Le scanner incroyable d’une statue du Bouddha de 1200 ans

18 novembre 2016 Mis à jour: 9 avril 2019

Les pays asiatiques comme la Chine, la Thaïlande et le Vietnam regorgent de statues antiques de bouddhas. Certaines sont célèbres pour leur taille, d’autres parce qu’elles sont sculptées dans de l’or massif ou des pierres précieuses. Cependant bien peu peuvent se révéler être le lieu du repos final d’un moine momifié il y a 1 200 ans.

C’est en 1997 que les chercheurs ont découvert le secret de cette statue du Bouddha la première fois, quand son propriétaire voulut restaurer la peinture dorée la recouvrant. Lorsque le conservateur détacha la base en bois, il aperçut deux coussins. Intrigué, il les enleva et découvrit un spectacle inattendu – le bas d’un corps humain, en position du lotus, assis sur un tapis portant des inscriptions en caractères chinois. Les tests ont révélé que la momie cachée à l’intérieur de la sculpture, avait deux cent ans de plus que le tapis. Les chercheurs en ont conclu que cette dernière n’était pas dans la statue depuis le début. Puisque les restes conservés étaient trop fragiles pour être extraits, l’enquête en resta là.

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(Drents Museum)

Ce n’est qu’en 2014, lorsque le Bouddha fut prêté au Musée régional de Drenthe, aux Pays-Bas, pour son exposition temporaire : « Momies – La vie au-delà de la mort », que de nouveaux secrets furent révélés. L’exposition finie, en août 2014, les chercheurs du musée voulurent en découvrir davantage concernant le résident de l’ancienne statue. Puisque son propriétaire envisageait d’en faire une reconstitution à taille réelle, les deux parties s’accordèrent pour la scanner. Ainsi, le Bouddha fut transporté au Centre Médical Meander d’Amersfoort.

En effet, le scanner révéla un homme en position du lotus parfaitement préservé. Cependant, lorsque les chercheurs insérèrent un endoscope spécialement conçu pour extraire des échantillons de la poitrine et de la cavité abdominale, ils furent stupéfaits de découvrir que ces organes étaient manquants ! Ce que les scientifiques pensaient être des restes de poumons, s’avéraient des bandelettes en papier. Le texte chinois sur les minuscules morceaux donna des indices concernant le résident de la statue. Les chercheurs pensent que le squelette est celui du maître bouddhiste Liuquan de l’École de méditation Chinoise.

(Drents Museum)
(Drents Museum)

Le fait qu’il n’ait été cloîtré dans sa maison dorée pendant deux cent ans mène les experts à croire que l’homme saint est passé par le processus  » d’auto-momification » pour se transformer en « bouddha vivant ». Cet ancien rituel exigeait du moine d’entreprendre un jeûne graduel à base de noix, de baies, d’écorces et d’aiguilles de pin, jusqu’à ce qu’il se trouve au seuil de la mort.

Le moine se retirait alors dans une chambre souterraine complètement scellée, à l’exception d’un tube de bambou pour respirer, et s’asseyait en position du lotus. Il passait le reste de sa vie à prier. La seule communication avec l’extérieur reposait sur une cloche, actionnée une fois par jour. Lorsque la cloche ne sonnait plus, les moines savaient que l’homme saint était mort. Ils enlevaient alors le tube et refermaient la chambre durant trois ans. Après cela, le corps momifié était soigneusement sorti et transporté dans un temple proche, pour être vénéré par tous comme « un bouddha vivant ».

(Capture d'écran)
(Capture d’écran)

Les chercheurs ignorent les raisons de l’encoffrement du corps de Liuquan dans la statue en or du Bouddha quelque deux cent ans plus tard. Ils supposent que les moines auraient remarqué que son squelette allait se détériorer et auraient, par cet unique recours, voulu le préserver à jamais. On ne sait par quel moyen les organes du moine ont été remplacés. Voilà qui constitue malheureusement le grand mystère, impénétrable, du Bouddha doré exposé désormais au Musée hongrois d’Histoire naturelle à Budapest.

Version anglaise: 1200 year old statue takes ct scan result really shocking

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