Seine-Saint-Denis : une famille tabassée par un automobiliste « dont le véhicule était en stationnement sauvage »

Par Séraphin Parmentier
10 septembre 2020
Mis à jour: 11 septembre 2020

Une famille dyonisienne affirme avoir été violemment agressée par un automobiliste dont la voiture était mal garée, empêchant « les piétons de circuler en sécurité sur la voie publique ». Le conducteur incriminé a toutefois livré une version différente. 

Les faits ont eu lieu le dimanche 6 septembre à Saint-Denis. Alors qu’elle marchait dans la rue avec son mari et leurs deux enfants, des jumeaux âgés de 6 ans, Meriem Zoghlami arrive face à une voiture stationnée sur un passage piéton rue Pinel.

Un manque de civisme qui a déplu à la famille, celle-ci enjambant le véhicule concerné pour manifester sa colère selon Le Parisien. Témoin de la scène, le propriétaire de la voiture a quitté précipitamment le restaurant dans lequel il se trouvait afin de s’en prendre à la famille de Mme Zoghlami.

D’après le quotidien régional, le conjoint de Meriem Zoghlami a eu le nez et plusieurs dents cassés, tandis que l’un des deux enfants aurait été victime d’un traumatisme crânien.

« Je crois que je peux plus vivre dans cette ville que j’aime pourtant. C’est trop pour moi. Trop d’incivilités et de violence », a écrit Mme Zoghlami, personnalité de la scène associative dyonisienne, sur sa page Facebook.

« Beaucoup d’efforts quotidiens, mais est-ce que cela vaut le coup d’y vivre en famille et d’élever des enfants ici ? Pas le droit à l’erreur, pas le droit à l’humour. Toujours sur le qui-vive. La violence toujours, animale. Aujourd’hui elle est tombée comme un couperet. Ne jamais se relâcher. Ne surtout pas se croire dans un endroit normal, cette ville ne l’est pas », ajoute-t-elle.

Le maire de Saint-Denis promet davantage de moyens pour la police municipale

Choqué par l’agression « d’un niveau de brutalité inouïe » dont la famille assure avoir fait l’objet, Mathieu Hanotin, le maire (PS) de Saint-Denis, entend faire preuve de fermeté pour mettre un terme à la violence et aux incivilités qui gangrènent la ville.

« Cet acte a été le fait d’un conducteur dont le véhicule était en stationnement sauvage, garé sur un trottoir et un passage piéton, empêchant ainsi les piétons de circuler en sécurité sur la voie publique », rappelle la mairie de Saint-Denis dans un communiqué publié le 8 septembre.

« Quand il n’y a pas assez de police sur le terrain, quand il n’y a pas assez de puissance publique sur le terrain, derrière c’est le laisser-faire et le tout est permis qui règnent. Et quand tout est permis, c’est la loi du plus fort, c’est la loi de la violence. C’est un état d’esprit de la ville que je veux vraiment réussir à changer, parce qu’à la fin, ce sont les innocents, les plus faibles qui trinquent toujours au bout du compte », a déclaré l’édile sur les ondes de France Bleu le jeudi 10 septembre.

Parmi les mesures que M. Hanotin compte mettre en place figurent notamment l’installation de 150 caméras de vidéosurveillance supplémentaires ainsi que la création d’un centre de contrôle où les bandes des caméras pourront être visionnées en direct.

Le maire de Saint-Denis souhaite également multiplier par deux les effectifs de la police municipale d’ici la fin de l’année. L’armement des policiers municipaux et l’extension de la brigade canine sont aussi à l’étude.

Dans son communiqué en date du 8 septembre, la mairie dyonisienne rappelle que la lutte contre les violences et les incivilités « passe nécessairement par un renforcement du cadre coercitif, des contrôles accrus, des verbalisations systématiques ».

L’automobiliste livre une version différente 

Un rebondissement est toutefois intervenu ce jeudi, Le Parisien révélant que l’automobiliste soupçonné d’avoir molesté la famille avait déposé plainte à son tour, livrant une version différente de celle du couple.

Selon une source policière citée par le quotidien, Mme Zoghlami et l’un de ses enfants seraient en effet montés sur le capot de la voiture mal stationnée. Constatant que sa carrosserie était endommagée, le propriétaire du véhicule aurait voulu dresser un constat, ce que la famille aurait catégoriquement refusé. Le ton est rapidement monté et une rixe a éclaté.

Si le compagnon de Meriem Zoghlami s’est vu délivrer 10 jours d’Incapacité totale de travail (ITT), l’automobiliste a pour sa part écopé de 7 jours d’ITT. Plus légèrement blessée, Mme Zoghlami s’est vu prescrire 2 jours d’ITT. L’enfant pris à partie n’aurait pas été arrêté.

Saisi de l’enquête, le commissariat de Saint-Denis va désormais devoir déterminer les responsabilités exactes de chacun des protagonistes.

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