Roundup: faut-il avoir peur des pesticides en France ? La réponse est oui. (+vidéos)

17 juin 2015
Mis à jour: 15 août 2016

 

Malheureusement la réponse est clairement oui. Les récents articles de presse en témoignent : interdiction du Round-up d’ici janvier prochain, Greenpeace assurant que 75% des pommes consommées en France sont « toxiques pour la santé humaine » ou encore l’Inserm expliquant que certains produits contenus dans les pesticides auraient un impact sur le développement cognitif de nos enfants. À cela, une seule réponse possible, être sûr de manger à 100% Bio et regarder derrière les produits que vous achetez, quelle firme multinationale se cache et quelles sont leur méthode d’agriculture.

75% des pommes consommées en France sont toxiques pour l’homme

Le 16 juin l’ONG Greenpeace a publié un rapport dénonçant l’utilisation de « dangereux cocktails de pesticides » dans l’industrie agroalimentaire fruitière. Selon elle, la production de pommes et d’autres fruits en Europe est l’un des secteurs agricoles utilisant le plus de produits chimiques est la plus intensive, quand c’est également l’un des premiers producteurs et l’un des premiers consommateurs au monde.

Son constat est le même que plusieurs spécialistes de l’agriculture biologique, « les impacts de l’agriculture industrielle sont nombreux, de la pollution des sols et de l’eau au déclin des abeilles et autres pollinisateurs, en passant par les effets néfastes pour la santé des agriculteurs, de leurs familles et des consommateurs. »

L’ONG est allée analyser 85 échantillons de sols et d’eau dans 12 vergers européens. Y ont été identifiés 53 pesticides différents, avec pour 75 % des échantillons, des résidus d’au moins un de ces pesticides (sachant qu’au moins 70% des pesticides identifiés présentent une toxicité élevée pour la santé humaine et la faune sauvage.)

Une première réaction qui va dans le bon sens : l’interdiction du round-up aux particuliers

Coup de poker, notre ministre de l’Écologie, Ségolène Royal annonçait en début de semaine l’interdiction du round-up aux particuliers dès janvier 2016. Un « amendement à la loi de transition énergétique interdira le glyphosate en vente libre au 1er janvier 2016 » a déclaré la ministre le 16 juin.

Le désherbant produit par la firme américain Monsanto est le premier désherbant utilisé par les jardiniers amateurs qui sont près de 17 millions en France. Ils en déversent quelque 2 000 tonnes chaque année dans leurs jardins, alors que 8500 tonnes sont encore épandues par les agriculteurs sur leur culture.

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En mars 2015, le round-up a été officiellement reconnu comme cancérigène par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Selon le CIRC, le roundup « est utilisé dans plus de 750 produits pour l’agriculture, la foresterie, les usages urbains et domestiques. Son utilisation a vivement augmenté avec le développement des cultures transgéniques tolérantes au glyphosate. » Hors, selon le rapport publié en 2010 par l’Agence de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), « le glyphosate est [en France] le principal responsable du déclassement de la qualité des eaux ».

Les hommes l’utilisant encourent, selon le CIRC, un risque potentiel de cancer, notamment de cancer du sang, alors que les expérimentations sur l’animal ont montré que le désherbant induisait des dommages chromosomiques, un risque augmenté de cancer de la peau, de cancer du tubule rénal, d’adénomes de cellules pancréatiques, etc.

Ce que la firme Monsanto nie en bloc, bien entendu, en remettant en question les expérimentations scientifiques, et en faisant un très fort lobbying auprès des politiques, des entreprises et des laboratoires. Monsanto avait déjà été au coeur d’un scandale sanitaire en 2012, quand des rats soumis à la consommation de mais OGM – le même que la firme voulait commercialiser en France – ont développé des tumeurs cancéreuses grosses comme des balles de ping-pong.

Les pesticides provoqueraient des troubles cognitifs chez l’enfant

Selon une étude de l’Inserm, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, publiée le 9 juin, les pyréthrinoïdes contenus dans les pesticides et les insecticides seraient dangereux également pour le développement cognitif des petits enfants.

Les chercheurs ont testé 287 enfants âgés de 6 ans en mesurant le taux de pyréthrinoïdes dans leur urine et en leur faisant passer des tests cognitifs standards. Les résultats font froid dans le dos: les enfants les plus exposés aux pesticides montrent un score de compréhension verbale et de mémoire de travail plus bas que les autres.

Il faut donc bien avoir peur des pesticides industriels, dès que nous en consommons ou que nous les utilisons, mais également si ils sont utilisés près de chez de nos maisons.

Si l’utilisation du roundup est interdite d’ici 2016, les professionnels pourront encore l’utiliser. La question de la distance d’épandage par rapport aux habitations, voulue à 200m minimum par Ségolène Royal l’an passé, n’avait pas été suivie par le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll. Des progrès restent encore à faire pour garantir la santé des concitoyens français, qui coutera de plus en plus cher et que la science sera de plus en plus incapable de soigner.

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