Réforme des retraites : « il n’y a plus de réforme », estime Gérard Larcher

Par Epoch Times avec AFP
12 janvier 2020 Mis à jour: 13 janvier 2020

Le président du Sénat Gérard Larcher (LR) dénonce qu’il « n’y a plus de motif à la grève parce qu’il n’y plus de réforme ».

« Il n’y a plus de réforme » des retraites, a estimé dimanche le président du Sénat Gérard Larcher (LR) au lendemain du « compromis » proposé par le Premier ministre Édouard Philippe aux partenaires sociaux de retirer l’âge pivot de 64 ans.

« Aujourd’hui, après la décision dite de compromis, il n’y a plus de motif à la grève parce qu’il n’y plus de réforme. Il va nous rester une réforme à points qui n’est même pas universelle et une ignorance sur le financement », a dénoncé M. Larcher lors du grand rendez-vous Europe 1/Les Echos/Cnews.

« La faute originelle » du gouvernement

« Le compromis n’est pas l’abandon, mais nous sommes pas loin de l’abandon », a ajouté le président du Sénat. Il a regretté la « faute originelle » du gouvernement, qui a décidé « de ne pas parler de l’âge légal » de départ à la retraite, que LR propose de reporter à 65 ans.

« Pourquoi les Français sont passés de l’adhésion il y a deux ans et demi au rejet ? Parce que le gouvernement et les négociateurs ont menti pendant deux ans, ils ont maquillé l’âge légal. Ce pays a 100 milliards de déficit par an. On voudrait nous faire croire que c’est une réforme de droite ? Non ! », a souligné l’ancien ministre du Travail.

« Les masques sont tombés »

Les électeurs de droite « ne peuvent plus soutenir une réforme où il n’y a plus d’âge pivot, qui a oublié le paramètre de l’âge. Les masques sont tombés », a-t-il appuyé. « Moi je ne veux pas tromper les générations futures. Je suis pour sauver le système par répartition et ne pas le conduire à l’équilibre, c’est à terme nous conduire vers un système de capitalisation totalement inégalitaire ».

Alors que l’examen du projet de réforme doit commencer le 17 février à l’Assemblée nationale, M. Larcher a souhaité « qu’au moment du débat au Sénat fin avril nous ayons les conclusions de la conférence de financement ».

« Il n’est pas question que le Parlement puisse débattre sans une vraie étude d’impact. Est-ce qu’on peut sérieusement parler de 321 milliards, 14% du PIB, sans savoir la réalité des chiffres ? Il y a un minimum de respect du Parlement et à travers du Parlement de respect des Français », a souligné le président du Sénat.

 

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