Savoie : il capture des centaines de papillons appartenant à des espèces protégées et écope d’une amende de 3000 euros

Par Séraphin Parmentier
19 juin 2020
Mis à jour: 19 juin 2020

Ancien président de la Société d’histoire naturelle de Savoie et spécialiste reconnu des papillons, le prévenu avait capturé plus de 1200 spécimens protégés au cours des quarante dernières années.

Le mercredi 17 juin, Michel Savourey, ancien président de la Société d’histoire naturelle de Savoie, comparaissait devant le tribunal correctionnel d’Albertville.

Spécialiste des papillons et engagé dans plusieurs associations environnementales, cet homme de 73 ans détenait une collection de papillons comportant 1237 spécimens appartenant à 14 espèces protégées.

Des lépidoptères capturés un peu partout en Savoie, y compris dans le parc naturel régional du massif des Bauges ou le parc national de la Vanoise, ces quarante dernières années.

Michel Savourey était poursuivi pour les captures faites au cours des six dernières années, de 2013 à 2019. Les captures antérieures étant prescrites.

Le tribunal a finalement condamné le septuagénaire à une amende de 6000 euros, dont 3000 euros avec sursis. Il devra également verser 300 euros à la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et un euro symbolique à France nature environnement (FNE), qui s’étaient portées parties civiles.

Sa collection a été confisquée et doit revenir à la Société d’histoire naturelle de Savoie, habilitée en tant que fondation à recevoir les saisies des douanes.

« Ça fait une tache sur ce que je suis, je sais que certains ne vont pas chercher à comprendre, mais si j’ai enfreint la loi, c’est sciemment, je ne suis pas un collectionneur-chasseur », a expliqué l’entomologiste aux journalistes de France 3.

« Je reconnais les faits. J’ai enfreint la loi, en toute connaissance de cause, mais pas n’importe comment. Je prélevais quelques individus pour pouvoir les analyser et constituer une ‘entomothèque’ des espèces de Savoie », poursuit M. Savourey.

Des prélèvements dont il assure toutefois qu’ils étaient suffisamment réduits pour ne pas mettre en danger les espèces concernées.

« Sur 116 individus de 10 espèces différentes prélevés entre 2013 et 2019, cela fait deux papillons de la même espèce par an, rien à voir avec le nombre d’animaux massacrés par les bulldozers du chantier du TGV Lyon-Turin qui eux, ne sont pas inquiétés par la loi, et je ne parle pas des pesticides ou de la pollution », ajoute-t-il.

L’entomologiste précise que ses captures lui ont notamment permis de faire divers constats pertinents, notamment concernant deux espèces souvent confondues : Erebia sudetica et Erebia melampus.

« J’ai pu, grâce à leur présence en collection, rapidement préciser les répartitions géographiques alpines qui jusque-là étaient incorrectes, vu que ces deux espèces étaient confondues sur le terrain », souligne le spécialiste des lépidoptères.

Une dénonciation après un conflit

Pendant son procès, il a justifié le fait de ne pas avoir demandé d’autorisations pour capturer des papillons appartenant à des espèces protégées en évoquant des lourdeurs administratives et des autorisations arrivant après la période d’observation des papillons.

« Je n’ai pas participé à la destruction d’une espèce ou une autre, ni d’un biotope, et je crois que la juge l’a bien compris », observe M. Savourey.

Et le septuagénaire de rappeler que l’avocat général avait requis une interdiction de chasser pendant 5 ans : « Je n’ai écopé que d’une petite amende, et pourtant, ils ont fouillé mes comptes bancaires pour vérifier que je n’avais pas vendu de collection. »

Un peu vexé d’avoir été condamné, d’autant qu’il a été dénoncé par un membre actuel de la Société d’histoire naturelle de Savoie après un conflit interne, Michel Savourey se console en sachant que sa collection reviendra à la Société qu’il a lui-même présidée pendant cinq ans.

« J’avais de toute façon l’intention d’en faire don à la fondation, j’ai fait cela dans un but scientifique et citoyen, jamais pour m’enrichir », conclut l’entomologiste.

 

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