Des ruches retournées, une autre jetée à l’eau: 30.000 abeilles décédées, victimes d’un acte de vandalisme à Vanves

Par Nathalie Dieul
17 janvier 2020
Mis à jour: 17 janvier 2020

Un acte de vandalisme gratuit a été découvert au matin du mardi 7 janvier dans le parc Frédéric-Pic à Vanves, près de Paris. Quatre ruches ont été malmenées : l’une d’elle a fini dans l’eau, ce qui a décimé un essaim entier, soit environ 30 000 abeilles. Les autres ruches ont été retournées et on ne saura qu’au printemps si certaines de leurs habitantes ont réussi à survivre.

« Détruire pour détruire, c’est ridicule et odieux… », déclare à nos collègues du Parisien Pierre Kerg, l’un des apiculteurs concernés. « C’est fou de s’en prendre à des ruches. »

Un total de quatre apiculteurs ont installé leurs ruches sur un îlot du parc. Trois des ruches vandalisées appartenaient à M. Kerg alors qu’une des ruches retournées était celle d’un autre apiculteur. Une ruche a été retrouvée flottant sur un cours d’eau.

« Par grand froid, on ne sait pas comment l’essaim va réagir », indique l’apiculteur. « Il y aura de la mortalité, car le toit est parti. Je verrai dans deux mois, au printemps, si ces deux essaims vont perdurer. »

Le retraité, qui est formé à l’apiculture depuis six ans, rappelle l’importance des abeilles : « Les abeilles ont un rôle indispensable dans l’écosystème. » 

En effet, elles ont été déclarées les êtres vivants les plus importants sur Terre, rejoignant ainsi la liste des espèces menacées, a conclu le Earthwatch Institute lors d’une réunion qui a eu lieu vers la fin de l’année 2019. Près de 90 % de la population d’abeilles a déjà disparu ces dernières années, selon des études récentes.

Vandales surpris dans la soirée

L’îlot sur lequel se trouvaient les ruches vandalisées. (Capture d’écran/Google Maps)

Depuis la fenêtre de leur appartement donnant sur le parc, deux femmes, Micheline et Mireille, avaient repéré trois jeunes en train de s’adonner à des actes de vandalisme, vers 19h, la veille du jour où le gardien a découvert les dégradations.

« On les voyait rouler les poubelles jusqu’au ruisseau, ils ont cassé quelques planches des bancs et ils ont commencé à mettre le feu aux jeux d’enfants », se souvient Mireille.

« C’étaient trois jeunes, dans les 16, 17 ans. Je les ai menacés d’appeler les gendarmes et ils ont détalé. Mais j’aurais vraiment dû appeler la police », ajoute Micheline.

L’accès à l’îlot où se trouvent les ruches n’est pourtant pas facile, avec un pont-levis et des grilles dotées de piques pointues.

Pierre Kerg a porté plainte contre X pour dégradations. Il a aussi demandé au maire, Bernard Gauducheau, d’installer des caméras de surveillance. Celui-ci a répondu : « Nous réfléchissons à un meilleur dispositif pour empêcher l’accès aux ruches. »

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