Seine-Saint-Denis : un couple soupçonné d’avoir pratiqué des « saignées purificatrices » sur une centaine de personnes

Par Séraphin Parmentier
27 octobre 2020
Mis à jour: 27 octobre 2020

Les deux mis en cause se présentaient respectivement comme kinésithérapeute et infirmière sans toutefois disposer d’aucun diplôme. Ils ont été placés en garde à vue pour « escroquerie, blanchiment d’argent et exercice illégale de la médecine ».

Le dimanche 25 octobre, un couple de quadragénaires a été placé en garde à vue pour « escroquerie, blanchiment d’argent et exercice illégale de la médecine » à la suite d’investigations menées depuis le mois de juin par les agents de la police nationale du commissariat de Rosny-sous-Bois assistés de policiers municipaux et de gendarmes.

Respectivement appréhendés dans l’Eure et en Seine-Saint-Denis, les deux mis en cause sont soupçonnés d’avoir effectué des « saignées purificatrices » dans un hôtel de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) au cours des deux dernières années, rapporte franceinfo.

Une pratique ancienne connue sous le nom de hijama dans la communauté musulmane et qui consiste à exécuter de légères incisions sur la peau avant d’y placer des verres à ventouses afin d’aspirer le sang.

Selon ses promoteurs, la hijama permettrait notamment de stimuler le flux sanguin, de renforcer le système immunitaire et de soulager certains maux.

Des sacs remplis de billets et un compte approvisionné à hauteur de 150 000 euros

L’homme soupçonné d’exercice illégal de la médecine se prétendait kinésithérapeute, la femme se présentait pour sa part comme infirmière. Ni l’un ni l’autre ne disposaient toutefois des diplômes correspondant aux métiers qu’ils assuraient exercer et ils n’avaient jamais déclaré leur activité.

D’après une source judiciaire citée par franceinfo, les saignées en question auraient été faites dans des conditions d’hygiène « déplorables ». Une centaine de personnes pourraient être concernées.

En France, la hijama ne peut être pratiquée que par un médecin, voire sur prescription médicale par un infirmier à qui un médecin ayant effectué un diagnostic préalable indiquera les endroits où les ventouses doivent être posées.

À l’occasion de perquisitions menées dans le cadre de leurs investigations, les enquêteurs ont mis la main sur plusieurs sacs remplis de billets de banque. Le couple disposait également d’un compte bancaire approvisionné à hauteur de 150 000 euros.

Les deux mis en cause devaient être entendus ce lundi par les enquêteurs.

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