Révélations: nouvelles preuves de l’existence de vastes réseaux pédophiles soviétiques destinés à faire chanter les élites occidentales

On pense que ces cercles pédophiles sont toujours en opération en Europe
Par Joshua Philipp
6 août 2019 Mis à jour: 6 août 2019

Un spécialiste de la Russie soviétique a récemment dévoilé le fruit de recherches sur un projet conduit par l’ancien secrétaire général Yuri Andropov, durant l’ère soviétique. Ce dernier avait imaginé et appliqué une nouvelle forme de subversion: créer des réseaux de trafic d’enfants pour faire chanter les chefs d’entreprise et les politiciens en les transformant en pédophiles.

Les éléments rapportés ici ont été révélés par Jeffrey Nyquist, auteur et chercheur sur les stratégies des régimes communistes et leur influence sur l’Occident. Le récit suivant a comme source principale le témoignage du petit-fils d’un ancien membre du Comité central soviétique qui s’est opposé au programme et qui a peut-être été tué à cause de son opposition. Deux autres de ses sources sont des réfugiés de l’Union soviétique ayant assisté aux expériences soviétiques en matière de pédophilie et de perversion sexuelle.

Tous trois ont demandé à ce que leur identité ne soit pas révélée, car selon eux ces abus ont toujours cours à l’heure actuelle, et une prise de parole publique mettrait leur vie en danger.

Les dirigeants soviétiques auraient commencé à planifier leur programme à la fin des années 1970, lorsqu’Andropov était président du KGB, l’agence de renseignement soviétique en charge des opérations. Nyquist a toutefois noté que ce programme, violant jusqu’aux normes des dirigeants soviétiques, comptait de nombreux opposants.

Son contact, qui vit actuellement dans un pays occidental, a déclaré que son grand-père faisait partie d’une faction au sein du Comité central qui s’opposait au programme. Les dissidents en question ne vécurent pas longtemps : son grand-père y compris, tous furent tués au cours de la mise en place du programme. Le programme a pu être mené à terme, ce qui laisse supposer que leurs morts étaient dues à leurs oppositions.

D’après les mots prononcés à l’époque par son grand-père, « Andropov est en train de construire des réseaux pour la traite d’enfants et la pédophilie, et c’est un projet que le KGB veut mettre en place au niveau international, dans le monde entier« . Le but de ce programme était de séduire les politiciens et les chefs d’entreprise, puis de les contrôler en exerçant un chantage.

« L’avantage d’une méthode aussi horrible tient au fait que personne n’osera imaginer qu’elle puisse exister. »

JEFFREY NYQUIST, spécialiste de la Russie soviétique

Le grand-père a compris alors ce que signifiait s’opposer à Andropov. Selon Nyquist, il a averti sa famille qu’au cas où le programme serait adopté, Andropov le tuerait. Et dans ce cas, sa femme devrait fuir avec leurs enfants vers une autre ville. Et si par hasard, le KGB venait à frapper à leur porte, ils devraient à nouveau fuir, fuir « sans jamais se retourner ».

« Et, bien sûr, c’est ce qui s’est passé. Le grand-père est mort dans des circonstances mystérieuses », selon M. Nyquist. « Quelle que soit la lutte au sein du comité central, il a perdu ». Sa famille s’est enfuie, comme il l’avait demandé.

À peu près à la même époque, deux autres sources s’affirmant témoins oculaires ont affirmé que l’Union soviétique commençait à mener des expériences dans ses camps de Komsomol sur la façon de stimuler et entretenir des perversions sexuelles. Les camps étaient destinés aux membres des Jeunes Pionniers communistes et comprenaient des enfants âgés de 10 à 15 ans. Nyquist interprète ces événements de Komsomol comme étant liés au plan Andropov dont sa première source lui a parlé.

Selon Nyquist, les Soviétiques organisaient des orgies dans certains camps, et « ils cherchaient partout des pervers pour les recruter ».

« L’idée était d’inviter dans ces camps de Komsomol des gens qui avaient des problèmes psychologiques, des pervers avec différentes obsessions », raconte Nyquist. « C’était comme s’ils étudiaient différentes perversions, quelles étaient leurs causes, comment fallait-il les cultiver, comment les propager, et quelles pratiques pouvaient attirer les gens vers des perversions plus noires ».

Le « chantage ultime »

Le programme que le grand-père a décrit était un « piège à miel » classique – une méthode d’espionnage attirant une personne à avoir des relations sexuelles compromettantes pour ensuite exercer un chantage, ce programme est toutefois allé plus loin en utilisant des enfants comme appâts.

Selon Nyquist, il s’agissait d’une forme de « recrutement sous de faux drapeaux », où les agents du KGB ont probablement caché leur réelle identité à leurs cibles. Il précise que les victimes du « piège à miel » n’ont souvent aucune idée de qui sont ces agents du KGB qui leur présentent des « conquêtes sexuelles ». « Par exemple, l’officier du KGB peut être quelqu’un qui parle parfaitement l’anglais et qui se présente simplement comme le membre d’un groupe de crime organisé », explique t-il. Une dissimulation permettant de cacher le véritable but de la rencontre.

« Les témoignages d’enfants victimes et les rapports de police révèlent des allégations choquantes d’abus sexuels, incluant des pratiques occultes obscures impliquant de hauts fonctionnaires. »

Après qu’une victime est « tombée » dans le piège à miel, les agents ou l’organisation de façade peuvent continuer à offrir des services à la cible en échange d’autres services, tout en conservant les preuves nouvellement acquises pour les faire chanter si elles ont des réticences à coopérer.

Cette tactique est encore largement utilisée de nos jours, y compris par le Parti communiste chinois (PCC). Le PCC a été accusé en 2015 d’avoir utilisé de séduisantes femmes pour séduire des espions de l’agence de renseignement britannique du MI6 en les attirant dans des pièges à miel pour obtenir des secrets d’État. Un mémo top-secret du MI6 obtenu par le journal Mirror du Royaume-Uni a déclaré que les espions chinois s’en prenaient « agressivement » aux espions britanniques et à leurs familles.

Les pièges à miel étaient également très courants sous l’Union soviétique. L’ancien général du KGB Oleg Kalouguine l’a évoqué une fois en déclarant: « En Amérique, en Occident, vous demandez parfois à vos hommes de défendre leur pays. Il y a très peu de différence. En Russie, nous demandons juste à nos jeunes femmes de s’offrir ».

Dans les pièges à miel conventionnels, la cible peut être contrôlée par un/une amant(e) qui est en réalité un agent spécial, ou alors avec la preuve d’une liaison extraconjugale. Le genre de « preuve » qui est capable de ruiner une carrière politique.

Dans le cas de la pédophilie, cependant, le scandale et ses conséquences sont beaucoup plus graves, ce qui amplifie considérablement les effets du piège à miel.

Nyquist l’évoque ainsi comme « l’ultime chantage ».

Une vague d’abus

Autre point à noter : la mise en place de réseaux de trafic d’enfants semblait suivre une planification, et celle-ci correspond à l’augmentation soudaine du nombre de réseaux pédophiles découverts en Occident. Bien qu’il soit probable que des formes similaires d’abus aient existé auparavant de façon sporadique, les scandales en question s’alignent étroitement avec les détails fournis par la source de Nyquist.

Dans les années 1980 et dans les années 1990, des cas choquants de pédophilie et d’abus extrêmes ont commencé à apparaître aux États-Unis, en Australie et en Europe. Bon nombre de ces affaires concernaient des fonctionnaires de haut niveau. Certains ont été poursuivis, mais beaucoup sont passés entre les mailles du filet faute de preuves matérielles et à cause de témoignages d’enfants non-reconnus.

Parmi les cas les plus importants, on peut citer le relativement récent cas du milliardaire Jeffrey Epstein, un pédophile condamné pour avoir détenu des mineures comme esclaves sexuelles sur son île privée des Caraïbes.

Epstein a fait venir sur l’île de nombreux hommes politiques et chefs d’entreprise de premier plan dans son avion privé, tristement surnommé « The Lolita Express ». Selon les détails parus dans la presse, l’avion dispose d’un lit qui a été utilisé pour des rapports sexuels impliquant des mineures. Selon les mêmes rapports, les carnets de vol de l’avion d’Epstein montrent que l’ancien président Bill Clinton aurait volé 26 fois sur le Lolita Express.

De nombreuses filles ont allégué avoir été agressées sexuellement par Epstein, et Epstein a été accusé par le service de police de Palm Beach. Cependant, après une procédure d’entente au plaidoyer, une seule condamnation prononcée contre lui en 2008  lui a valu les 13 mois qu’il a passé derrière les barreaux. Les charges retenues étaient une sollicitation de prostitution auprès d’une jeune fille de 14 ans.

En 2006, le New York Post a cité un dossier judiciaire au cours duquel la police a fouillé le manoir d’Epstein et a découvert qu’il l’avait équipé de caméras cachées pour enregistrer les orgies de ses invités avec des mineures, qu’il pouvait utiliser pour les faire chanter.

Epstein avait un important réseau. Il a été rapporté que le financier conservait les numéros de téléphone de personnalités telles que Tony Blair, Naomi Campbell, Dustin Hoffman, Michael Bloomberg et Richard Branson, bien qu’aucun carnet de vol mentionnant leur présence à bord du « Lolita Express » n’ait été produit à ce jour. Plusieurs de ses contacts sur la liste ont également coupé les ponts avec lui après sa condamnation en 2008.

Il convient de rappeler dans le cas d’Epstein que le père de son ex-petite amie Ghislaine Maxwell était le magnat des médias Robert Maxwell, et que Ghislaine Maxwell l’avait accusé d’abus sexuels sur sa personne.

Le passé de Robert Maxwell évoque également des rapprochements avec les milieux des espions soviétiques, et peut-être en était-il un lui-même. Selon les dossiers du FBI publiés en 2013, Maxwell, né en Tchécoslovaquie et vivant au Royaume-Uni, aurait utilisé son empire médiatique Pergamon Press dans les années 1950 pour fournir des renseignements à l’Union soviétique.

Des rapports complets provenant du FBI indiquent clairement que lorsque Maxwell et son associé Kurt Wallersteiner dirigeaient leur entreprise Anglo-Continental Exchange à Londres en 1953. Ils avaient tous deux été « recrutés par le service de renseignement soviétique à des fins d’espionnage ».

Marc Ruskin, ancien agent du FBI, a déclaré dans une interview que deux agents de la police nationale belge avaient évoqué avec lui l’existence d’un réseau de maltraitance d’enfants en Belgique au milieu des années 1990, qui impliquerait également des fonctionnaires du gouvernement.

« Ils travaillaient sur une affaire de corruption politique, et il y avait aussi un aspect pédopornographique », a-t-il dit. « Au fur et à mesure que leur enquête avançait, ils ont commencé à développer des sujets – les cibles de l’enquête – qui étaient de hauts fonctionnaires. »

Toutefois, au fur et à mesure que leur enquête s’approfondissait, les agents ont été convoqués dans le bureau de leur superviseur et ont reçu l’ordre d’abandonner l’affaire. M. Ruskin a déclaré, faisant référence à la corruption politique des forces de l’ordre: « C’était l’Europe de l’Ouest – pas un pays sous-développé dirigé par un dictateur », ajoutant que « si ça peut arriver en Europe de l’Ouest, ça peut arriver n’importe où. »

Yuri Andropov (à gauche), ancien secrétaire général de l’Union soviétique, siège aux côtés d’autres dirigeants communistes à Berlin le 17 avril 1967. Andropov aurait insisté pour créer des réseaux pédophiles en Occident pour installer une machine de chantage. (Archives fédérales allemandes)

Des abus de rituels sataniques

D’après ce que Ruskin affirme, les réseaux pédophiles de Belgique existent également ailleurs en Occident mais les enquêtes auraient été étouffées sous l’ordre de hauts fonctionnaires concernés. Malheureusement, aucune investigation indépendante n’a pu établir le fonctionnement de ces réseaux pédophiles, et il existe une série d’événements mystérieux qui entravent la publication des informations de ceux qui désirent parler.

À partir de 1980, les témoignages des victimes des réseaux pédophiles – qui ressemblent fortement aux description des cercles mis en place par les Soviétiques – ont commencé à progresser en Occident, mais un nouvel élément était au programme: l’organisation de pratiques sataniques. Les témoignages d’enfants victimes et les rapports de police révèlent des allégations choquantes d’abus sexuels, de pratiques occultes obscures ainsi que l’implication de hauts fonctionnaires.

C’est ainsi qu’a commencé le phénomène appelé de « panique satanique », qui a duré jusqu’au milieu des années 90. Au niveau des allégations, on trouve de multiples hypothèses de conspirations échelonnées au niveau du gouvernement et de certaines élites. Concrètement, cela n’a abouti qu’à quelques emprisonnement d’une poignée de criminels pédophiles.

Parmi les cas les plus célèbres, mentionnons l’affaire Franklin, un réseau de prostitution juvénile de 1988 à 1990, ou l’affaire d’Omaha (Nebraska), concernant des hommes politiques de haut niveau supposément impliqués dans un réseau de prostitution infantile, où des enfants étaient transportés par avion vers des soirées privées où des politiciens étaient là pour les maltraiter. Les victimes ont évoqué de nombreux crimes dont le cannibalisme, les sacrifices humains et le trafic de drogue.

« The Franklin Cover-Up » par l’ancien sénateur du Nebraska, John DeCamp. Le livre décrit en détail le traitement pour le moins étrange d’une affaire de maltraitance d’enfants qui s’est conclue par des accusations de parjure contre les victimes présumées.

Les accusés de l’affaire ont finalement été déclarés non-coupables, au terme d’un déroulement judiciaire fort peu rassurant: les trois principaux témoins se sont retrouvés sur le banc des accusés, et de nombreux personnages clés de l’affaire ont été retrouvés morts par la suite.

Les problèmes rencontrés dans cette affaire ont été scrupuleusement compilés et rapportés par l’ancien sénateur John DeCamp dans son livre « The Franklin Cover-up » : Child Abuse, Satanism, and Murder in Nebraska », où il déclare : « Deux grands jurys, l’un local et l’autre fédéral, avaient le mandat d’examiner ces accusations et d’autres accusations de violence envers les enfants liées à la Franklin Credit Union. Ils ont inculpé les victimes-témoins de parjure à la place ! »

DeCamp déclare également que les éléments de preuve dans cette affaire « mènent au trafic de drogue, au blanchiment d’argent, à la pornographie, à la prostitution des enfants, aux enlèvements et à la vente d’enfants dans différentes régions des États-Unis et à l’étranger ».

L’auteur et cinéaste primé Tim Tate a produit un documentaire sur l’affaire Omaha, révélant de nombreuses conclusions similaires. La chaîne Discovery Channel devait diffuser le documentaire « Conspiracy of Silence » en mai 1994, mais l’émission a été brutalement annulée avant sa diffusion. Tim Tate explique sur son site web la sensibilité du sujet qu’il a tenté de traiter. Selon son expérience, si vous « osez toucher » au sujet des rituels sataniques, vous signez votre « mort professionnelle ».

Le documentaire complet, qui en était aux dernières étapes du montage, a ensuite été publié en ligne.

Dans une affaire se déroulant au Royaume-Uni, l’ancien député britannique Geoffrey Dickens, décédé en 1995, a enquêté sur ce qu’il a affirmé être, selon le Washington Post, un réseau pédophile d’individus puissants avec des « grands, grands noms ».

Barry Dickens, le fils de Geoffrey Dickens, a déclaré à la BBC : « Mon père pensait que le dossier de l’époque était le plus percutant qui ait jamais été produit, étant donné les noms impliqués et le pouvoir qu’ils évoquaient« .

Son fils a livré ses recherches aux autorités britanniques, mais les éléments à charges concernant les preuves d’effractions ont disparu en 2014. Puis, ce furent 114 autres documents sur ce réseau pédophile présumé qui se sont envolés dans la nature. Le Guardian a alors rapporté: « La révélation de la disparition d’autres documents pertinents soulèvera de nouvelles craintes de camouflage de la part de l’establishment. »

Influence et contrôle

Selon Nyquist, lorsque des rumeurs sur des réseaux pédophiles en haut lieu sur le thème satanique sont réapparues en 2016, son contact dont le grand-père a décrit le complot soviétique est devenu nerveux et effrayé.

« Je peux vous affirmer qu’il a eu très peur, l’an dernier », dit-il. Je suis retourné sur le sujet avec lui et il m’a dit : « Je ne veux absolument pas parler de ça, ça me fait trop peur ». « Ce sujet représente une source de pouvoir si importante pour le pouvoir russe, que si vous évoquez ces réseaux pédophiles, c’est peut-être la mort qui vous attend. »

D’après Nyquist, ses sources ne mentionnent pas d’éléments d’abus sataniques dans les réseaux pédophiles mis en place par les Soviétiques. Cependant, il note qu’en tant que personne ayant étudié les méthodes communistes d’infiltration et de subversion, cela ne semble pas inhabituel.

« L’avantage d’une méthode aussi horrible tient au fait que personne n’osera imaginer qu’elle puisse exister », soutient-il. Le fait de forcer des victimes à commettre des meurtres rituels – et de tuer toute personne qui refuserait d’y participer – servirait également de mécanisme de contrôle sur toute personne impliquée, puisqu’elles seraient toutes coupables.

Il convient de noter qu’un tel système d’influence par la subversion est une source de pouvoir significative pour la Russie, même post-soviétique. D’après Nyquist, même les chefs d’entreprises finissent par faire partie du jeu, ces derniers finançant souvent les politiciens et leurs causes. En les faisant chanter, « vous pénétrez dans le cercle du système politique. Vous en faites partie ».

« La pédophilie est un outil important pour corrompre, contrôler et manipuler un gouvernement étranger, saboter son économie, saboter son processus politique et même semer la confusion », résume t-il. « Tout cela peut revêtir de multiples formes mais le but final est la nuisance au pays pris pour cible ».

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