Retour en Iran du scientifique iranien libéré par Washington

Par Epoch Times avec AFP
3 juin 2020
Mis à jour: 3 juin 2020

Le scientifique iranien Cyrous Asgari, libéré après plusieurs années de détention aux Etats-Unis, est rentré en Iran, l’un des rares détenus -des deux côtés- à avoir été relâché hors du cadre d’un échange de prisonniers entre les deux pays ennemis.

L’information est donnée mercredi par les agences iraniennes Tasnim, Isna et Mehr qui publient sur leur compte Telegram respectif une photo de M. Asgari portant un masque chirurgical et enlaçant une femme voilée.

Chercheur à l’Université de technologie de Sharif à Téhéran, M. Asgari, 59 ans, semble avoir été relâché hors du cadre d’un échange de prisonniers, un fait rare entre l’Iran et les Etats-Unis qui n’ont plus de relations diplomatiques depuis 1980.

Accusé en 2016 de vol de secrets industriels

L’Iran détient au moins cinq Américains tandis que près d’une vingtaine d’Iraniens sont emprisonnés aux Etats-Unis.

Accusé en 2016 de vol de secrets industriels durant une visite académique dans l’Ohio, M. Asgari a été acquitté en novembre 2019. Malgré cela, il était resté incarcéré aux Etats-Unis, apparemment pour des raisons liées aux lois sur l’immigration.

En mars dernier, le chercheur iranien a déclaré au quotidien britannique The Guardian que la police de l’immigration américaine le gardait dans un centre de détention en Louisiane sans installations sanitaires de base et refusait son retour en Iran malgré son acquittement.

Le département d’Etat américain n’a pas réagi à la libération de M. Asgari.

Mais dans un tweet mardi, le responsable du département américain de la Sécurité intérieure, Ken Cuccinelli, a assuré que le cas du chercheur iranien n’était pas lié à celui de Michael White, un ex-militaire américain détenu en Iran et libéré en mars grâce à une permission pour raisons « médicales » à condition qu’il ne quitte pas le pays.

Selon M. Cuccinelli, les Etats-Unis essayaient d’expulser M. Asgari depuis 2019 mais avaient été « retardés à chaque étape par le gouvernement iranien ». Dix autres Iraniens sont actuellement détenus par la police de l’immigration en attente d’être expulsés des Etats-Unis, a-t-il ajouté.

M. Asgari avait contracté le nouveau coronavirus en détention

Lundi, les Affaires étrangères iraniennes avaient annoncé que le dossier de M. Asgari était clos et qu’il rentrerait sous peu.

« Bonne nouvelle, un avion transportant le Dr Cyrous Asgari a décollé d’Amérique. Félicitations à son épouse et à sa famille », a écrit le lendemain le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif sur son compte Instagram.

Le mois dernier, Téhéran avait indiqué que M. Asgari avait contracté le nouveau coronavirus en détention.

L’Iran demande un échange global de prisonniers avec les Etats-Unis

Mardi, le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, Abbas Moussavi, avait affirmé que sa contamination et l’arrêt partiel des vols à cause de la pandémie avaient retardé son départ des Etats-Unis.

L’Iran a récemment appelé à un échange global de prisonniers avec les Etats-Unis, qui détiennent désormais 18 Iraniens, selon une liste compilée par l’AFP à partir de communiqués officiels et d’informations de presse.

Plusieurs arrestations ou condamnations d’Iraniens ont eu lieu aux Etats-Unis après que le président Donald Trump a dénoncé en 2018 l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015 et rétabli de lourdes sanctions contre Téhéran.

Les tensions entre les deux pays vont en grandissant

Les tensions irano-américaines n’ont cessé de grimper depuis et les deux pays sont apparus deux fois au bord de l’affrontement direct: en juin 2019 après la destruction par l’Iran d’un drone américain dans le Golfe, puis en janvier 2020 après l’assassinat, dans une frappe américaine à Bagdad, du puissant général iranien Qassem Soleimani.

Des échanges de prisonniers ont toutefois eu lieu.

La Suisse qui représente les intérêts des Etats-Unis en Iran, a été en première ligne lors du dernier échange en date, en décembre 2019: un chercheur américain d’origine chinoise emprisonné en Iran pendant plus de trois ans, Xiyue Wang, et un professeur iranien spécialiste des cellules souches détenu aux Etats-Unis depuis 2018, Massoud Soleimani, avaient été libérés.

 

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