Seine-Saint-Denis : des photos de policiers placardées dans le hall d’un immeuble, des « menaces clairement établies », selon Darmanin

Par Emmanuelle Bourdy
18 avril 2021
Mis à jour: 18 avril 2021

Alors que des policiers patrouillaient à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), ils sont passés devant un immeuble et ont remarqué que des photos de leurs collègues étaient affichées dans le hall de cet immeuble. Une enquête a été ouverte pour acte d’intimidation.  

Dans la nuit de mercredi 14 à jeudi 15 avril, une patrouille de police se trouvait à Epinay-sur-Seine. En passant devant un immeuble, les policiers ont remarqué que des photos de leurs collègues étaient placardées sur les vitres du hall d’entrée de l’immeuble, ainsi que l’a confirmé une source policière à BFMTV. Imprimées sur des feuilles A4, un total de 25 photos auraient été affichées. Elles avaient été volées sur les comptes Facebook de ces policiers.

Il s’agissait de photos montrant deux de leurs collègues de la brigade de nuit du commissariat d’Epinay-sur-Seine, ainsi que l’épouse de l’un d’eux, également policière. La préfecture de police a déclaré sur Twitter que ces photos étaient affichées « aux yeux de tous ». De plus, les noms et prénoms des policiers en question étaient inscrits sur les photos.

« Soutien total à nos policiers dont les visages et les noms ont été affichés à Épinay-sur-Seine en guise d’intimidation. Je n’accepterai jamais que l’on jette en pâture et que l’on menace ceux qui nous protègent », a déclaré Gérald Darmanin sur Twitter ce 15 avril. Le Parquet de Bobigny a ouvert une enquête préliminaire pour « actes d’intimidation ». Celle-ci a été confiée à la Sûreté départementale. Jeudi, à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur s’est encore indigné de cette exposition de photos placardées dans un immeuble « où on fait du deal ».

Dans ce contexte, le ministre s’est cependant félicité de l’adoption de l’article 24 de la loi sécurité globale, malgré la polémique qui l’entoure. Cet article prévoit des sanctions pour la diffusion d’images des forces de l’ordre, quand elle porte atteinte à leur intégrité physique ou psychique. Dans l’hémicycle, il a déclaré que le vote de ce texte permettra désormais « de poursuivre de la manière la plus efficace possible tous ceux qui veulent menacer » les forces de l’ordre. Il a encore condamné fermement ces actes d’ « intimidation » qu’il perçoit comme des « menaces clairement établies », précise BFMTV. Il a ajouté : « Je voudrais redire à quel point les policiers et gendarmes sont les enfants de la République et qu’ils doivent être protégés puisqu’ils nous protègent au quotidien. »

Lors de la découverte de ces images, la préfecture de police avait précisé que le préfet tout comme les policiers porteraient plainte. Quant au syndicat SGP Police 93, il a déclaré sur Facebook qu’un nouveau cap avait été franchi. Le syndicat « demande au ministre de l’Intérieur que tout soit mis en œuvre pour retrouver les auteurs et apporte son soutien indéfectible à nos deux collègues d’Épinay victimes de cet affichage écœurant ». Il ajoute que ce sont toujours les policiers qui en font les frais, « pendant que certains ‘moralisateurs’ s’évertuent à démonter le projet de loi sécurité globale et notamment l’article 24 ».

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