La Russie et l’Allemagne sont les grands gagnants de l’approbation du gazoduc Nord Stream 2

Par Josh Hammer
28 juillet 2021
Mis à jour: 28 juillet 2021

Pendant des années, les démocrates américains et les grands médias qui leur faisaient écho ont inventé et largement diffusé les rumeurs les plus criardes et les plus ridicules que l’ancien président Donald Trump était un agent corrompu de Vladimir Poutine et du Kremlin. Pendant quatre ans, l’obsession insatiable des démocrates pour le canular du « Russiagate » a envahi, déformé et souillé la politique américaine.

L’ironie est que c’était Trump, sur le fond, qui a adopté une ligne très ferme à l’égard de la Fédération de Russie. Il a renforcé la défense antimissile en Europe centrale et orientale, que l’administration Obama avait sapée dans le cadre de sa stratégie échouée du « reset » russe. Trump s’est montré à plusieurs reprises un soutien très ferme des anciens alliés européens de l’Amérique, en particulier en prononçant à Varsovie, en 2017, un discours puissant, digne de Reagan, qui visait directement Moscou. Il a retiré unilatéralement les États-Unis de certains accords bilatéraux et multilatéraux – comme le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire – qui renforçaient la Russie pour la simple raison qu’elle ne s’y conformait pas et que l’Amérique le faisait.

Trump s’est également fermement opposé à la construction du gazoduc Nord Stream 2 – un gazoduc reliant la Russie à l’Allemagne via la mer Baltique – et a imposé des sanctions importantes pour tenter d’empêcher sa construction. Nord Stream 2 était – et reste – un outil indispensable permettant à Poutine et à la Russie d’imposer son influence énergétique et économique sur le continent européen, permettant au Kremlin d’évincer les exportations américaines de gaz naturel et de brandir la suffisance énergétique comme une « épée de Damoclès » au-dessus des têtes des Européens.

Le 21 juillet, environ une semaine après le départ de la chancelière allemande Angela Merkel de Washington où elle a rencontré Joe Biden, les États-Unis et l’Allemagne ont publié une déclaration commune approuvant l’achèvement du Nord Stream 2.

Cette approbation par l’administration Biden marque le point culminant d’une étonnante volte-face. Biden lui-même a souvent traité Poutine de « voyou du KGB ». Le mois dernier, la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, a affirmé que son administration « continue de croire que Nord Stream 2 est une mauvaise affaire pour l’Europe ». Le 20 juillet – un jour avant la déclaration commune Biden-Merkel – le porte-parole du département d’État, Ned Price, a dénoncé ce gazoduc comme un « projet géopolitique du Kremlin destiné à étendre l’influence de la Russie sur les ressources énergétiques de l’Europe et à contourner l’Ukraine ».

Mme Merkel est sans aucun doute très contente de ce résultat, et personne n’est plus heureux que Poutine lui-même. Mais les principaux alliés de l’Amérique en Europe centrale et orientale, tels que les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie), sont sans aucun doute en colère face à ce qu’ils considèrent, à juste titre, comme une courbette destructrice et autodestructrice américaine devant Moscou et Berlin.

En mai dernier, j’ai interviewé pour Newsweek le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki à Varsovie, et il n’y avait peut-être pas de sujet sur lequel il était plus passionné que sur la justesse de la position inébranlable de Trump contre le Nord Stream 2 et l’injustice de la volte-face gratuite de Biden. De plus, ce nouvel accord nuit aux exportateurs de gaz naturel américains en les privant de l’accès à l’important marché européen. Il est étonnant de constater que le feu vert donné par Biden au gazoduc Nord Stream 2 fait suite à sa lamentable décision de révoquer le permis pour la construction du gazoduc Keystone XL sur le territoire américain.

Comment expliquer un comportement aussi bizarre et contre-productif ? Sur le plan de la rhétorique, Joe Biden – qui chancelle aujourd’hui sur le plan politique – n’est pas connu pour être un modèle de lucidité. Et si l’on en croit un récent reportage de Politico sur le bureau de la vice-présidente Kamala Harris, l’administration Biden, plus généralement, représente un désordre désordonné et fracturé. En ce qui concerne le fait d’avoir porté un coup aux producteurs et aux exportateurs de gaz naturel américain, Biden et son parti politique ne s’en sont jamais vraiment souciés.

Cependant, la raison la plus évidente du geste de Biden est son désir d’apaiser Merkel et de donner à l’Allemagne une victoire géopolitique majeure et visible. L’Allemagne est l’État membre de l’Union européenne le plus puissant et elle exerce une influence considérable sur les affaires économiques et politiques du continent. L’UE a peut-être son siège à Bruxelles, mais Berlin est le joyau de la couronne du projet d’intégration européenne et son rempart indispensable – surtout après le succès du Brexit du Royaume-Uni – contre la menace centrifuge d’un plus grand euroscepticisme.

Si l’on souhaite – comme le fait la gauche mondialiste moderne dont le Parti démocrate américain moderne fait partie – fortifier l’UE et préserver son statut d’institution transnationale emblématique, alors la signature du Nord Stream 2 a beaucoup de sens. Les États européens « libéraux » comme l’Allemagne et la Belgique gagnent, tandis que les États « nationalistes » comme la Pologne et la Hongrie perdent.

Les États-Unis, bien sûr, sont également perdants. Tout comme les démocrates américains, qui font preuve d’une morale feinte et hypocrite, en particulier si l’on tient compte de leur accusation que Trump aurait été conciliant envers la Russie.

Josh Hammer, avocat de formation, est chroniqueur, rédacteur d’articles d’opinion pour Newsweek, collaborateur de BlazeTV et conseiller au First Liberty Institute.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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