Seine-et-Marne : un cortège de mariage dégénère en rodéo, la police dresse 87 PV et le maire annule la cérémonie

Par Séraphin Parmentier
14 septembre 2020
Mis à jour: 14 septembre 2020

Face aux multiples infractions au Code de la route ayant émaillé le trajet du cortège nuptial jusqu’à l’hôtel de ville, la municipalité de Chelles a décidé d’annuler la cérémonie et de la reporter à une date ultérieure.

Les faits se sont déroulés le samedi 12 septembre à Chelles, une commune de plus de 50 000 habitants située à une vingtaine de kilomètres à l’est de la capitale. Un cortège de mariage a dégénéré, conduisant la municipalité à finalement annuler la cérémonie qui devait se tenir à l’hôtel de ville.

Vers 13 h 30, plusieurs dizaines de véhicules partent du quartier de La Noue-Brossard, d’où le futur marié est originaire, et rallient le quartier des Coudreaux, où la future épouse a grandi.

Un trajet qui durera près d’une heure et pendant lequel les voitures du cortège ont multiplié les infractions au Code de la route et les rodéos.

« En effet, grâce à la vidéo protection, la police municipale a constaté des comportements routiers illégaux et très dangereux pour les convives et pour les Chellois, ce qui est totalement inacceptable », a expliqué Brice Rabast, le maire (LR) de Chelles, dans les colonnes du Parisien.

Les policiers municipaux dresseront pas moins de 87 procès-verbaux. Des verbalisations accompagnées d’amendes et de retraits de points sur les permis de conduire des contrevenants. Le montant global des amendes infligées atteint 7865 euros et 54 points de permis ont été retirés selon Le Parisien.

Les débordements ont d’ailleurs conduit l’élue qui devait célébrer le mariage à reporter la cérémonie prévue dans l’après-midi.

« En application de la charte des mariages signée par chaque futur marié et après que des rodéos et de très nombreuses infractions routières ont été commis par des convives lors du cortège, il a été signifié aux futurs époux que leur mariage serait reporté », précise M. Rabast.

Les futurs époux estiment être des « boucs émissaires »

Un report que les futurs époux déplorent. Ils considèrent en effet avoir vécu une véritable « humiliation » de la part de la mairie, tout en ayant subi « un préjudice moral ».

« Je sortais de la voiture qui était en queue de cortège. J’étais à trois mètres des portes quand on m’a dit que mon mariage était annulé et que j’ai constaté que l’on venait de faire sortir les cinquante invités ayant déjà pris place dans la salle des mariages […]», explique Rahma, la future mariée.

« Je ne conteste pas que des infractions au Code de la route ont été commises. Nous ne sommes pas responsables du comportement des conducteurs du cortège et nous n’avons pas à subir cette humiliation. Nous sommes les boucs émissaires et nous payons pour tous les autres ! » ajoute-t-elle.

« J’avais prévu la date de mon mariage depuis un an et ma hantise était qu’il soit annulé pour cause de Covid. Le préjudice moral que nous avons subi est indéniable. Ma tante s’est évanouie et a dû être hospitalisée à la clinique de Brou-sur-Chantereine et le prestataire à qui nous avons loué la salle dans une commune des Yvelines pour la fête de mariage a écourté la soirée car il avait eu vent des événements. Ça devait être le plus beau jour de ma vie, c’est devenu le pire ! » poursuit la jeune femme de 24 ans.

Mais la future mariée – qui ne se souvient pas avoir signé la charte de bonne conduite au moment du choix de la date de la cérémonie – va plus loin et n’hésite pas à affirmer que l’annulation de son mariage serait liée aux origines maghrébines du couple, plutôt qu’aux nombreuses infractions au Code de la route commises dans les rues de la ville pendant le trajet effectué par le cortège nuptial.

« À mon avis, la municipalité a pris cette décision car nous sommes d’origine algérienne », indique-t-elle.

Mohammed Hellou, ami du futur marié et membre du cortège le jour des faits, estime pour sa part que la décision de la municipalité serait une forme de vengeance à la suite des bons résultats obtenus par Salim Drici, un opposant au maire Brice Rabast, dans le quartier de La Noue Brossard aux dernières élections municipales.

« Il y avait des proches de Salim Drici parmi les convives. Le quartier de La Noue-Brossard est l’un des quartiers où il a reçu le plus de voix. Je suis convaincu qu’il y a un lien avec son score », assure le trentenaire.

Des allégations que réfute vigoureusement la mairie de Chelles, pour qui ce sont bel et bien les rodéos et les infractions routières des invités qui ont provoqué l’annulation du mariage.

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