Selon un expert, le régime chinois contrôle l’opinion publique par le biais des publicités pour les jeux vidéo sur téléphone portable

Par Paula Liu
27 juin 2020
Mis à jour: 27 juin 2020

À Taïwan, un grand nombre des jeux sur mobiles parmi les plus vendus sont développés par des sociétés de jeux chinoises. Selon un expert, ce phénomène est important, car l’industrie chinoise du jeu est soutenue par le Parti communiste chinois (PCC). Ces jeux soutenus par le PCC fournissent une plate-forme pour la censure en Chine et exportent aussi indirectement les objectifs politiques du PCC, a déclaré l’expert.

Le régime chinois considère que Taïwan fait partie de son territoire, bien que l’île autogérée ait son propre gouvernement démocratiquement élu, son armée et sa monnaie. Ainsi, le PCC a infiltré et influencé la société taïwanaise dans le but de persuader les citoyens d’accepter l’« unification » avec le continent.

Selon les dernières données de la société américaine d’analyse du marché des applications mobiles Sensor Tower, 8 des 10 jeux mobiles les plus vendus à Taïwan au cours du premier trimestre 2020 ont été développés et appartiennent à l’industrie chinoise des jeux. Les deux autres jeux, « Lineage M » et « Princess Connect ! Re:Dive », ont été développés par des sociétés coréennes et japonaises, respectivement.

Le marché des jeux en ligne à Taïwan a été inondé de jeux chinois. Le journaliste et commentateur politique Hsu Ching-Huang a déclaré à Epoch Times que le marché des jeux de Taïwan s’est détourné du développement. Les développeurs de jeux chinois tels que Tencent, qui a créé « Honor of Kings », sont généralement soutenus par l’État, même s’ils semblent être des entreprises privées – ce qui leur donne un avantage déloyal sur leurs concurrents, a-t-il dit.

Hsu Ching-Huang a indiqué que la censure est le plus grand problème avec les jeux chinois. Prenez par exemple l’application de jeu Romance des trois royaumes, développée par la société japonaise Koei Tecmo Holdings. Ali Games, une filiale du géant chinois de la technologie Alibaba, a été autorisée à développer la version mobile. Cependant, des slogans tels que la « révolution des parapluies » ont été censurés à partir de l’application. L’expression « Umbrella Revolution » (révolution des parapluies) fait référence aux manifestations pro-démocratiques qui ont eu lieu à Hong Kong pendant près de trois mois en 2014. Les Hongkongais s’étaient opposés à la proposition du régime chinois pour les élections de la ville, qui aurait donné à Pékin le pouvoir de sélectionner les candidats politiques.

CORONAVIRUS : CE QUE VOUS DEVEZ SAVOIR

Hsu Ching-Huang a observé que les autorités chinoises ont imposé des règles plus strictes à l’industrie du jeu au cours des dernières années. Par exemple, le 4 avril a été désigné comme jour de deuil national pour les victimes du virus du PCC*, et les autorités ont interdit les jeux de hasard. Les développeurs de jeux chinois ont coupé leur connexion pendant 24 heures.

HsuHsu Ching-Huang a déclaré que de nombreux joueurs ont découvert qu’ils étaient soumis à une suspension permanente de leur propre compte après s’être plaints de la coupure abrupte le jour de deuil de la Chine. Ils n’ont pas obtenu de remboursement pour la suspension du service.

En avril, la société taïwanaise Wanin International, partenaire de jeu du développeur de jeux chinois Seasun, a mis fin à sa collaboration après une suspension des joueurs qui avaient mentionné le virus du PCC dans un salon de discussion alors qu’ils jouaient à « JX3 Online 3 », un jeu d’arts martiaux très populaire. Wanin a rejeté cette décision et a rétabli le statut des joueurs. Wanin a déclaré que la décision avait été prise parce qu’il estimait qu’il ne fallait pas « sacrifier la liberté d’expression sur un jeu ». Wanin a offert un remboursement à ces joueurs taïwanais.

Invasion culturelle et activités frauduleuses

Hsu Ching-Huang a déclaré que ces dernières années, les entreprises chinoises ont discrètement investi dans des sociétés de jeux dans le monde entier. Par exemple, Tencent détient une participation de 5 % dans le fabricant américain de jeux vidéo Activision Blizzard.

L’industrie du jeu est également un moyen pour le PCC de diffuser son programme. Hsu Ching-Huanga mentionné que le jeu mobile Romance of the Three Kingdoms compte de nombreux joueurs en Malaisie et à Singapour. Lorsque les autorités chinoises ont fermé le jeu le jour de deuil des victimes du virus du PCC, les joueurs internationaux n’ont eu d’autre choix que de s’y soumettre. C’est une tactique utilisée pour prendre le contrôle d’une autre société, a-t-il déclaré.

Hsu Ching-Huang a également souligné qu’il y a beaucoup de corruption au sein de l’industrie. En octobre 2016, des procureurs taïwanais ont commencé à enquêter sur des allégations selon lesquelles le magnat chinois de l’industrie du jeu Wang Ji était le cerveau d’un plan visant à manipuler le cours des actions de XPEC Entertainment Inc, un développeur de jeux vidéo taïwanais.

Influencer l’opinion publique

Certains utilisateurs de médias sociaux affirment qu’en raison de la lucrative industrie chinoise des jeux, certaines plateformes ont été contraintes de censurer les discussions sur des sujets que le régime chinois n’aime pas.

À Taïwan, une célébrité en ligne connue sous le nom de Kuan Chang a été le porte-parole de nombreux jeux chinois en 2018 en raison de sa critique ouverte du parti politique local, le Democratic Progressive Party (DPP). Le régime chinois dénonce aussi fréquemment le DPP, car il plaide traditionnellement en faveur de l’indépendance officielle de Taïwan.

Toutefois, lorsque Kuan Chang a commencé à critiquer le parti Kuomintang (KMT), favorable à Pékin, et l’ancien candidat présidentiel du KMT, Han Kuo-yu, en 2019, l’industrie chinoise du jeu a immédiatement rompu ses liens avec Kuan.

Selon Hsu Ching-Huang, lors des manifestations de masse pro-démocratie à Hong Kong l’année dernière, de nombreuses vidéos YouTube sur le sujet ont été démonétisées, ce qui signifie que les créateurs ne gagneraient pas de revenus publicitaires grâce à l’audience du public. De nombreux youtubeurs ont ainsi été contraints d’arrêter de discuter de Hong Kong, a-t-il déclaré.

Hsu Ching-Huang estime qu’il n’est pas évident pour le PCC de contrôler l’opinion publique par le seul biais des jeux vidéo en ligne, car le régime ne peut pas interférer directement avec le marché des jeux. Bien que la plupart des jeux soient gratuits pour le téléchargement, lorsque les joueurs dépensent de l’argent pour des fonctionnalités intégrées à l’application, ils fournissent des revenus aux développeurs de jeux chinois qui aident le PCC à manipuler l’opinion publique à Taïwan, a averti Hsu Ching-Huang.

* Epoch Times qualifie le nouveau coronavirus, à l’origine de la maladie Covid-19, de « virus du PCC » parce que la dissimulation et la mauvaise gestion du Parti communiste chinois ont permis au virus de se propager dans toute la Chine et de créer une pandémie mondiale.

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