondation le 1er juillet 1921 pour avoir subverti le gouvernement légitime de la Chine de l’époque, la République de Chine.

Tang Jingyuan, spécialiste des affaires chinoises basé aux États-Unis, a dit à Epoch Times que cet événement marquait la fin de la première étape de l’objectif des « 200 ans » du Parti, qui signifie désormais officiellement la construction d’une société modérément prospère.

L’objectif des « 200 ans », proposé pour la première fois par l’ancien dirigeant du Parti Jiang Zemin, en 1997, fait référence à la fois au 100e anniversaire de la fondation du Parti et à la fondation de la République populaire de Chine. Il a ensuite été modifié par le dirigeant actuel, Xi Jinping, pour devenir « construire une société modérément prospère » et « construire une puissance socialiste modernisée ».

Il importe peu que l’objectif soit effectivement atteint, a déclaré Tang Jingyuan. En évoquant le soi-disant « grand rajeunissement national », le régime consolidera et renforcera la légitimité de son pouvoir, y compris la quête de Xi pour être réélu ou même pour rester au pouvoir toute sa vie.

Xi a précédemment modifié la constitution chinoise pour supprimer la limite de deux mandats consécutifs pour le président du Parti.

Lors du 20e Congrès national du Parti, qui se tiendra l’année prochaine, Xi pourrait être reconduit par les membres du Parti pour un troisième mandat.

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