Retour sur les origines des incendies de forêts en France

18 août 2015
Mis à jour: 18 août 2015

 

Le 24 juillet en Gironde, 530 hectares de forêts calcinés ont nécessité l’envoi d’une colonne de camions de pompiers en renfort depuis l’Est de la France, dont plusieurs depuis les montagnes jurassiennes. Cet incendie a nécessité pas moins de 300 pompiers mobilisés sur 5 jours. La facture a été salée, rien que pour les secours, sans parler de la réhabilitation nécessaire du patrimoine écologique.

Dans le même temps en Californie aux États-Unis, les incendies incontrôlables continuent de ravager les forêts comme les années précédentes, où ils s’étaient étendus jusqu’au Nevada, dans l’Idaho. Mais aussi en Australie, au Portugal, en Espagne que incendies gigantesques ont ravagé de vastes territoires.

Ainsi dans ces pays, des dizaines de milliers d’hectares ont été dévastés entrainant un cortège de victimes humaines parmi les habitants ou les pompiers, surpris par la vitesse de propagation des flammes attisées par le vent. Des villas, des maisons de banlieues, des fermes entières avec le bétail brulées représentent chacune des tragédies humaines. En conséquence des pertes matérielles, des dédommagements par les assurances eux qui bien sûr répercuteront les coûts sur l’ensemble primes d’assurances.
 
La désertification des paysages naturels
Suite aux profondes évolutions locales, liés à la destruction du gibier sauvage herbivore et surtout à l’abandon des élevages traditionnels agropastoraux – victimes des pertes de leurs débouchés commerciaux à l’arrivée des élevages industriels nourris par des céréales importés, les forêts et les sols ont été déstructurés jusqu’à perdre leur rôle de régulation naturelle des eaux de pluies.

Les modes de production industriels, en plus d’accélérer l’exode rural ont provoqué une cascade d’événements graves, comme le réchauffement climatique mondial et une perte de la biodiversité. Car les forêts détruites par l’élevage intensif sont autant de biotopes avec d’innombrables espèces végétales et animales subissant ensuite l’ érosion, favorisant elle-même la désertification. Le réchauffement climatique actuellement en cours n’a pu qu’accélérer ce phénomène mondial.

Face à ce constat alarmant, des solutions existent  pourtant depuis des millénaires.

Le modèle agropastoral méditerranéen traditionnel   
Son principe s’est révélé un modèle d’équilibre et de limitation des tragédies environnementales depuis des millénaires, dans toutes les régions méditerranéennes où le problème des incendies a était un danger permanent (climat difficile, car très sec en été, souvent venteux).

Pourtant, ces conditions climatiques ont été jugulées par les systèmes agropastoraux  traditionnels (mettant en synergie localement et dans un même lieu, l’animal, l’homme et la végétation – dont la forêt) utilisant les dizaines de variétés de moutons et des chèvres que les éleveurs ont su adapter à toutes sortes de configurations de terrain différentes  : par exemple en France dans la haute vallée de la Durance, les Causses, la Corse, dans les garrigues, dans les Landes et jusque dans les hautes vallées alpines.

La raison  : dans une zone de taillis comme une garrigue, là où des chèvres ou les moutons ont pâturé l’herbe, la végétation a été taillée jusqu’à plus d’un mètre (plus selon les espèces), surtout si ce sont des chèvres   de bonne taille qui savent bien se dresser sur leurs pattes et aussi sauter pour monter sur les branches basses des arbres.

Ainsi un incendie a très peu de chance de démarrer ou se propager au niveau du sol. Les buissons des arbustes broutés sont également régulièrement espacés  : cela permet une maitrise et une fixation locale rapide des incendies par les habitants qui ne sont jamais loin.

Dans une forêt ainsi pâturée, les sous-bois et les branches basses sont nettoyés, ce qui empêche les flammes d’avancer et de monter dans les branches des arbres. Les moutons contrairement aux chevaux ne risquent pas non plus de mordiller les troncs des arbres et ainsi de les abimer. Bien sûr les jeunes plantations d’arbres doivent être protégées aux niveaux de leurs feuilles et des bourgeons comme on le fait déjà pour les chevreuils, les cerfs et les chamois. Traditionnellement cela se faisait par des branchages coupés autour, ou maintenant par des grillages tubulaires en plastique posés lors de la plantation, qui ainsi les ceinturent.

Encore une des conséquences pas bien connues de l’élevage industriel qui s’est développé dans les années 50 et dont on ne mesure pas encore bien les conséquences sur les hommes, les plantes et les animaux.

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