Seine-et-Marne : un jeune agriculteur obligé de jeter 30 tonnes de pommes de terre à cause du confinement

Par Séraphin Parmentier
30 juin 2020
Mis à jour: 30 juin 2020

Faute de débouchés pendant le confinement, un exploitant agricole doit aujourd’hui se résoudre à se débarrasser d’une partie de sa production.

Âgé de 26 ans, Frédéric Coibion est un agriculteur qui produit des légumes à Faremoutiers, une commune de moins de 3000 habitants située à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Paris.

Le jeune homme cultive notamment des pommes de terre, des oignons et du céleri sur trente hectares.

Depuis le confinement, M. Coibion éprouve toutefois de grandes difficultés à écouler sa production.

« En ce moment, c’est un peu compliqué. La Covid, ça m’a bien mis dedans. J’ai encore 100 tonnes de patates à écouler », confie le jeune homme dans les colonnes du Parisien. « Normalement, courant mai, on n’a plus rien en stock », ajoute-t-il.

Selon lui, le confinement lui aurait fait perdre 40 000 euros. La plupart de ses clients sont des établissements de restauration tels que des brasseries ou des kebabs qui ont été obligés de rester fermés pendant deux mois.

« Soixante-quinze pourcents de notre clientèle, c’est la restauration. Pas de restauration, cela veut dire pas de vente », souligne Frédéric Coibion.

Au début du confinement, l’agriculteur disposait de 150 tonnes de pommes de terre, de 10 tonnes d’oignons et de 3 tonnes de céleris. S’il est parvenu à écouler tous ses oignons et une partie de ses tubercules, il a toutefois dû se résoudre à jeter ses céleris, faute de débouchés.

Aujourd’hui, le Faremontais a encore 100 tonnes de pommes de terre sur les bras, alors que la nouvelle récolte sera bientôt là.

« J’en vends 1 à 2 tonnes chaque samedi. Je ne vois pas mon stock descendre. À ce rythme, il me faudrait 50 semaines pour tout écouler. Je pense que je vais devoir mettre le reste à la méthanisation », soupire M. Coibion.

Le jeune homme compte ainsi se débarrasser de trente tonnes de pommes de terre qu’il devra nettoyer et acheminer lui-même jusqu’au méthaniseur. « Le produit de la vente couvre ce lavage et le transport », précise-t-il.

Au lieu de vendre ses patates 60 centimes le kilo en temps normal, il les laissera pour 2 centimes le kilo et ne fera aucune marge.

Une cinquantaine d’agriculteurs en difficulté en région parisienne

D’après la Chambre d’agriculture d’Île-de-France, Frédéric Coibion n’est pas le seul agriculteur à avoir souffert pendant le confinement.

« Nous avons identifié pendant le confinement 500 exploitations présentant un profil pouvant être gêné. Finalement, une cinquantaine de fermes ont vraiment été en difficulté, dont à peu près la moitié en Seine-et-Marne », indique l’organisme.

Des solutions ont été proposées aux exploitants, notamment en matière de logistique pour acheminer les produits à leurs clients, de mise en relation avec de nouveaux acheteurs, dont les grandes surfaces, ou d’aides pour développer les ventes sur Internet.

Selon la Chambre d’agriculture d’Île-de-France, certains agriculteurs sont néanmoins parvenus à tirer leur épingle du jeu pendant le confinement et ont vu leur chiffre d’affaires bondir.

Il s’agit de ceux qui s’étaient déjà lancés dans la vente directe aux consommateurs avant la crise sanitaire.

Si Frédéric Coibion s’y est essayé pendant le confinement, en s’inscrivant notamment sur l’application Too Good to go, il regrette que cela lui prenne énormément de temps. Du temps qu’il ne peut pas consacrer à son activité agricole.

 

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